Logements vacants à Paris : la surtaxe est votée, voici le nouveau montant que vous allez payer au fisc dès janvier 2027
À partir du 1er janvier 2027, posséder un logement vide à Paris pourra coûter bien plus cher aux propriétaires. La surtaxe votée par le Conseil de Paris vise près de 9 % du parc immobilier et promet de raviver le débat sur le « matraquage fiscal ».

À Paris, près d’un logement sur dix reste vide alors que la recherche d’un appartement tourne souvent au parcours du combattant. Pour tenter de libérer une partie de ce parc, le Conseil de Paris a validé en juillet une nouvelle surtaxe sur les biens inoccupés, qui va fortement alourdir la facture pour certains propriétaires.
Cette décision s’appuie sur une disposition de la loi de finances pour 2026 et vise directement la taxe sur les logements vacants existante depuis 1999. La capitale compte 150 000 logements vacants, soit 9 % de la totalité de ses logements, selon la Ville de Paris, qui met en avant un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande. L’objectif affiché est clair : remettre environ 20 000 logements sur le marché, à la location ou à la vente, dès les prochaines années. Pour beaucoup de propriétaires, une question s’impose : combien cela va-t-il vraiment coûter ?
Ce que change le doublement de la taxe sur les logements vacants à Paris
La nouvelle mesure a été voté au Conseil de Paris les 16 et 17 juillet 2026 et consiste pour la Ville à porter la taxe sur les logements vacants au niveau maximal autorisé par la loi. La loi de finances pour 2026 permet en effet, à compter du 1er janvier 2027, de faire passer les taux de 17 % de la valeur locative cadastrale au bout d’un an de vacance et 34 % au bout de deux ans, à 30 % la première année et 60 % à partir de la deuxième année. Paris a choisi d’activer cette option et d’appliquer ces taux aux logements considérés comme vacants dans les zones tendues. Cette taxe locale remplace celle en vigueur depuis 1999, dont le produit était reversé à l’Etat ; désormais, les recettes seront directement versées aux communes et intercommunalités qui la mettent en place.
| Durée de vacance | Taux avant 2027 | Taux à Paris à partir de 2027 |
|---|---|---|
| Après 1 an | 17 % | 30 % |
| Après 2 ans ou plus | 34 % | 60 % |
Sur ces 150 000 logements vacants, « environ 80 000 sont en vacance structurelle » et donc soumis à la taxe, estime Jacques Baudrier, adjoint (PCF) au logement auprès du maire (PS) Emmanuel Grégoire. L’élu communiste espère ainsi remettre environ 20 000 logements sur le marché, à la location ou à la vente. La Ville s’appuie aussi sur les données de l’INSEE, qui recense 139 075 logements vacants hors résidences secondaires, soit environ 10 % du parc parisien. Concrètement, la mairie illustre l’impact de la surtaxe avec le cas d’un appartement de 30 m2 vide dans le 17e arrondissement : son propriétaire devait s’acquitter d’environ 790 euros avant la réforme, il paiera 1 400 euros à partir de janvier 2027, puis 2 800 euros à partir de 2028 si le bien reste inoccupé.
Objectifs affichés, exonérations possibles et accusation de matraquage fiscal
Pour la majorité municipale, cette surtaxe est avant tout un levier pour libérer des logements dans une capitale où le nombre de résidences principales recule. « Une victoire historique après dix ans de bataille », s’est félicité Jacques Baudrier à l’issue du vote, cité par La Tribune. Selon lui, le rehaussement de la taxe doit aussi « décourager certains propriétaires de faire de l’optimisation fiscale en déclarant leur résidence secondaire en logement vacant » et permettre « d’arrêter la baisse du nombre de résidences principales à Paris et donc enrayer la baisse de la population ». La Ville souligne par ailleurs que cette taxe s’applique aux biens vides depuis au moins un an, calculée sur la valeur locative cadastrale du logement, sans abattement.
Du côté de l’opposition de droite, la mesure « ne servira à rien », a jugé Grégory Canal, coprésident du groupe Paris Liberté avec Rachida Dati. « Vous mettez la taxe au plafond alors que la moyenne de la loi est de 17 %. Ça n’est pas de l’incitation, c’est du matraquage fiscal », a encore vilipendé l’élu Les Républicains, dont le groupe dénonce régulièrement l’augmentation de 52 % de la taxe foncière sous la mandature d’Anne Hidalgo. La Ville de Paris met en avant l’existence d’exonérations lorsque la vacance n’est pas du fait du propriétaire, par exemple en cas de succession ou de procédure judiciaire en cours, de travaux lourds nécessaires pour rendre le logement habitable, ou encore si le bien est mis en vente ou en location au prix du marché sans trouver preneur. Dans ces situations, les propriétaires sont invités à déclarer leur situation via le service en ligne « Gérer mes biens immobiliers » sur le portail des impôts.
En bref
- Mi-juillet 2026, le Conseil de Paris a voté, dans le cadre de la loi de finances 2026, le relèvement au plafond de la taxe sur les logements vacants.
- À compter du 1er janvier 2027, les logements vides depuis au moins un an seront taxés à 30 %, puis 60 % après deux ans, avec des hausses pouvant aller de 790 à 2 800 € pour un 30 m².
- Entre objectif affiché de remettre 20 000 logements sur le marché, exonérations ciblées et accusations de « matraquage fiscal », les propriétaires parisiens s’interrogent sur l’impact réel de la réforme.









