Assurance vie : ce placement plus que jamais préféré des Français en 2025, rendements réels et perspectives 2026 qui font vaciller Livret A et PEL

Par Paul Graph - Publié le

Rendements en hausse, encours au‑delà de 2 100 milliards d’euros et collecte record : l’assurance vie s’impose à nouveau dans les portefeuilles. Pourquoi ce contrat devance désormais Livret A, PEL et PER dans les choix d’épargne des Français ?

Assurance vie : ce placement plus que jamais préféré des Français en 2025, rendements réels et perspectives 2026 qui font vaciller Livret A et PEL

En 2025, les Français mettent de côté en moyenne 18 % de leurs revenus, un niveau d’épargne rarement atteint. Entre incertitudes économiques, changement de cap monétaire et souvenirs récents d’inflation élevée, chacun cherche le bon compromis entre sécurité, rendement et souplesse. Longtemps, le réflexe a été de remplir son Livret A ou de garder son plan épargne logement. Ce réflexe est en train de changer.

En quelques années, un placement a repris la main dans les portefeuilles : l’assurance vie. Son encours a atteint 2 100 milliards d’euros fin octobre 2025, soit une hausse de 6,5 % sur un an, alors que les arbitrages depuis les livrets réglementés se multiplient. Dans les enquêtes comme dans les chiffres de collecte, elle devance désormais Livret A et plan d’épargne retraite, au point d’être qualifiée de placement préféré des Français. Reste à comprendre ce qui rend aujourd’hui ce contrat tellement interressant.

Assurance vie, placement préféré des Français : une épargne qui se redéploie

Sur le terrain, le mouvement est net. L’assurance vie représente désormais près de 32 % du patrimoine financier des ménages, quasiment autant que les dépôts bancaires et nettement plus que l’épargne réglementée, autour de 15 %. En 2024, plus de la moitié des flux nets de placements a été orientée vers cette enveloppe. Dans une enquête du Cercle de l’Épargne, 61 % des sondés jugeaient l’assurance vie intéressante, contre 60 % pour le Livret A et 57 % pour le plan d’épargne retraite.

Le Livret A illustre bien ce retournement. Son encours atteignait 438,9 milliards d’euros en novembre 2025, soit 800 millions de moins qu’en octobre, alors que son taux a été abaissé de 3 % en janvier à 2,4 % en février puis 1,7 % en août, avec une nouvelle baisse autour de 1,5 % évoquée pour 2026. En face, les fonds en euros de l’assurance vie ont servi en moyenne 2,6 % en 2024 et devraient grimper vers 2,65 % à 2,7 % en 2025, de quoi attirer aussi l’épargne des quelque 3,2 millions de plans épargne logement appelés à être clôturés entre 2026 et 2030.

Rendement, sécurité et unités de compte : les atouts de l’assurance vie en 2026

Le succès de l’assurance vie tient surtout à son rendement réel, une fois l’inflation déduite. En 2024, les fonds en euros ont rapporté en moyenne 2,6 % quand la hausse des prix atteignait 2,3 %, et les premières estimations anticipent entre 2,65 % et 2,7 % pour 2025. Pour lui, « le rendement réel, inflation déduite, devrait être bien meilleur en 2025 », souligne Alexis Trigaut, directeur commercial chez Corum L’Epargne, dans les colonnes de Capital. Ces supports, composés à près des trois quarts d’obligations dont 19,4 % de dette de l’État français, profitent de la remontée des taux d’emprunt du pays.

Autre avantage, cette rémunération évolue lentement. Les fonds en euros voient « que leur rendement est sujet à une forme d’inertie », rappelle Ronan Guesnerie, porte-parole du courtier en ligne Linxea, ce qui laisse espérer des performances 2026 proches de celles de 2025 si le contexte de taux ne se dégrade pas. Derrière la moyenne, les écarts restent forts : en 2024, certains contrats ont frôlé 4 % quand d’autres ne dépassaient pas 1 %, d’où l’importance de choisir les fonds les plus dynamiques. Les mutuelles et les fonds récents se distinguent souvent, car « Les gérants ont pu faire un “stock” conséquent d’obligations bien rémunérées, de quoi bénéficier d’une visibilité sur les rendements des années à venir », explique encore Alexis Trigaut. En complément du fonds en euros, l’assurance vie multisupport permet enfin d’investir en unités de compte : les UC actions ont gagné en moyenne 8,5 % en 2024 et certaines SCPI 8,27 %, pour ceux qui acceptent une part de risque.

En bref

  • En 2025, avec un taux d’épargne autour de 18 %, l’assurance vie pèse déjà 32 % du patrimoine financier des ménages et dépasse l’épargne réglementée.
  • Rendements réels redevenus positifs, encours supérieur à 2 100 milliards et arbitrages massifs depuis le Livret A expliquent le retour en tête de ce placement.
  • Entre remontée durable des fonds en euros, diversification en unités de compte et fermeture à venir de millions de PEL, les atouts de l’assurance vie pour 2026 se précisent.