Retraités : sans cette demande à l'Agirc-Arrco dans l'année du décès, des mois de pension de réversion envolés et des prélèvements qui peuvent grimper en 2026

Par Paul Graph - Publié le

Chaque année, des milliers de conjoints survivants laissent dormir leur pension de réversion Agirc-Arrco faute de démarche. Qui y a droit, comment agir dans l’année du décès et que peut changer 2026 sur le montant net ?

Retraités : sans cette demande à l’Agirc-Arrco dans l’année du décès, des mois de pension de réversion envolés et des prélèvements qui peuvent grimper en 2026

Au décès d’un conjoint, on pense rarement à la paperasse. Beaucoup de veuves et de veufs découvrent pourtant, parfois des années plus tard, qu’ils auraient pu toucher une partie de la retraite complémentaire Agirc-Arrco de leur époux ou épouse décédé. Sans avoir fait la moindre démarche, ce droit reste tout simplement dormant.

Car cette retraite de réversion n’est pas versée d’office : pour l’obtenir, il faut en faire la demande dans des délais précis, sous peine de perdre des mois de versement. Et avec les changements annoncés sur les prélèvements sociaux à l’horizon 2026, bien comprendre le fonctionnement de la pension de réversion Agirc-Arrco devient encore plus stratégique.

Pension de réversion Agirc-Arrco : un droit sur 60 % de la retraite complémentaire

La pension de réversion versée par l’Agirc-Arrco correspond à une partie de la retraite complémentaire qu’aurait dû percevoir, ou percevait déjà, votre conjoint décédé. Son principe est simple : le conjoint survivant peut toucher jusqu’à 60 % de la pension de retraite complémentaire du défunt, versée chaque mois, tant que les conditions restent remplies.

Un point essentiel rassure de nombreux foyers : contrairement à la réversion de certains régimes de base, la pension de réversion Agirc-Arrco n’est soumise à aucune condition de ressources. En revanche, trois critères clefs s’appliquent. Il faut avoir été marié avec la personne décédée, ne pas s’être remarié après son décès et être âgé d’au moins 55 ans au moment de la demande. Sans ce trio de conditions, aucun droit n’est ouvert.

Demande de pension de réversion Agirc-Arrco : la démarche à ne pas oublier

Beaucoup de conjoints survivants pensent que la caisse de retraite déclenchera tout naturellement la réversion une fois le décès signalé. C’est faux. La demande de pension de réversion Agirc-Arrco est indispensable : même si l’organisme connaît le décès, aucun versement n’est engagé tant que le dossier de réversion n’a pas été déposé, en ligne ou par courrier.

Depuis 2020, il est possible de faire cette demande directement en ligne via le portail de l’Union Retraite, ce qui simplifie nettement les démarches. Un formulaire papier reste disponible, à télécharger sur le site de l’Agirc-Arrco ou à retirer auprès de votre caisse. Surtout, un délai majeur s’applique : pour que la pension soit versée avec rétroactivité à partir du mois suivant le décès, la demande doit être déposée dans l’année qui suit. Passé ce délai d’un an, le versement commence seulement au mois de la demande, sans rattrapage des mois précédents, ce qui peut représenter un vrai manque à gagner.

  • Signaler rapidement la situation à l’Agirc-Arrco, même si vous hésitez encore.
  • Préparer les justificatifs (acte de décès, livret de famille, RIB, avis d’imposition…).
  • Se faire accompagner par un proche ou un service d’aide si les démarches en ligne vous rebutent.

Pension de réversion Agirc-Arrco et 2026 : ce que les prélèvements sociaux peuvent changer

Une fois la réversion obtenue, le montant inscrit sur votre notification n’est pas celui qui arrive réellement sur votre compte. La retraite complémentaire Agirc-Arrco, y compris la réversion, subit plusieurs prélèvements sociaux : la CSG, la CRDS, la contribution CASA et la cotisation d’assurance maladie. Selon votre situation, cet ensemble peut représenter jusqu’à 10,1 % de la pension brute, en fonction de votre revenu fiscal de référence, du nombre de parts de votre foyer et de votre lieu de résidence.

À partir du 2 janvier 2026, les taux de ces prélèvements seront à nouveau ajustés d’après les derniers revenus connus du fisc. L’année 2026 arrive après plusieurs revalorisations : les pensions de base doivent être augmentées de 0,9 % au 1er janvier 2026, après une hausse déjà marquée de 5,3 % en 2024. Dans le même temps, le barème de la CSG est réévalué sur la base d’un indice de prix de 1,8 % pour 2026. Résultat : certains retraités risquent de voir leur taux de CSG grimper si leur revenu fiscal de référence de 2024 franchit un seuil.

Un retraité vivant seul, exonéré de CSG en 2025, peut ainsi se retrouver imposé à un taux de 3,8 % en 2026 si son revenu fiscal de référence dépasse 13 048 € annuels. Pour un couple de retraités avec deux parts fiscales, le plafond est fixé à 20 015 €. Ce changement de tranche peut conduire à une baisse de la pension nette versée par l’Agirc-Arrco, même si le montant brut progresse. Surveiller son avis d’imposition, son nombre de parts et, si besoin, utiliser les simulateurs proposés par l’administration permet notament d’anticiper ces variations et de mieux comprendre pourquoi votre virement mensuel évolue.

En bref

  • En France, de nombreux veufs et veuves ignorent qu’ils peuvent toucher jusqu’à 60 % de la retraite complémentaire Agirc-Arrco de leur conjoint décédé.
  • La pension de réversion Agirc-Arrco n’est pas automatique et doit être demandée dans l’année du décès, sous peine de perdre des mois de versement.
  • À partir de 2026, l’évolution de la CSG et des autres prélèvements sociaux pourrait réduire le montant net de cette pension, d’où l’intérêt de s’y préparer.