Assurance vie : non, tous les contrats ne se valent pas, certains peuvent vous coûter des milliers d’euros de rendement perdu en 2025

Par Paul Graph - Publié le

Alors que l’assurance vie bat des records en 2025, les écarts entre contrats n’ont jamais été aussi forts. Frais, rendement, investissement responsable : votre épargne est-elle vraiment au bon endroit ?

Assurance vie : non, tous les contrats ne se valent pas, certains peuvent vous coûter des milliers d’euros de rendement perdu en 2025

En 2025, l’assurance vie a battu des records : la collecte nette a atteint 50,6 milliards d’euros et l’encours total 2.107 milliards d’euros, d’après France Assureurs. Son directeur général Paul Esmein a résumé la dynamique en expliquant que les dépôts de décembre « sont en droite ligne de ce qu’on observe depuis plus d’un an », cité par 20 Minutes. Avec la baisse du taux du Livret A à 1,5 % au 1er février, beaucoup d’épargnants se tournent vers cette enveloppe pour doper leur épargne.

Beaucoup imaginent pourtant qu’une fois le contrat ouvert, une assurance vie en vaut une autre, que l’on soit dans une grande banque, une mutuelle ou chez un acteur en ligne. Or derrière un même nom de produit se cachent des réalités très différentes, qui peuvent faire gagner – ou perdre – plusieurs milliers d’euros sur la durée. Et c’est là que la question se pose vraiment : toutes les assurances vie se valent-elles, ou pas du tout ?

Assurance vie : un cadre commun, des contrats très différents

Sur le papier, le cadre est le même pour tout le monde : enveloppe fiscale identique, possibilité d’investir sur un fonds en euros au capital garanti et sur des unités de compte plus dynamiques, atouts en matière de transmission. En France, environ 20 millions de personnes détiennent 57 millions de contrats, avec un encours médian autour de 35.000 euros, selon France Assureurs. Pourtant, d’un contrat à l’autre, l’expérience et le résultat pour l’épargnant peuvent peu se ressembler.

La première différence tient à la philosophie de chaque acteur. Certaines mutuelles, comme la MAIF, ont fait le choix d’une épargne orientée à 100 % vers des supports labellisés Finansol, ISR et/ou Greenfin, tout en supprimant les frais sur versement et en ouvrant leur contrat dès 30 euros. À l’opposé, des gammes bancaires grand public comme Millevie de la Caisse d’Épargne affichent plusieurs contrats (Essentielle 2, Premium 2, Infinie 2) au positionnement plus traditionnel, avec des grilles de frais et des choix de supports beaucoup moins homogènes avec ce que proposent les acteurs en ligne.

Frais, rendement, supports : ce qui fait varier la valeur d’une assurance vie

Les frais constituent souvent la première ligne de fracture. Chez Caisse d’Épargne, les contrats Millevie appliquent jusqu’à 3 % de frais d’entrée sur chaque versement, quel que soit le montant. Concrètement, sur 10.000 euros versés, 300 euros partent immédiatement en frais, sans travailler pour l’épargnant. À l’inverse, de nombreux contrats distribués en ligne sont désormais à 0 % sur les versements et très bas sur les frais de gestion des unités de compte, autour de 0,50 % par an d’après plusieurs comparatifs spécialisés. Les frais d’arbitrage peuvent aussi varier : certains contrats les rendent gratuits des deux côtés, d’autres les facturent encore pour certains mouvements.

Le rendement du fonds en euros joue ensuite un rôle majeur. Le taux moyen servi en 2025 devrait tourner autour de 2,65 % brut, selon le cabinet Facts & Figures cité par 20 Minutes. Dans ce contexte, France Assureurs relève que les meilleurs fonds dépassent nettement cette moyenne, quand d’autres restent en retrait. Les contrats Millevie ont par exemple distribué entre 2,05 % et 2,40 % en 2025 selon le produit, donc en dessous de la moyenne du marché. Sur un encours médian de 35.000 euros gardé plusieurs années, l’écart entre un fonds régulièrement sous la moyenne et un autre mieux servi finit par peser lourd sur le capital final.

Comment savoir si votre assurance vie est encore au bon niveau ?

Pour distinguer un contrat vraiment interressant d’un autre, plusieurs points clés permettent de faire un diagnostic rapide. En pratique, les épargnants regardent surtout :

  • l’existence ou non de frais sur versement, et leur niveau si ces frais existent ;
  • les frais de gestion annuels sur le fonds en euros et sur les unités de compte ;
  • le rendement du fonds en euros sur les trois dernières années, comparé à la moyenne du marché autour de 2,65 % en 2025 ;
  • la diversité des supports accessibles (ETF, SCPI, fonds immobiliers, thématiques, etc.) et leur coût ;
  • la place donnée à l’investissement responsable via des fonds labellisés ISR, Greenfin ou Finansol.

Dernier point souvent oublié : le contrat doit rester adapté à vos objectifs et à votre tolérance au risque. Certains épargnants choisissent de conserver un ancien contrat pour son antériorité fiscale, tout en ouvrant une seconde assurance vie plus moderne pour leurs nouveaux versements, parfois avec une orientation 100 % responsable comme chez MAIF. Il reste nécessaire de garder à l’esprit qu’une assurance vie investie en unités de compte comporte un risque de perte en capital, et qu’il est prudent de conserver une épargne de précaution disponible pour les besoins à court ou moyen terme.

En bref

  • En 2025, l’assurance vie attire massivement l’épargne des Français tandis que le Livret A recule, avec un encours médian d’environ 35 000 euros par contrat.
  • Les différences de frais, de rendement du fonds en euros et de qualité des unités de compte montrent que certains contrats grignotent le capital quand d’autres le dynamisent.
  • Une check‑list simple permet d’évaluer son contrat, d’envisager un second support plus moderne et de mieux aligner son épargne avec ses projets et ses valeurs.