Plutôt qu’un Livret A pour enfant, ces parents empruntent 20 000 € en SCPI : la stratégie méconnue pour transmettre un gros capital en 20 ans
Face à un Livret A pour enfant limité à 1,5 %, certains parents osent un crédit de 20 000 € en SCPI sur 20 ans. Cette stratégie méconnue peut-elle vraiment bâtir un capital transmissible solide pour leur enfant ?

Quand un enfant naît, la première idée est souvent d’ouvrir un Livret A ou un livret pour enfant, histoire de mettre un peu d’argent de côté pour plus tard. Avec un taux du Livret A fixé à 1,5 % depuis le 1er février 2026 et un plafond de 22 950 euros, cette solution rassure par sa simplicité et sa liquidité, mais elle reste centrée sur l’épargne de précaution plutôt que sur la construction d’un vrai patrimoine.
Pour des parents qui regardent à 15 ou 20 ans, certains conseillers en gestion de patrimoine défendent désormais une approche beaucoup plus patrimoniale : utiliser un crédit d’environ 20 000 euros sur 20 ans pour acheter des parts de SCPI au nom du parent, en vue de les transmettre ensuite à l’enfant. « Pour un proche souhaitant assurer l’avenir de ses enfants sur 18 à 20 ans, il s’agit clairement d’un horizon de très long terme », explique Florian Dussoulier, conseiller en gestion de patrimoine indépendant et fondateur de Portée, dans les colonnes de Capital. Une stratégie qui bouscule les réflexes d’épargne des familles.
Livret A enfant ou SCPI : deux logiques d’épargne sur 20 ans
Sur un horizon de 15 à 20 ans, beaucoup de professionnels jugent le Livret A insuffisant pour transmettre un capital vraiment significatif à un enfant. « Le Livret A répond à un besoin de sécurité immédiate, pas à un objectif de constitution de capital important. », ajoute-t-il. Concrètement, placer 100 euros par mois sur un Livret A rémunéré à 1,5 % pendant 20 ans aboutit à environ 28 000 euros, hors évolution future du taux, soit un capital qui progresse lentement et reste directement lié à l’effort d’épargne du parent.
Face à cette mécanique d’accumulation progressive, la piste de la SCPI à crédit pour enfant repose sur l’effet de levier. L’idée est d’emprunter environ 20 000 euros sur 20 ans pour acquérir immédiatement des parts de Sociétés Civiles de Placement Immobilier investies dans des bureaux, commerces, actifs de santé ou de logistique. Selon l’ASPIM, les SCPI ont affiché un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025, même si la performance globale moyenne a été ramenée à 1,46 % en raison de la baisse du prix de certaines parts.
SCPI à crédit pour enfant : effet de levier et revenus dans le temps
Pour Florian Dussoulier, malgré la remontée des taux, le couple crédit plus SCPI reste interressant sur le long terme. « Avec un TRI net, même avec des taux d’intérêt défavorables, on obtient un rendement net de l’ordre de 4 %, ce qui reste plus intéressant qu’un compte d’épargne », souligne-t-il. Pour une mensualité proche de celle d’un livret alimenté à hauteur de 100 euros par mois, soit généralement entre 90 et 130 euros selon les conditions du prêt, l’épargnant mobilise dès le départ 20 000 euros de capital investi.
Avec un taux de distribution moyen proche de 4,91 %, ces parts de SCPI peuvent générer sur 20 ans près de 20 000 euros de revenus bruts, tout en laissant le capital investi toujours en place. En parallèle, l’investisseur accepte la nature de ce placement : « Il existe un risque de liquidité et un risque de perte en valeur des parts, mais l’objectif est justement d’éviter la revente », rappelle-t-il. Les SCPI se pensent sur un horizon d’au moins 8 à 10 ans, souvent davantage, dans une logique de patrimoine transmissible plutôt que de tirelire à court terme. Dans ce cadre, le conseiller insiste sur la diversification des véhicules et des secteurs : « Mon travail consiste à obtenir les meilleurs prix possibles », explique-t-il, afin de répartir l’investissement entre plusieurs SCPI et de ne pas tout concentrer sur un seul fonds.
SCPI, comment organiser la transmission à son enfant ?
L’un des points forts de ce montage tient à l’assurance emprunteur qui accompagne le crédit. « Le crédit est annulé et l’enfant récupère les parts, qui lui appartiennent de toute façon », résume Florian Dussoulier. En cas de décès de l’emprunteur, le prêt peut être soldé par l’assurance, les parts de SCPI restent alors dans le patrimoine familial sans dette résiduelle, et l’enfant hérite d’un actif susceptible de continuer à distribuer des revenus. Pour un parent avec plusieurs enfants, certains choisissent même de structurer dès le départ plusieurs poches de SCPI distinctes afin d’anticiper plus facilement le partage.
Les solutions de transmission sont multiples, que les parts soient détenues en direct, via une assurance-vie ou au moyen d’un démembrement de propriété. À long terme, l’assurance-vie reste souvent l’enveloppe la plus souple grâce à son cadre fiscal spécifique et à sa clause bénéficiaire personnalisable, les SCPI à crédit venant alors plutôt comme un complément patrimonial. En pratique, un investisseur peut par exemple préparer la transmission de ses parts de différentes manières.
- Détenir les parts en pleine propriété à son nom, puis les transmettre par donation simple, donation-partage ou succession, les héritiers pouvant ensuite conserver les parts et percevoir les revenus potentiels, ou demander une revente selon leurs besoins.
- Loger les SCPI dans un contrat d’assurance-vie en unités de compte, ce qui permet de bénéficier de règles de transmission spécifiques, d’abattements dédiés et d’une grande souplesse dans la désignation des bénéficiaires.
- Organiser un démembrement de propriété en conservant l’usufruit, c’est à dire le droit de percevoir les revenus, et en donnant la nue-propriété à l’enfant, qui récupérera automatiquement la pleine propriété des parts à terme, sans frais supplémentaires et avec une base taxable réduite au moment de la donation.
Dans ce dernier cas, le démembrement peut même être prévu en viager, le parent conservant les revenus potentiels à vie tandis que l’enfant récupère la pleine propriété au décès de l’usufruitier. Entre choix des SCPI, montage de crédit, fiscalité, assurance emprunteur et stratégie successorale, l’appui d’un conseiller en gestion de patrimoine apparaît alors décisif pour que cette stratégie de SCPI à crédit pour enfant garde tout son intérêt sur la durée.
En bref
- Avec un Livret A enfant rémunéré à 1,5 % et plafonné à 22 950 €, certains parents envisagent plutôt un crédit de 20 000 € en SCPI sur 20 ans pour préparer la transmission de patrimoine.
- Grâce à l’effet de levier du crédit, aux revenus potentiels des SCPI et au rôle clé de l’assurance emprunteur, le montage vise un TRI net proche de 4 % et un capital transmissible plus élevé qu’un simple livret.
- Entre détention directe, assurance-vie, démembrement de propriété et arbitrages fiscaux, ce type de SCPI à crédit pour enfant nécessite un vrai accompagnement pour concilier rendement et sécurité familiale.









