Suspension de la réforme des retraites : qui gagne vraiment un trimestre et pourquoi cela change tout jusqu'en 2028 ?

Par Paul Graph - Publié le

La suspension de la réforme des retraites, votée le 12 novembre 2025, modifie l'âge de départ pour les générations 1964-1968. Quels sont les impacts concrets ?

Suspension de la réforme des retraites : qui gagne vraiment un trimestre et pourquoi cela change tout jusqu’en 2028 ?

Trois mois de gagnés pour certains, statu quo pour d’autres. La suspension de la réforme des retraites, adoptée à l’Assemblée nationale, rebat les cartes pour les générations nées au milieu des années 1960, avec des impacts concrets sur l’âge légal et la durée de cotisation.

Le chef du gouvernement a fixé le cap politique. « Je propose que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », a déclaré Sébastien Lecornu, selon L’Internaute. Le scrutin du mercredi 12 novembre s’est soldé par 255 voix pour et 146 contre. Qui gagne vraiment un trimestre, et quand ?

Âge légal et suspension : ce que gagnent les générations 1964 à 1968

Conséquence directe de cette pause, a-t-il précisé : « aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT », puis « la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028″, a indiqué Sébastien Lecornu. Au total, 3,5 millions de futurs retraités sont concernés, sur un périmètre limité aux générations 1964 à 1968 avant reprise de la progression.

Dans le détail, la génération 1964 pourra partir à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres au lieu de 63 ans et 171, soit un trimestre gagné sur l’âge et sur la durée. Les personnes nées au premier trimestre 1965 partent aux mêmes conditions que 1964, et gagnent deux trimestres par rapport à la réforme Borne, sur l’âge comme sur la durée. Pour les natifs d’avril 1965 à fin 1968, la progression vers 64 ans reprendra à partir de 2028, avec un trimestre d’âge légal de gagné par rapport à la trajectoire initiale : 63 ans pour avril-décembre 1965 avec 171 trimestres, 63 ans et 3 mois pour 1966 avec 172 trimestres, 63 ans et 6 mois pour 1967 avec 172, 63 ans et 9 mois pour 1968 avec 172. Pour la génération 1969, rien ne change : départ à 64 ans et 172 trimestres.

Carrières longues, 170 trimestres et calendrier : quels effets dès 2026 ?

Côté carrières longues, un trimestre est également « récupéré » sur l’âge de départ pour les générations 1964 à 1968, avec une application annoncée au 1er septembre 2026 pour laisser aux caisses le temps d’adapter leurs systèmes d’information. Même principe pour les catégories actives et super-actives de la fonction publique, qui bénéficieront d’un trimestre supplémentaire sur leur âge anticipé à la même date. Dans la majorité présidentielle, le choix de la suspension a été assumé comme un compromis. « pas avec gaieté de cœur mais lucidité », a résumé Gabriel Attal, avant d’ajouter : « Nous sommes lucides sur le fait que cette suspension n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie du pays. mais nous sommes aussi lucides sur le fait qu’on ne veut pas se mettre en travers du compromis entre le Premier ministre et le groupe socialiste sur cette question », a déclaré Gabriel Attal.

Pour que ces mesures produisent leurs effets, il faudra l’adoption définitive du budget de la Sécurité sociale 2026 et le feu vert du Sénat. Le gel de l’âge légal jusqu’à début 2028, avec une durée d’assurance maintenue à 170 trimestres, représente un surcoût estimé à 2,2 milliards d’euros et reste une ligne de fracture politique, parmis d’autres. La France insoumise y voit un simple report du débat, « voter pour le décalage c’est voter pour la retraite à 64 ans », quand l’exécutif assume une pause ciblée sur quatre générations avant reprise du relèvement progressif à partir de 2028.