Retraite : nés entre 1964 et 1968, ce gel de la réforme peut vous faire partir jusqu’à 3 mois plus tôt (si vous déposez dès avril 2026)
La réforme des retraites est gelée entre septembre 2026 et fin 2027, bloquant l’âge légal à 62 ans et 9 mois pour certains actifs. Êtes‑vous parmi les générations qui gagnent quelques mois de retraite et comment adapter votre départ ?

Pendant des mois, la réforme des retraites de 2023 a repoussé l’horizon du départ, trimestre après trimestre. Prévue pour porter progressivement l’âge légal de 62 à 64 ans, elle touchait de plein fouet les générations nées au milieu des années 1960. Avec la loi de financement de la Sécurité sociale ratifiée en décembre 2025, ce mouvement est désormais stoppé net par une suspension de la réforme des retraites qui rebatt les cartes pour une partie des actifs.
Concrètement, pour les retraites prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 31 décembre 2027, l’âge légal cesse de reculer et la durée d’assurance exigée est gelée. Selon la Cnav, jusqu’à 2,2 millions de personnes pourraient bénéficier de ce gel de l’âge, en particulier les générations 1964-1968. Reste à voir si votre année de naissance fait partie de celles qui gagnent réellement des mois de retraite.
Suspension de la réforme des retraites : âge légal et trimestres, génération par génération
La réforme de 2023 prévoyait de relever l’âge légal de départ à la retraite de 3 mois par année de naissance, afin d’atteindre 64 ans pour les personnes nées en 1968. Avec la suspension, l’âge légal cesse de reculer et ne dépassera pas 62 ans et 9 mois pour les départs effectués jusqu’au 31 décembre 2027. Les premiers concernés sont les assurés nés entre le 1er janvier 1964 et le 31 mars 1965 : pour eux, l’âge légal reste bloqué à 62 ans et 9 mois, avec seulement 170 trimestres requis pour une retraite à taux plein. Sans cette pause, ils auraient dû atteindre 63 ans, voire 63 ans et 3 mois, avec un ou deux trimestres supplémentaires à valider. Bon à savoir : la retraite commence le 1er du mois qui suit celui où vous atteignez l’âge légal.
L’exemple d’Anne, née le 10 janvier 1964, illustre bien l’effet de la mesure : elle devait partir à 63 ans, le 1er février 2027 ; elle pourra finalement liquider à 62 ans et 9 mois, dès le 1er novembre 2026. Même gain pour Sophie, née le 15 janvier 1965, qui passe d’un départ prévu le 1er mai 2028, à 63 ans et 3 mois, à un âge légal fixé à 62 ans et 9 mois, soit un départ possible dès le 1er novembre 2027. Pour les assurés nés entre le 1er avril 1965 et 1968, l’âge légal reste relevé, de 63 ans à 63 ans et 9 mois, avec 171 ou 172 trimestres exigés, mais ils échappent à un nouveau report de trois mois qui était prévu par la réforme de 2023. À partir de 1969, rien ne bouge : l’âge légal reste fixé à 64 ans pour 172 trimestres, et reste à savoir ce qui sera décidé après la présidentielle de 2027.
Carrière longue, fonction publique, dossier Cnav : ce qui change concrètement pour vous
La carrière longue profite aussi de la suspension, surtout pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Pour les personnes nées entre le 1er janvier 1964 et le 31 mars 1965, l’âge de départ anticipé est gelé à 60 ans et 3 mois, là encore avec 170 trimestres cotisés pour le taux plein ; il passe ensuite à 60 ans et 6 mois pour le reste de 1965, puis jusqu’à 61 ans et 3 mois pour la génération 1968, avec 171 ou 172 trimestres. Attention, ces nouvelles règles ne s’appliquent qu’à compter du 1er septembre 2026 : avant cette date, les conditions issues de la réforme de 2023 continuent de s’appliquer aux carrières longues. Nadia, née le 20 décembre 1965, devrait ainsi pouvoir partir à 60 ans et 6 mois ; son départ théorique au 1er juillet 2026 n’est pas possible, elle doit attendre le 1er septembre pour bénéficier du gel.
Côté fonction publique, les agents dits « sédentaires » suivent le même calendrier que les salariés du privé, tandis que les catégories « actives » et « superactives » bénéficient aussi du blocage : par exemple, Paul, égoutier né en juin 1974, pourra partir à 52 ans et 9 mois au lieu de 53 ans. Sur le terrain administratif, l’année 2026 s’annonce chargée : la Cnav anticipe un afflux massif de dossiers, avec une première vague de 64 000 demandes attendue dès avril et jusqu’à 2,2 millions de personnes potentiellement éligibles au gel de l’âge légal. Pour un départ au 1er octobre 2026, il est recommandé de déposer son dossier dès le 1er avril 2026, soit six mois avant, le temps que l’Assurance retraite traite complètement votre demande et sécurise le versement de votre première pension ; les simulateurs en ligne doivent être actualisés au printemps 2026, mais un contrôle manuel de votre relevé reste prudent. Si vous êtes interressé par un départ à l’automne 2026, vérifiez dès maintenant votre relevé dans votre espace personnel sur info-retraite.fr, scannez vos justificatifs, puis suivez l’avancement de votre demande en ligne, en gardant en tête qu’un trimestre de moins cotisé peut réduire votre pension de 15 à 20 € par mois, comme Patrice qui voit baisser sa retraite en partant un trimestre plus tôt.
Sources
En bref
- Adoptée fin 2025, la suspension de la réforme des retraites s’applique aux départs effectifs entre le 1er septembre 2026 et le 31 décembre 2027.
- Les générations 1964‑1968 voient leur âge légal et le nombre de trimestres requis gelés ou allégés, avec des gains de 3 à 6 mois voire en carrière longue.
- Préparer tôt son dossier, vérifier ses trimestres et tenir compte d’un possible retour de la réforme après 2028 devient crucial pour sécuriser son départ.





