LVMH : la stratégie audacieuse qui relance le luxe en Chine et aux États-Unis, action en hausse de 43 % depuis juin

Par Paul Graph - Publié le

LVMH amorce un redressement stratégique en 2025, porté par la Chine et les États-Unis. Quels sont les leviers qui relancent le géant du luxe sur le marché mondial?

LVMH : la stratégie audacieuse qui relance le luxe en Chine et aux États-Unis, action en hausse de 43 % depuis juin

Le leader mondial du luxe, LVMH, amorce un redressement qui retient l’attention des marchés. Après plus d’un an de turbulences pour le secteur, le titre repasse à l’offensive et entraîne le CAC 40. Le rebond de Wall Street a aussi changé l’humeur de marché.

Sur le terrain, le T3 2025 a marqué un point d’inflexion avec une croissance organique de 1 % à 18,3 milliards d’euros, et l’action a touché un plus haut de huit mois au‑dessus de 643 euros, tout en ayant bondi de plus de 43 % depuis son plus bas de juin. Le moteur se réveille.

En Chine, LVMH rallume le trafic avec Pékin et Shanghai

En Chine, le groupe prépare l’ouverture de grands magasins à Pékin pour Louis Vuitton, Dior, Tiffany et Loro Piana, parmis lesquels des points de vente à plusieurs étages au sein du complexe Taikoo Li Sanlitun de Swire Properties, avec en parallèle des pourparlers pour une nouvelle boutique Christian Dior à Shanghai. Ces développements, lancés de longue date puis ralentis par le coup de mou des ventes, reviennent au premier plan alors que les achats locaux repartent.

Le succès du concept store Le Louis à Shanghai y a participé : un bâtiment en forme de bateau de 1 600 m² sur trois niveaux pour 30 mètres de hauteur, mêlant boutique, café et espace d’exposition. « Même nos voisins sont ravis de l’affluence », a assuré Cécile Cabanis lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, selon La Tribune. « Chaque fois que nous lançons une initiative ou une innovation ou une nouvelle initiative dans le commerce de détail, cela crée immédiatement un lien, de l’intérêt et de l’enthousiasme et le consommateur réagit très rapidement », a-t-elle ajouté. Prudente malgré tout, la directrice financière rappelle le contexte local : « Le marché immobilier reste complexe et le chômage élevé. Nous allons donc considérer qu’il faudra du temps pour que la Chine et l’Asie connaissent une reprise », a indiqué Cécile Cabanis.

États-Unis, horlogerie et mix de marques : les autres ressorts

Autre levier venu des États-Unis : l’espoir de sortie du « shutdown » a relancé l’appétit pour les actions, dopant le luxe à Paris. « Cela veut dire que le gouvernement américain pourrait rouvrir dès mercredi, après le jour de l’Armistice, si la Chambre des représentants devait soutenir le texte qui vise à financer les services publics », indique Kenneth Broux, responsable de la recherche devises et taux à la Société Générale. Mardi, le CAC 40 a gagné 1,25 % à 8.156,23 points et LVMH a pris 2,43 % à 632,90 euros, tandis que le Brent s’établissait à 64,3 USD le baril (environ 55,6 €). « Ce ne sont pas les niveaux de valorisations qui poussent les marchés en territoire baissier, ce sont les récessions », rappelle Neil Wilson.

Sur le plan opérationnel, le T3 2025 a marqué un retour à la croissance organique de 1 % à 18,3 milliards d’euros après deux trimestres en recul. L’activité s’améliore en Chine et aux États-Unis, le pôle Mode et Maroquinerie reculant de 2 % mais bien moins qu’au trimestre précédent, tandis que Dior et Guerlain soutiennent les parfums et que Tiffany et le champagne repartent. Pour sécuriser et accélérer en horlogerie, le groupe a pris une participation « minoritaire » dans La Joux-Perret afin « d’ancrer des liens stratégiques avec des partenaires industriels » et de « soutenir [ses] investissements en Suisse », tout en scellant un « accord commercial stratégique » destiné à « offrir de nouvelles capacités de production et d’innovation à l’ensemble des maisons horlogères ». Selon eToro, les clients chinois « font leur retour », ce qui a contribué à la remontada boursière observée ces dernières semaines.