CAC 40 repasse sous les 8 100 points dès le 1er décembre : ce signal inquiétant que les investisseurs redoutent avant Powell et les PMI
Décembre commence mal pour le CAC 40, repassé sous les 8 100 points dans un climat de prudence après le rebond américain. Que vont signaler le discours attendu de Jerome Powell et la salve de PMI pour la suite du rallye de fin d'année ?

Premier jour de cotation de décembre, et l’indice phare parisien démarre en baisse. Dès les premières minutes, le CAC 40 rechute sous les 8 100 points, après avoir péniblement terminé novembre dans le vert. L’indice abandonne près de 0,50 %, signalant un retour de la prudence alors que les investisseurs referment à peine un mois marqué par un rebond américain. Dans ce contexte, la séance de ce lundi prend tout de suite des airs de test pour la suite de la fin d’année. Et les opérateurs savent que la journée ne fait que commencer.
La tonalité hésitante vient aussi des marchés asiatiques, où le Nikkei a cédé 1,89 % pendant la nuit, dans le sillage de nouveaux chiffres décevants pour l’industrie chinoise. Pour le huitième mois d’affilée, l’activité manufacturière en Chine reste en territoire négatif, un signal de demande intérieure encore fragile et de possible besoin de soutien supplémentaire pour la deuxième économie mondiale. En Europe, l’ouverture se fait dans le sillage de ce tableau mondial moins porteur, alors que les regards se tournent vers un événement bien précis. Le discours de Jerome Powell.
Décembre débute dans le rouge pour le CAC 40 sous les 8 100 points
Dès la première heure, le CAC 40 efface le léger avantage gagné vendredi, repassant sous le seuil symbolique des 8 100 points, dans un volume limité. Ce recul intervient après une fin de mois déjà contrastée, où les indices américains avaient prolongé leur rebond : le S&P 500 a signé une semaine entièrement positive avec un gain hebdomadaire supérieur à 2 %, tandis que le Dow Jones évoluait sur une trajectoire comparable. Ce décor international plus favorable ne suffit pas à compenser les incertitudes européennes et asiatiques qui dominent le début de séance parisienne. Les opérateurs redoutent que le premier jour du mois donne le ton du reste de décembre.
La séance du jour est dominée par l’attente des prises de parole des banques centrales. Les propos de Jerome Powell, attendus dans la soirée, interviennent tout juste avant la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale prévue la semaine suivante, qui pourrait affiner les anticipations de trajectoire des taux américains. De son côté, Joachim Nagel, président de la Bundesbank, rappelle que les conditions monétaires arrêtées par la Banque centrale européenne apparaissent, à ce stade, en phase avec la conjoncture et estime que la politique de l’Eurosystème se situe dans une zone neutre. En devises et matières premières, l’euro évolue autour de 1,1598 dollar, le Brent à 63,50 dollars, soit environ 55 €, et l’once d’or à 4 236 dollars, autour de 3 650 €.
Powell, PMI et valeurs françaises au cœur de la séance
Les investisseurs scrutent aussi la série d’indicateurs d’activité manufacturière, les fameux PMI, attendus en Europe et aux Etats-Unis, alors que Wall Street vient d’enchaîner plusieurs séances de hausse sur fond d’espoirs de baisse de taux de la Réserve fédérale. « Une fois de plus cette année, les vendeurs se retrouvent du mauvais côté des marchés », souligne Michael Brown, stratégiste chez Pepperstone, cité par Zonebourse.com. « L’économie américaine reste solide, la croissance des bénéfices est robuste, le climat commercial s’apaise et la politique monétaire demeure accommodante : un ensemble de facteurs qui pousse clairement les actifs risqués à la hausse », poursuit l’analyste. « En ajoutant à cela une saisonnalité très favorable, les flux portés par la peur de rater le train de la hausse (FOMO du ‘rallye de Noël) qui soutient la reprise des rachats d’actions, on obtient un environnement qu’il serait difficile – voire imprudent – de contrer pour le moment », conclut-il.
Sur le front des valeurs françaises, la séance s’annonce contrastée. Air France-KLM prend la tête du CAC 40, portée par un relèvement de recommandation de JP Morgan et une valorisation revue à la hausse, le titre gagnant plus de 7 %. Vallourec progresse aussi après la nomination de Nathalie Delbreuve au poste de directrice financière et son entrée au comité exécutif. A l’opposé, le secteur automobile pèse : Stellantis recule après un repli de ses immatriculations en France, tandis que Renault limite sa baisse grâce à la progression de ses ventes, alors que les chiffres publiés pour Tesla font état d’un nouveau net recul sur le marché français. Airbus cède du terrain après une note opérationnelle imposant des mesures de précaution immédiates sur certains appareils de la famille A320 ; si la grande majorité de la flotte concernée a déjà été modifiée, une centaine d’avions reste en attente d’intervention. En arrière-plan, LVMH poursuit son programme de rachats d’actions pour un montant d’un milliard d’euros, Bassac renforce ses propres rachats, et Eduform’Action confirme le succés de sa dernière levée de fonds, tandis que les recommandations de JP Morgan sur Air France-KLM, de RBC sur Bureau Veritas et de HSBC sur Sartorius Stedim Biotech animent encore un début de mois déjà dense pour les marchés parisiens.









