Épargne : comment 71 % des ménages français serrent encore leur budget pour des projets bien différents, selon l’Insee 2025-2026
Entre mars 2025 et février 2026, l’Insee montre que près d’un ménage français sur deux continue d’épargner et que 71 % limitent leurs dépenses. Mais vers quels projets, et au prix de quels renoncements, cette nouvelle épargne se dirige‑t‑elle ?

Les Français continuent de mettre de l’argent de côté, mois après mois. Loin de se ruer uniquement sur la consommation, près d’un ménage sur deux déclare encore épargner, selon une récente enquête de l’Insee sur le comportement des ménages français entre mars 2025 et février 2026. Ce réflexe reste bien ancré, même si le contexte économique a évolué et que les arbitrages du quotidien se multiplient.
En février, environ 45 % des personnes interrogées affirment mettre de l’argent de côté, soit un niveau proche de celui observé un an plus tôt. L’épargne de précaution reste au premier plan, tout comme l’idée de préparer sa retraite ou un tournant professionnel. Sauf que d’autres projets, du logement aux achats importants, se déplacent progressivement dans l’esprit des ménages. Et c’est là que le paysage commence à bouger.
Une épargne des Français toujours élevée, portée par la précaution et de nouveaux projets
D’après l’étude, cette proportion d’épargnants est quasi identique à celle d’il y a un an. Un épargnant sur deux le fait par précaution, pour garder une marge de sécurité en cas de coup dur. L’Insee relève aussi que 12 % des personnes interrogées mettent de l’argent de côté « pour se constituer un capital-retraite ou en prévision d’un changement professionnel », a précisé l’institut dans son enquête citée par Moneyvox. Là encore, ces parts restent proches des niveaux observés précédemment.
Sur une période plus longue, l’institut remarque que « la part des ménages épargnants a augmenté quel que soit le niveau de vie, mais plus fortement chez les plus aisés ». Cette tendance se dessine sur les sept dernières années. Et, depuis mars 2025, la destination de cette épargne s’affine. Ils sont désormais 12 % à mettre de l’argent de côté pour devenir propriétaires, soit 3 points de plus entre mars 2025 et janvier 2026. En parallèle, la part de ceux qui épargnent pour d’autres achats importants recule de 10 % à 7 % sur la même période.
Dépenses sous contrôle : 71 % des ménages se restreignent, pour tenir ou pour épargner
Côté consommation, le constat est lui aussi marqué par la continuité. Comme en mars 2025, près de 71 % des ménages déclarent limiter leurs dépenses. Ils le font « principalement en raison de contraintes financières (motif cité par 36% d’entre eux). 19% des ménages se limitent pour épargner. En particulier, parmi les jeunes qui restreignent leur consommation », écrit l’Insee. Chez ces jeunes, la part de ceux qui évoquent l’objectif d’épargne a progressé de 13 points en dix mois, en lien avec l’attrait renforcé pour l’immobilier.
Autre enseignement, l’argument écologique pèse moins dans ces arbitrages du quotidien. Pour de nombreux ménages, l’environnement n’est plus un critère suffisant pour limiter sa consommation : la part de ceux qui avancent ce motif passe de 13 % à 9 %. Chez les plus aisés, ce recul atteint 11 points, signe que la priorité se déplace vers la protection du patrimoine et les projets personnels. Quand on leur demande ce qu’ils feraient en cas d’augmentation de revenus, 48 % des sondés citent en premier l’épargne, devant la consommation, le remboursement anticipé de prêt (17 %) et le don. Les ménages les plus fortunés sont 53 % à privilégier l’épargne, tandis que 24 % des plus modestes utiliseraient d’abord ce surplus pour leurs dépenses, illustrant des façons d’arbitrer bien différentes, notemment selon le niveau de vie.
En bref
- Entre mars 2025 et février 2026, une enquête de l’Insee montre que 45 % des ménages français épargnent encore et que 71 % restreignent leurs dépenses.
- L’épargne de précaution domine, tandis que les projets immobiliers progressent à 12 %, que les achats importants et la motivation écologique reculent, surtout chez les plus aisés.
- Face à une hausse hypothétique de revenus, près d’un Français sur deux choisirait d’abord d’épargner, révélant des fractures nettes entre ménages modestes et aisés et un rapport renouvelé à la consommation.





