Aide à domicile : retraités de 70 à 79 ans, ce changement dès juillet 2026 va faire grimper votre facture d’environ 15 %
À partir de 2026, des centaines de milliers de retraités employant une aide à domicile vont voir leur facture grimper d’environ 15 %. Qui, parmi les 70‑79 ans, sera réellement visé et quelles marges de manœuvre restent possibles ?

Employer quelqu’un pour le ménage, les courses ou le jardinage fait partie du quotidien de nombreux retraités, et jusqu’ici la facture restait allégée grâce à une exonération de cotisations patronales. Un décret publié au Journal officiel vient pourtant bouleverser ce coup de pouce fiscal pour une tranche d’âge bien précise. Pour les retraités de 70 à 79 ans, la note va grimper d’environ +15 % sur l’emploi d’une aide à domicile déclarée.
Jusqu’à présent, toute personne de 70 ans ou plus qui embauchait quelqu’un chez elle bénéficiait automatiquement d’une exonération de cotisations patronales, sans condition de ressources ni de dépendance. Selon la Fédération des particuliers employeurs, 348 000 employeurs profitaient de ce dispositif, pour un coût estimé à 100 millions d’euros par an pour l’État. Le gouvernement a décidé de relever l’âge d’accès, ce qui va mécaniquement augmenter le reste à charge des seniors concernés.
Exonération aide à domicile : ce qui change pour les 70 à 79 ans
Le décret pris le 8 avril 2026 repousse de 70 à 80 ans l’âge ouvrant droit à l’exonération automatique de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile, qu’il s’agisse de ménage, de courses ou d’accompagnement. « Mauvaise nouvelle pour les nombreux seniors profitant de cet avantage: il ne sera plus possible d’en bénéficier si l’on est âgé de 70 à 79 ans », prévient RMC-BFMTV. L’exécutif assume un recentrage de cette aide jugée trop large, car fondée uniquement sur l’âge, sans tenir compte ni du niveau de revenu ni de la perte d’autonomie.
Pour les 80 ans et plus, rien ne change, l’exonération liée à l’âge demeure. Pour les 70-79 ans, la réforme s’applique aux cotisations dues depuis le 1er janvier 2026, avec effet rétroactif sur les heures déjà déclarées. Le site de l’Urssaf résume la bascule : « Si vous avez moins de 80 ans, vous ne bénéficierez plus de cette exonération à compter de la période déclarative de juillet 2026 », précise l’organisme. L’exonération restera donc visible sur les déclarations jusqu’au mois de juin inclus, puis disparaîtra, même si le crédit d’impôt de 50 % pour l’emploi d’un salarié à domicile est maintenu.
Combien et à partir de quand les retraités paieront-ils 15 % de plus ?
« Ce sont 348 000 employeurs qui sont impactés, selon les calculs de Julie L’Hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem). Dans notre secteur, le salaire horaire net moyen est de 14 euros. Jusqu’au 10 avril, pour ces 14 euros net, une fois appliquée l’exonération de cotisation patronale et le crédit d’impôts de 50%, les plus de 70 ans ne payaient que 10,62 euros. Désormais, il faut débourser 12,21 euros jusqu’à 80 ans. Soit une hausse de 15%. », détaille Julie L’Hotel Delhoume. Le surcoût atteint donc 1,59 euro de plus par heure après crédit d’impôt. Pour un retraité qui emploie une aide 10 heures par semaine, la Fepem chiffre l’augmentation de la facture entre 100 et 130 euros par mois, et RMC-BFMTV évoque 20 à 40 euros supplémentaires chaque mois pour 20 heures d’aide.
Des exonérations restent toutefois possibles entre 70 et 79 ans à condition d’entrer dans certains cas précis. Un particulier employeur peut encore être exonéré en tout ou partie des cotisations s’il perçoit l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), la prestation de compensation du handicap (PCH) ou une autre prestation liée au handicap, s’il touche une pension d’invalidité, s’il détient une carte mobilité inclusion mention invalidité à 80 % ou s’il a besoin, à partir de 62 ans, d’une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie. Dans un couple, l’exonération peut aussi être retrouvée dès qu’un des conjoints atteint 80 ans, en en adresssant la preuve à l’Urssaf. Fepem et Fesp redoutent que la hausse pousse certains retraités à réduire les heures déclarées ou à recourir au travail non déclaré.
En bref
- Depuis le 1er janvier 2026, un décret relève de 70 à 80 ans l’âge ouvrant droit à l’exonération de cotisations patronales pour l’aide à domicile.
- Les retraités de 70 à 79 ans non reconnus dépendants verront leur reste à charge augmenter d’environ 15 %, soit jusqu’à 100 à 130 euros de plus par mois.
- Entre dispositifs comme l’APA, cas des couples et démarches auprès de l’Urssaf, plusieurs leviers existent encore pour limiter l’impact de cette hausse.









