La fin du gel des pensions en 2026 : ce que cela signifie vraiment pour les retraités et leurs revenus

Par Paul Graph - Publié le

L'Assemblée nationale a voté la suppression du gel des pensions pour 2026, promettant une revalorisation des retraites. Quel impact pour les retraités?

La fin du gel des pensions en 2026 : ce que cela signifie vraiment pour les retraités et leurs revenus

Le gel des pensions de retraite pour 2026 vient d’être balayé en première lecture à l’Assemblée nationale. Pour des millions de retraités, la fin de cette année blanche promet un tout autre scénario, mais lequel concrètement pour le montant des pensions et à quel rythme ?

Mercredi, les députés ont supprimé la mesure par 308 voix contre 99, contre l’avis du gouvernement. Le dispositif effacé prévoyait un gel des pensions en 2026 et un gel de prestations sociales indexées habituellement sur l’inflation, pour 3,6 milliards d’euros d’économies affichées. La suite se joue dans la navette parlementaire. Ce qui change dès 2026, et ce qui peut encore évoluer.

Suppression du gel des pensions à l’Assemblée nationale : ce qui tombe

Le texte initial du PLFSS 2026 gelait « l’ensemble des retraites de base » en 2026 et les principales prestations sociales (allocations familiales, RSA, APL). Il prévoyait aussi une sous-indexation des pensions : 0,9 point en 2027, puis 0,4 point par an de 2028 à 2030. Pour le gouvernement, l’enjeu financier était majeur : « l’un des plus gros enjeux », a rappelé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, selon MoneyVox.

Dans l’Hémicycle, la tonalité a été tranchée. « Cette année, blanche sur les prestations sociales, c’est ce que vous pouviez imaginer de pire », a critiqué Sandrine Rousseau. « C’est une mesure de violence sociale », a dénoncé Anaïs Belouassa-Cherifi. « C’est la représentation nationale (…) qui a tordu le bras au gouvernement », a pointé Christophe Bentz. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a toutefois défendu un ciblage possible des aides familiales : « nous pouvons très bien avoir un gel des allocations familiales pour les foyers les plus aisés », a-t-elle proposé. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était, lui, dit « favorable à regarder l’ensemble des amendements qui viendront dégeler les pensions de retraite de notre pays (et des) minimas sociaux ».

Conséquences pour les retraités en 2026 : revalorisation, aides et calendrier

La suppression du gel signifie qu’en 2026, les pensions de base ne seraient plus figées. Le taux exact de revalorisation dépendra du texte définitivement adopté et des données de prix retenues. En parallèle, si le dégel des minimas sociaux est confirmé, les prestations Caf suivraient leur revalorisation habituelle au 1er avril, avec une hausse estimée à 0,9 % par la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Effets attendus côté aides : l’AAH passerait à 1 042,62 euros (+ un peu plus de 9 euros) et le RSA pour une personne seule atteindrait 652,34 euros. Ces montants restent indicatifs dans l’attente des chiffres officiels.

Concrètement, les revalorisations Caf intervenant au 1er avril seront visibles sur le versement de mai, aides payées à terme échu. Côté retraites, l’Assemblée a, le même jour, validé la suspension de la réforme de 2023 jusqu’au 1 janvier 2028, une décision qui s’additionne au dégel mais dont l’application et certains paramètres doivent encore être précisés lors de la navette. Le Sénat, qui examine le texte à son tour, peut amender, rétablir certaines dispositions ou en proposer de nouvelles. Bref, l’année blanche 2026 est apparament évitée, mais le calibrage final des hausses se décidera au terme du parcours législatif.