Froid : ce que risque vraiment votre facture d’énergie si vous éteignez le chauffage la nuit, selon l’Ademe et l’isolation du logement

Par Paul Graph - Publié le

Entre factures qui augmentent et nuits glaciales, beaucoup hésitent entre couper ou seulement baisser le chauffage. Selon l’isolation et le type d’appareil, le bon choix ne sera pas le même pour votre budget.

Froid : ce que risque vraiment votre facture d’énergie si vous éteignez le chauffage la nuit, selon l’Ademe et l’isolation du logement

Avec le retour du froid, beaucoup de foyers scrutent le moindre degré sur leur thermostat. Face à des factures d’électricité et de gaz qui grimpent, l’idée d’éteindre le chauffage la nuit séduit : huit heures de moins à chauffer, cela ressemble à une économie facile.

Dans les faits, le sujet touche tout le monde : en 2022, la facture d’énergie moyenne d’un ménage français a atteint 1 744 €, et selon le baromètre du Médiateur national de l’énergie, près de sept foyers sur dix ont vu leur facture d’électricité augmenter en 2024, tandis que 66 % paient plus cher leur gaz naturel. Au point que 85 % des Français se disent inquiets, et que l’hiver dernier, un Français sur trois a eu froid chez lui. Reste à savoir si tourner le bouton sur « off » pendant la nuit est vraiment la bonne stratégie pour alléger la facture.

Baisser le chauffage la nuit : ce que conseille l’Ademe pour économiser

L’Agence de la transition écologique, l’Ademe, fixe un repère simple : chauffer son logement à 19 °C la journée, puis descendre la température à 16 à 17 °C la nuit, y compris dans les chambres. Pendant le sommeil, le métabolisme ralentit, le corps se refroidit naturellement et une pièce un peu plus fraîche favorise un repos de meilleure qualité tout en évitant d’assécher l’air et les voies respiratoires.

Sur le plan énergétique, cette baisse nocturne n’est pas anodine. Selon l’Ademe, diminuer la température de consigne d’1 °C permet d’économiser environ 7 % d’énergie. Passer de 19 °C à 17 °C pendant plusieurs heures chaque nuit peut donc, sur toute une saison de chauffe, faire une différence visible sur la facture d’énergie. Reste la question qui fâche : faut‑il se contenter de baisser quelques degrés ou couper complètement le chauffage pendant la nuit.

Éteindre le chauffage la nuit : une bonne idée seulement dans certains logements

La réponse dépend d’abord de l’isolation. Dans un logement très bien isolé, avec une forte inertie thermique et un diagnostic de performance énergétique DPE A, la chaleur accumulée en journée reste piégée dans les murs. Dans ce cas, couper totalement les radiateurs la nuit ne provoque qu’une baisse limitée de la température intérieure, et le redémarrage le matin consomme moins que le maintien d’une température constante. Problème : ces logements restent minoritaires, puisqu’ils représentent environ 3,3 % du parc français.

Pour la grande majorité des habitations, où la chaleur fuit par le toit, les murs ou les fenêtres, la logique s’inverse. Dans un logement mal isolé, arrêter la chaudière pendant plusieurs heures laisse la température chuter, et il faut ensuite faire tourner très fort le système pour retrouver un confort acceptable, avec parfois une sensation de froid au réveil. Les chaudières à forte inertie, comme une chaudière au gaz ou une chaudière au fioul alimentant des radiateurs en fonte ou un plancher chauffant, consomment justement beaucoup au démarrage : mieux vaut donc ne pas les couper totalement, mais abaisser modérément la consigne. À l’inverse, des radiateurs électriques ou des convecteurs affichent une faible inertie ; ces apariels peuvent remonter vite en température le matin, surtout dans un logement correctement isolé, ce qui rend une réduction nocturne marquée, voire une coupure, intéressante pour le porte‑monnaie.

En bref

  • Avec une facture moyenne de 1 744 € en 2022 et des prix de l’énergie en forte hausse, l’Ademe recommande 19 °C le jour et 16–17 °C la nuit pour limiter la consommation.
  • Éteindre le chauffage la nuit n’est réellement rentable que dans les logements très bien isolés (DPE A) alors que, dans une passoire thermique, mieux vaut abaisser légèrement la température.
  • Entre chaudière gaz ou fioul à forte inertie et radiateurs électriques à montée rapide, quelques réglages ciblés suffisent à réduire la facture sans transformer la chambre en congélateur.