Retraite : elle découvre avoir travaillé 4 ans pour rien, cette erreur de cotisations de votre employeur à vérifier

Par Paul Graph - Publié le

À l’heure de liquider sa retraite, Christel réalise qu’un trou de quatre ans s’est glissé sur son relevé de carrière. Comment un employeur peut-il cesser de cotiser sans que personne ne s’en rende compte ?

Retraite : elle découvre avoir travaillé 4 ans pour rien, cette erreur de cotisations de votre employeur à vérifier

À quelques semaines de son départ en retraite, une sexagénaire lyonnaise découvre que plusieurs années de travail ont disparu de son relevé de carrière. « J’ai travaillé quatre ans pour rien », résume‑t‑elle, sidérée. De quoi faire frémir tous ceux qui se demandent si leur employeur n’a pas cotisé pour ma retraite.

Cette salariée a travaillé dans le bureau lyonnais de l’Assurance générale de prévoyance des cadres, AGPC, un organisme spécialisé dans la gestion des retraites complémentaires. Elle y a été employée du 1er avril 1985 au 31 décembre 1988, période aujourd’hui absente de son relevé, selon le quotidien régional Le Progrès. Sur ses bulletins de salaire de l’époque, la ligne de cotisation complémentaire manquait déjà, mais sa hiérarchie l’aurait rassurée. Les entreprises sont pourtant tenues de verser des cotisations pour la retraite de leurs employés depuis 1976, rappelle le journal. Des décennies plus tard, la période est vide, et la question brûle : peut‑on encore réparer un tel trou ?

Quand l’employeur ne cotise pas pour la retraite : le choc à la liquidation

Dans son relevé, cette période apparaît comme si elle n’avait jamais travaillé : aucun droit n’est enregistré. Le principe est simple : sans cotisations déclarées, il n’y a en pratique ni trimestres ni points de retraite pour la période concernée. Le délai de prescription pour que les régimes complémentaires récupèrent des cotisations impayées est de cinq ans, d’après une circulaire réglementaire de l’Agirc‑Arrco. Passé ce délai, la caisse ne peut plus réclamer les sommes à l’entreprise, et le salarié se retrouve en première ligne.

Années manquantes de retraite et employeur défaillant : ce que dit le droit

L’Agirc‑Arrco prévoit pourtant des rattrapages dans un cas précis : quand l’emploi est bien reconnu par la retraite de base, que la part salariale a été prélevée sur le salaire et que le salarié produit tous ses bulletins de paie, la période peut être validée même si l’employeur n’a pas versé la totalité des cotisations, selon sa réglementation. Pour la Lyonnaise, l’absence même de ligne de cotisation sur ses fiches de paie rend ce scénario presque impossible.

Sur le terrain judiciaire, la Cour de cassation a décidé en 2024 que le délai pour demander des dommages‑intérêts à son employeur pour défaut de cotisations commence au moment où la retraite est liquidée, quand le manque à gagner devient certain. En 2026, la haute juridiction a fixé à deux ans la durée de cette prescription. Un salarié qui découvre un trou de carrière peut donc encore saisir le conseil de prud’hommes dans ce laps de temps, avec l’appui d’un avocat ou d’une association.

Comment éviter de découvrir des années sans cotisations à la veille de la retraite

Pour ne pas revivre ce scénario, le portail officiel Service‑public, via l’Assurance retraite, conseille de consulter son relevé de carrière en ligne dès 55 ans et de signaler toute anomalie grâce au service « Corriger ma carrière ». Garder ses bulletins de paie est décisif pour prouver un emploi. En cas de trou confirmé, il faut échanger avec les caisses sur les options de régularisation ou de rachat, et, si besoin, demander l’aide d’un spécialiste du droit social.

En bref

  • En 2026, Christel, salariée lyonnaise, prépare sa retraite et constate que son employeur AGPC n’a jamais cotisé pour quatre années de travail.
  • Entre points Agirc‑Arrco manquants, prescription des cotisations et action prud’homale possible, les règles encadrant un employeur défaillant restent complexes à démêler.
  • Contrôle régulier du relevé de carrière, conservation des bulletins et accompagnement spécialisé dessinent pourtant un chemin pour limiter les dégâts d’un trou de cotisations.