Rallumer son poêle après la tempête : ce détail sur votre toit que vous devez absolument vérifier depuis votre jardin

Après une nuit de rafales, vous vous apprêtez à rallumer poêle ou cheminée pour réchauffer la maison. Avant cette première flambée, un simple contrôle visuel depuis le jardin peut révéler un conduit fragilisé et changer votre soirée.
Dans la nuit, les volets ont claqué, les arbres ont plié et les lignes électriques ont parfois cédé. Après le passage de la tempête Austen, beaucoup de foyers se tournent vers leur poêle ou leur cheminée pour retrouver une chaleur bien méritée dès que l’électricité revient. Le réflexe est compréhensible, surtout quand le froid s’annonce pour les prochains jours. Entre le bois prêt dans le garage et la première flambée, il manque pourtant souvent une étape discrète mais décisive.
Dans le Finistère, des restaurants communaux ont ouvert tout le week-end pour offrir un peu de lumière, de café chaud et des prises de courant aux habitants encore plongés dans le noir. Pour Armelle, « le plus dur c’est de ne pas voir la lumière du jour. Car on a bien sûr fermé les volets quand il y a eu l’avis de tempête. Et chez nous, tout est électrique, s’amuse la pétillante gouesnachaise. On avait un poêle à bois, mais figurez-vous qu’on l’a changé cet été pour un poêle à pellets, la tuile ! » a raconté Armelle à Radio France. Ceux qui ont gardé un poêle à bois ou une cheminée doivent, eux, composer avec un autre risque, moins visible : l’état du conduit de fumée, bousculé par les rafales. Tout se joue pourtant en un simple regard vers le toit.
Après la tempête Austen, un conduit de cheminée fragilisé peut tout changer
Austen a soufflé jusqu’à 146 km/h dans la Manche le vendredi 23 octobre et placé 23 départements en vigilance orange vent. Selon Enedis, jusqu’à 288 600 foyers ont été privés d’électricité à la mi-journée, et, le dimanche 25 octobre, 22 400 foyers restaient encore sans courant en Bretagne, dont 13 200 dans le Finistère, malgré la mobilisation de quelque 2 000 agents d’Enedis et de 600 salariés de prestataires. Dans les communes touchées, les mairies rappellent aussi que « pour les foyers touchés par une panne individuelle, aucun délai de rétablissement ne peut également être communiqué à ce stade ». Un tel épisode ne casse pas forcément les tuiles, mais il peut suffire à déplacer une mitre de cheminée, faire bouger la souche ou déposer une branche sur la sortie, alors que, vu du jardin, le toit paraît parfois intact.
Lorsque la sortie du conduit est gênée, les fumées et le monoxyde de carbone n’ont plus de chemin pour sortir et reviennent dans la pièce. Ce gaz sans couleur ni odeur provoque d’abord maux de tête, nausées, vertiges, des signes que l’on confond vite avec une simple fatigue. En France, près de 4 000 intoxications au monoxyde de carbone sont recensées chaque année, le plus souvent à cause d’un conduit obstrué, de grilles d’aération bouchées ou d’un appareil mal entretenu. Comme le rappelle le gouvernement du Canada, « une tempête hivernale majeure pourrait durer des jours et rendre les déplacements difficiles » : mieux vaut donc compter sur un conduit en bon état, débouchant loin de tout obstacle, et sur un entretien réalisé par un professionnel avant toute remise en service. Les fiches de sécurité recommandent aussi d’installer des avertisseurs de monoxyde de carbone homologués, avec batterie de secours, dans les couloirs et à l’extérieur des chambres, et rappellent que barbecues, réchauds de camping ou appareils au fioul ou au gaz n’ont jamais leur place dans une maison, un garage, une remise ou sous un auvent.
Le coup d’œil gratuit depuis le jardin avant de rallumer poêle ou chaudière
Sur le terrain, les communes touchées par Austen ont rapidement rouvert mairies et salles communales pour offrir des douches, du chauffage et des prises. « Tout le monde se serre les coudes, renchérit Séverine Cosquéric, la maire Gouesnac’h depuis les dernières municipales. On est là avec toute l’équipe municipale depuis vendredi, c’est normal. » La mairie du Guilvinec demande aussi à ses administrés de penser « à vos voisins, une personne âgée, isolée ou une famille avec de jeunes enfants, qui n’osera pas toujours demander de l’aide. » Dans cet esprit, chacun peut, depuis son jardin ou le trottoir, jeter un œil au sommet du conduit de cheminée : ce contrôle ne coûte rien, ne nécessite pas d’échelle et se fait avec des jumelles ou le zoom d’un téléphone, sans monter sur le toit.
