Essence : le seuil psychologique des 4 dollars est de retour, voici le détail de la crise à Ormuz qui va plomber votre budget
Au cœur de l'été, le gallon d'essence regular vient de repasser au-dessus de 4 dollars en moyenne, selon l'AAA. Entre frappes autour du détroit d'Ormuz et vacances en voiture, jusqu'où cette facture peut-elle encore s'alourdir ?

Aux États-Unis, les panneaux lumineux des stations-service affichent de nouveau un « 4 » bien visible devant la virgule, et ce n’est pas un bug d’affichage. Le gallon d’essence regular vient de repasser un seuil que beaucoup d’automobilistes pensaient réservé au printemps, quand les tensions au Moyen-Orient avaient mis le feu aux cours du brut.
Lundi 20 juillet 2026, la moyenne nationale publiée par l’AAA ressort à 4,003 dollars le gallon, soit environ 3,70 € pour un peu moins de 3,8 litres, contre 3,14 dollars (environ 2,90 €) un an plus tôt. En quelques semaines, un mémorandum entre Washington et Téhéran avait fait refluer les prix, avant qu’une nouvelle escalade autour du détroit d’Ormuz ne renverse la tendance. Et la suite inquiète autant que la hausse elle-même.
Où en est le prix de l’essence aux États-Unis, avec une essence à 4 dollars le gallon ?
Selon les données de l’AAA reprises par le Journal du Coin, le prix moyen de l’essence à 4 dollars le gallon marque un retour à un niveau que les ménages américains associaient surtout au pic de mai, lorsque la moyenne approchait 4,56 dollars le gallon (environ 4,20 €). Avant la guerre déclenchée fin février, l’essence regular tournait plutôt autour de 2,98 dollars le gallon, ce qui donnait le sentiment d’un carburant encore abordable pour la classe moyenne.
Après la signature, le 14 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, la moyenne nationale était redescendue vers 3,79 dollars le gallon (environ 3,50 €) au début du mois de juillet. L’accord a fait long feu : l’Iran a repris ses attaques contre les navires cherchant à sortir d’Ormuz, les États-Unis ont réagi par un blocus des ports iraniens, et le plein d’un véhicule familial coûte désormais « une bonne dizaine de dollars » de plus qu’il y a un an. Pour un budget vacances déjà serré, l’effet est immédiat.
| Période | Prix moyen national | Contexte géopolitique | Signal sur le pétrole brut |
|---|---|---|---|
| Fin février 2026 (avant-guerre) | 2,98 $/gallon (env. 2,70 €) | Tensions limitées au Moyen-Orient | Marchés du brut stables, pas de prime |
| Mai 2026 (pic de printemps) | 4,56 $/gallon (env. 4,20 €) | Premières frappes autour d’Ormuz | Brent sur des plus hauts annuels |
| Début juillet 2026 | 3,79 $/gallon (env. 3,50 €) | Accalmie après le mémorandum Iran USA | Brent autour de 72 $/baril |
| 20 juillet 2026 | 4,003 $/gallon (env. 3,70 €) | Reprise des frappes et blocus iranien | Brent 86-91 $, WTI 84,04 $ |
Escalade Iran USA et détroit d’Ormuz : pourquoi le prix de l’essence varie autant selon les États ?
Le choc actuel vient d’abord de la géopolitique. Le 14 juin, le mémorandum signé entre Washington et Téhéran avait brièvement desserré l’étau sur les marchés, confirmant l’analyse de l’économiste Philippe Chalmin qui voyait déjà « un certain flou artistique » dans ce texte et invitait à « se garder de toute euphorie ». Quelques semaines plus tard, l’Iran reprend ses attaques contre des navires sortant du détroit, les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens, et le Brent grimpe à 90,95 dollars le baril (près de 84 €), en hausse de 3,2 % sur une seule séance et d’environ 16 % sur la semaine. Dans ce couloir par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole chaque jour, « le détroit d’Ormuz ne sera jamais plus totalement comme avant », souligne Philippe Chalmin sur franceinfo, avec une circulation « relativement limitée ». Téhéran laisse malgré tout entendre qu’une reprise du dialogue reste envisageable « sur la base de l’intérêt national ».
Sur le terrain, l’effet est tout sauf uniforme : là où l’Indiana tourne encore autour de 3,35 dollars le gallon (environ 3,10 €), la Californie dépasse 5,50 dollars (plus de 5,10 €) et l’État de Washington frôle 5,01 dollars, quand Hawaï atteint environ 5,42 dollars. Les écarts tiennent aux taxes locales, à la distance des raffineries, aux normes environnementales plus strictes sur la côte Ouest et, dans certains cas, à une dépendance accrue aux importations qui transitent justement par Ormuz. Pendant ce temps, le diesel avoisine 5,11 dollars le gallon (autour de 4,75 €), ce qui renchérit le transport de marchandises et alimente d’autres hausses de prix. En France, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon rappelait que « les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent » et que « personne ne peut profiter de cette crise », tandis que, de son côté, le ministre Jean-Noël Barrot disait espérer « rétablir la liberté de navigation et ainsi (de) réduire la pression qui s’exerce depuis beaucoup trop longtemps maintenant sur les prix des hydrocarbures, (…) sur l’économie mondiale et le pouvoir d’achat des Français ». Une façon de montrer à quel point la réponse gouverementale, à Washington comme à Paris, reste suspendue aux évolutions militaires autour d’Ormuz.
| État américain | Prix moyen essence | Profil rapide |
|---|---|---|
| Californie | 5,50 $/gallon (env. 5,10 €) | Taxes élevées, normes climatiques strictes |
| Hawaï | 5,42 $/gallon (env. 5,00 €) | Archipel isolé, coûts de transport élevés |
| Washington | 5,01 $/gallon (env. 4,65 €) | Côte Ouest, fiscalité et normes renforcées |
| Indiana | 3,35 $/gallon (env. 3,10 €) | Proche des raffineries du Midwest |
| Mississippi | 3,57 $/gallon (env. 3,30 €) | Sud, taxes plus faibles et logistique routière |
En bref
- Lundi 20 juillet 2026, la moyenne nationale aux États-Unis atteint 4,003 dollars le gallon, selon l'AAA, sur fond de reprise des tensions entre Washington et Téhéran autour du détroit d'Ormuz.
- La nouvelle escalade militaire perturbe le trafic pétrolier, propulse le Brent vers 90 dollars le baril et fait flamber les prix à la pompe, avec de forts écarts entre Californie, Hawaï ou Indiana.
- Entre essence au-dessus de 5 dollars dans certains États, diesel à 5,11 dollars et incertitudes diplomatiques, les automobilistes américains s'interrogent déjà sur la suite de l'été.









