Immobilier neuf : pourquoi la chute de 10% des constructions en septembre rend l'objectif des 400 000 logements quasi impossible

Après deux mois de rebond, les mises en chantier de logements retombent à 28 682 unités en septembre 2026, soit -9,7 % sur un mois. Alors que l’exécutif vise 400 000 logements par an, les chiffres et le terrain racontent une tout autre dynamique.
La rentrée 2026 rime avec nouveau coup de frein pour la construction neuve. Après deux mois de rebond, les mises en chantier logements septembre 2026 reculent à 28 682 unités, soit une baisse de 9,7 % par rapport à août, selon le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Ville et du Logement. Une inversion de tendance qui tombe au moment où l’exécutif affiche son ambition de produire chaque année 400 000 logements.
Sur douze mois, la construction neuve demeure en retrait par rapport à la moyenne des cinq dernières années, et l’écart entre permis délivrés et chantiers ouverts reste important. Certes, la construction apparaît plus dynamique qu’en 2025, mais l’écart avec l’objectif gouvernemental reste marqué et la mécanique permis – ventes – chantiers se grippe. Le décalage se creuse.
Mises en chantier de logements : septembre 2026 casse la reprise
Le détail des chiffres confirme ce retournement. En septembre, un peu moins de 29 000 logements ont été effectivement mis en chantier, après deux mois consécutifs de hausse en juillet et en août. Ce recul de près de 10 % est une comparaison mensuelle, non une baisse sur un an. Le mouvement touche à la fois les immeubles collectifs et les maisons individuelles, avec des intensités différentes selon les segments. Le tableau ci-dessous résume ces ordres de grandeur et l’écart à l’objectif gouvernemental.
| Indicateur | Septembre 2026 | Var. vs août 2026 | Cumul 12 mois | Écart vs moy. 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| Autorisations | 31 428 logements | +1,2 % | 377 834 logements | -9,1 % |
| Mises en chantier | 28 682 logements | -9,7 % | 318 419 logements | -5,1 % |
| Objectif gouvernemental | n.c. | n.c. | 400 000 logements | objectif politique |
En amont des chantiers, les autorisations de construire progressent légèrement. En septembre, un peu plus de 31 000 logements ont été autorisés, soit une hausse d’un peu plus d’un point par rapport à août, mais à un niveau toujours inférieur à la moyenne annuelle des cinq dernières années. D’octobre 2025 à septembre 2026, un peu plus de 318 000 logements ont été mis en chantier pour près de 378 000 permis délivrés, des volumes environ 5 % à 9 % en dessous de la moyenne des cinq ans précédents. En août, la barre des 300 000 mises en chantier sur un an avait été franchie pour la première fois depuis octobre 2023. Le SDES souligne enfin que la moyenne mensuelle des démarrages depuis janvier dépasse de 25,1 % celle de 2025, tandis que la moyenne des autorisations est supérieure de 1,4 % à celle observée sur l’ensemble de l’année 2025.
Autorisations, ventes et financement : les freins derrière l’objectif de 400 000 logements
Cet écart tient en partie au fait qu’un permis de construire ne débouche pas automatiquement sur un chantier. « Ces derniers trimestres, environ une opération sur cinq a été retirée de la vente, suspendue ou abandonnée », rappelle Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), cité par BFMTV. « Or un programme n’est lancé en travaux qu’une fois suffisamment commercialisé. Moins d’opérations à la vente, c’est mécaniquement moins de chantiers », ajoute-t-il. Le secteur subit en même temps la hausse des coûts de construction, la remontée des taux d’intérêt qui écarte des ménages interressés par l’achat et la fin de plusieurs dispositifs de soutien à l’investissement locatif. Le détail par type de logement montre des trajectoires contrastées.
| Segment | Sept. 2026 (démarrages) | Var. vs août 2026 | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Collectif (résidences incluses) | 18 694 logements | -11 % | après +19 % en août |
| Maisons individuelles – total | n.c. | -7,2 % | repli des démarrages |
| Maisons individuelles – un seul logement | n.c. | -14,9 % | segment le plus touché |
| Maisons groupées | n.c. | +12 % | poursuite du rebond |
La légère reprise des permis observée en fin d’été ne change pas encore la donne, comme le montre ce découpage par segments. Les mises en chantier de maisons individuelles reculent globalement, avec une chute plus forte pour les maisons faisant l’objet d’un permis portant sur un seul logement, tandis que les opérations de maisons groupées continuent de progresser et que le collectif reperd du terrain après son rebond d’août. Pour Pascal Boulanger, « le léger rebond des autorisations observé en septembre ne doit pas faire illusion ». Dans ce contexte, le projet de loi du gouvernement visant à construire 400 000 logements neufs par an via des mesures de simplification et une incitation fiscale à l’investissement locatif a été validé par le Sénat et doit être examiné à l’Assemblée nationale le 17 novembre.
En bref
- De juillet à septembre 2026, les statistiques du SDES montrent un marché du logement neuf fragile, marqué en septembre par 28 682 mises en chantier et 31 428 permis de construire.
- Ce mois de rupture, avec un recul de 9,7 % des démarrages et des volumes toujours inférieurs à la moyenne des cinq dernières années, éloigne un peu plus l’objectif gouvernemental de 400 000 logements annuels.
- Entre permis qui ne se transforment pas en chantiers, coûts en hausse et goulots de financement, le gouvernement mise sur son projet de loi attendu à l’Assemblée le 17 novembre pour relancer la machine.