Quatre points suffisent pour un premier contrôle, tous visibles depuis le sol. La mitre, ce chapeau qui coiffe le conduit, doit être en place, bien droite et dans l’axe. La souche de cheminée, c’est la partie qui dépasse du toit : aucune brique ne doit sembler disjointe, aucune fissure nouvelle, aucune inclinaison suspecte. On regarde aussi si des branches, des tuiles ou des feuilles ne bouchent pas la sortie, et, pour une chaudière, si le terminal de ventouse en façade reste droit et si sa grille est dégagée. Jumelles ou zoom de téléphone remplacent l’échelle, et on ne monte pas sur le toit.
| Élément observé | Signe constaté | Risque principal | Qui appeler |
|---|---|---|---|
| Mitre (chapeau du conduit) | Absente, penchée ou tombée | Pluie et débris dans le conduit, fumée freinée | Ramoneur avant rallumage |
| Sortie du conduit | Branches, tuiles ou feuilles dessus | Sortie partiellement bouchée, fumées qui reviennent | Ramoneur, sans monter soi-même |
| Souche de cheminée | Fissure, briques disjointes ou penchées | Fuites de fumées avant la sortie | Couvreur puis ramoneur |
| Terminal de ventouse | Ventouse tordue ou grille bouchée | Chaudière qui évacue mal ses gaz | Chauffagiste |
Si une mitre paraît absente ou penchée, si la souche fissure ou si la ventouse a été tordue, les fumées peuvent s’échapper au mauvais endroit, voire revenir dans la pièce. Un ramoneur qualifié doit alors intervenir avant tout redémarrage, parfois après le passage d’un couvreur ou d’un chauffagiste selon le cas. Ces repères s’appuient sur les consignes de prévention du monoxyde de carbone et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. D’un point de vue réglementaire, le ramonage est obligatoir au moins une fois par an, et la majorité des départements en imposent deux, dont une pendant la période d’utilisation. Le professionnel remet une attestation à conserver, et un défaut de ramonage peut être sanctionné par une amende pouvant atteindre 750 €. Une chaudière à gaz, au fioul ou au bois suit la même logique : son entretien par un professionnel qualifié se fait avant la période de froid.
En cas de fumée qui revient dans la pièce, d’odeur de fumée ou de brûlé, ou de maux de tête chez plusieurs occupants, il faut éteindre l’appareil si possible, ouvrir grand les fenêtres, sortir et appeler le 15, le 18 ou le 112 ; l’appareil ne doit pas être rallumé avant un nouveau contrôle. Un détecteur de monoxyde posé dans la pièce de l’appareil ou dans le couloir prévient un refoulement sans que personne ait à le sentir, mais il n’est pas obligatoire en France, un texte en ce sens déposé au Sénat n’ayant pas été voté. Les consignes générales restent valables après une tempête : aérer le logement chaque jour, même par temps froid, ne jamais boucher les grilles de ventilation, car un poêle ou une chaudière qui manque d’air produit davantage de monoxyde, même avec un conduit en bon état. Si le froid arrive avant le passage du ramoneur, mieux vaut retarder la première flambée de quelques jours : Météo-France voyait par exemple le frais revenir le 2 novembre, laissant la fin de semaine pour obtenir un rendez-vous, et un radiateur électrique peut dépanner en attendant, même s’il pèse sur la facture d’électricité. Une mitre arrachée ou une souche abîmée se déclare aussi à l’assureur : le délai minimal de déclaration d’un sinistre est de 5 jours ouvrés, ce qui laissait jusqu’au vendredi 30 octobre pour un dégât d’Austen constaté le 23, et il reste prudent de photographier ce qui inquiète et de vérifier les délais précis dans son contrat.
Sources
En bref
- Après la tempête Austen et des vents jusqu’à 146 km/h, de nombreux foyers veulent rallumer poêle, cheminée ou chaudière alors que leurs conduits ont peut-être été fragilisés.
- L’article détaille un contrôle en quatre points depuis le jardin, les risques de refoulement de fumées et de monoxyde de carbone, et indique quand faire intervenir ramoneur, couvreur ou chauffagiste.
- Entre gestes d’urgence pendant la première flambée, règles de ramonage et réflexes assurance habitation, ce guide propose une check-list simple pour allumer sans mettre sa famille en danger.








