Sécheresse : ce nouveau zonage RGA 2026 bascule 12 millions de maisons en zone à risque et change tout pour les propriétaires dès le 1er juillet 2026

Par Paul Graph - Publié le

À partir du 1er juillet 2026, plus de 12 millions de propriétaires verront leur maison officiellement classée en zone à risque sécheresse. Que change vraiment la nouvelle carte RGA 2026 pour vos projets de construction, de vente ou de rénovation ?

Sécheresse : ce nouveau zonage RGA 2026 bascule 12 millions de maisons en zone à risque et change tout pour les propriétaires dès le 1er juillet 2026

Habiter une maison individuelle fait rêver, mais ce rêve vient de se charger d’un nouveau risque bien concret pour des millions de ménages. Longtemps cantonné à quelques secteurs, un phénomène silencieux lié aux sécheresses gagne désormais plus d’une commune sur deux et s’invite dans les textes réglementaires qui encadrent la construction.

Derrière cette montée en puissance, l’État a revu sa cartographie officielle du retrait-gonflement des argiles (RGA), ces mouvements de sols qui fissurent les habitations. Résultat : plus de 12,1 millions de maisons individuelles sont désormais classées en zone d’exposition moyenne ou forte, avec à la clé de nouvelles règles pour construire et vendre à partir de 2026. Et ce changement ne sera pas sans effets pour les propriétaires.

Retrait-gonflement des argiles : pourquoi 12,1 millions de maisons basculent en zone à risque

Le RGA survient lorsque des sols argileux se rétractent en période de sécheresse puis se gonflent lors des réhydratations, ce qui provoque des mouvements différentiels capables de fissurer les murs et d’affaiblir les fondations. Selon les nouvelles données du ministère de la Transition écologique, 55 % du territoire métropolitain hors Paris seront classés en exposition moyenne ou forte sur la carte RGA 2026, contre 48 % avec la précédente version publiée en 2020. Au total, cela représente 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc, potentiellement exposées.

Cette révision tient compte de la « forte sinistralité de ces dernières années », selon le ministère de la Transition écologique cité par Droit-Finances. Entre 2018 et 2022, environ 240.000 sinistres liés au RGA ont été enregistrés, soit 58 % de l’ensemble des dégâts de ce type depuis 1989. En 2022, année de sécheresse exceptionnelle, le coût des sinistres assurés a dépassé 3,5 milliards d’euros et, sur la période 2020-2050, France Assureurs anticipe jusqu’à 43 milliards d’euros de dommages liés à la sécheresse, contre 14,3 milliards lors des trente années précédentes. Le RGA représenterait désormais près de 70 % du coût annuel du régime des catastrophes naturelles (CatNat), avec jusqu’à sept sinistres climatiques indemnisés sur dix, et des régions comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est ou le Centre-Val de Loire voient particulièrement leurs zones à risque s’étendre.

Carte RGA 2026 : quelles nouvelles règles pour les propriétaires au 1er juillet 2026 ?

Pour tenir compte de cette évolution, un arrêté du 9 janvier 2026, publié au Journal officiel le 31 janvier, vient mettre à jour la carte nationale d’exposition au RGA issue de 2020. À partir du 1er juillet 2026, ce nouveau zonage s’appliquera pleinement. Dans les communes classées en exposition moyenne ou forte, les obligations prévues par la loi Elan pour les constructions neuves vont s’étendre à un nombre bien plus important de projets : étude de sol préalable lors de la vente d’un terrain non bâti constructible, puis étude de sol géotechnique détaillée pour concevoir la maison, fondations adaptées, chaînages renforcés, gestion des eaux autour du bâti. Ces prescriptions deviennent tout simplement obligatoir pour les promesses et actes de vente de terrains à bâtir ainsi que pour les contrats de construction ou de maîtrise d’œuvre de maisons individuelles signés après l’entrée en vigueur du nouveau zonage.

Pour les maisons existantes, aucun texte ne force les propriétaires à engager immédiatement des travaux, mais le classement en zone à risque change la donne en matière de prévention et d’indemnisation. Une simple fissure peut être le signe d’un mouvement de terrain amené à s’intensifier avec le climat, et le poids croissant du RGA dans le régime CatNat a déjà conduit à la hausse du taux de cotisation au 1er janvier 2025. Dans un contexte où plus d’une maison sur deux en France est désormais potentiellement concernée, les pouvoirs publics encouragent la surveillance des fissures, une meilleure gestion des eaux pluviales autour des habitations et la consultation de la carte interactive Géorisques pour connaître précisément le niveau d’exposition de chaque parcelle, alors que cette nouvelle cartographie commence à peine à se traduire dans la vie des propriétaires.

En bref

  • À partir du 1er juillet 2026, la nouvelle carte RGA classe 55 % du territoire français et 12,1 millions de maisons individuelles en exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles.
  • Cet arrêté du 9 janvier 2026 étend les obligations de la loi Elan aux terrains constructibles et projets de maisons neuves, imposant études de sol géotechniques et fondations adaptées dans les zones à risque.
  • Pour les propriétaires, l’enjeu porte sur la prévention des fissures, l’information lors des ventes et l’impact grandissant du RGA sur l’indemnisation CatNat et le coût de l’assurance habitation.