Action SpaceX : passée de 225$ à 125$ en un mois, l'IPO d'Elon Musk tourne au cauchemar boursier
Un mois après une IPO record au Nasdaq, l’action SpaceX SPCX repasse sous son prix d’introduction et affole les investisseurs. De Starship aux vendeurs à découvert, plusieurs signaux techniques et financiers alimentent cette correction spectaculaire.

Explosion boursière, puis douche froide : en l’espace de quelques semaines, l’action SpaceX est passée du statut de star absolue de Wall Street à celui de valeur chahutée. Introduite mi‑juin au Nasdaq dans une opération présentée comme historique, la société d’Elon Musk a attiré des milliards de dollars et cristallisé toutes les attentes autour du spatial, de Starlink et de l’intelligence artificielle.
Un mois plus tard, le titre SPCX a effacé l’intégralité de son envolée post‑IPO : après un pic à 225,64 dollars le 16 juin 2026, il est retombé sous son prix d’introduction de 135 dollars, autour de 125 dollars la mi‑juillet, soit un plongeon d’environ 45 % depuis le sommet. Entre test raté de la fusée Starship, hedge funds à la manœuvre et inquiétudes sur la valorisation, la mécanique de cette chute éclair raconte une autre histoire, que les investisseurs scrutent désormais dans le détail.
Action SpaceX : de l’IPO record à la chute du titre en un mois
Le 12 juin 2026, SpaceX fait son entrée en Bourse sur le Nasdaq sous le ticker SPCX, avec un prix d’introduction fixé à 135 dollars par action. L’opération permet de lever environ 85,7 milliards de dollars, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de milliards d’euros, pour une valorisation visée autour de 1 750 milliards de dollars, un niveau inédit pour une entreprise du secteur aérospatial et de l’IA. Porté par l’engouement des particuliers et des institutionnels, le titre s’envole dans les premiers jours jusqu’à 225,64 dollars le 16 juin.
La suite est beaucoup moins linéaire. Dès la fin juin, l’action entame une série de replis, avant d’enchaîner cinq séances de baisse consécutives et de clôturer à 131,11 dollars le 16 juillet, en dessous de son prix d’IPO. Le déclancheur le plus visible survient ce jour‑là : l’abandon, quelques secondes avant le décollage, d’un vol d’essai de la méga‑fusée Starship V3, dont plusieurs moteurs Raptor ne s’allument pas. Sur X, Elon Musk explique : « Certains moteurs n’ont pas démarré, ce qui a déclenché un abandon automatique du lancement ». Selon les informations publiées, 4 des 33 moteurs Raptor ne se sont pas allumés, ce qui a entraîné l’extinction des autres, alors même que ce lanceur doit permettre à SpaceX de déployer les satellites Starlink de nouvelle génération et de remplir ses contrats avec la NASA dans le cadre du programme Artemis.
| Date | Événement | Cours indiqué | Signal marché |
|---|---|---|---|
| 12 juin 2026 | IPO SpaceX au Nasdaq | 135 $ | Prix d’introduction |
| 16 juin 2026 | Plus haut post‑IPO | 225,64 $ | Euphorie initiale |
| 16 juillet 2026 | 5e séance de baisse, clôture | 131,11 $ | Sous le prix d’IPO |
| Mi‑juillet 2026 | Après l’abandon du test Starship V3 | 125 $ (environ) | Retour durable sous 135 $ |
Shorts, lock-up et valorisation : pourquoi l’action SpaceX reste sous pression
Sur le plan boursier, les vendeurs à découvert ont très vite flairé une occasion. Selon S3 Partners, environ 185 millions d’actions SpaceX sont désormais vendues à découvert, soit près de 29 % du flottant public et quelque 25 milliards de dollars de paris baissiers, contre environ 40 millions d’actions seulement quelques jours après l’IPO. « Nous observons une demande continue de la part des vendeurs à découvert qui construisent des positions spéculatives depuis l’IPO », explique Matthew Unterman, responsable de la recherche chez S3, à CNBC. Avec un flottant initial limité à environ 5 % des quelque 13 milliards d’actions en circulation, chaque ordre de vente a un impact d’autant plus marqué sur le cours.
| Élément | Volume ou pourcentage | Échéance / timing | Effet potentiel sur le cours |
|---|---|---|---|
| Flottant initial coté | Environ 5 % des 13 Md d’actions | IPO (12 juin 2026) | Faible liquidité, volatilité élevée |
| Short interest | 185 M d’actions (~29 % du flottant) | Mi‑juillet 2026 | Pression vendeuse forte |
| 1er déblocage d’actions | Environ 11 % des actions en circulation | Autour des résultats T2 2026 | Risque de vague de ventes |
| Tranches suivantes de lock-up | Environ 4 % par palier | À partir du 70e jour après l’IPO | Arrivées d’actions progressives |
| Participation Elon Musk | Environ 42 % des actions verrouillées | Jusqu’en juin 2027 | Garde le contrôle, pas de ventes massives immédiates |
Pour autant, la pression ne vient pas uniquement des
spéculateurs. Même après sa correction, SpaceX pèse encore autour
de 1 730 milliards de dollars de capitalisation, soit l’équivalent
de montants tout aussi colossaux en euros, pour 18,7 milliards de
revenus annuels, soit plus de 90 fois ses ventes, alors que
l’intégration de la branche d’intelligence artificielle xAI a
creusé les pertes et porté la dette totale à 60,6 milliards de
dollars fin mars 2026, ce qui représente déjà plusieurs dizaines de
milliards d’euros, avec 664 millions de charges d’intérêts au
premier trimestre. Au même moment, la société a confirmé une
émission obligataire d’au moins 20 milliards de dollars, dans un
climat de marché marqué par la rotation hors des valeurs de
croissance, un Nasdaq Composite en recul de 1,47 % et des craintes
de bulle autour de l’IA. Elon Musk lui‑même a déjà
évoqué un « risque réel de faillite » si le programme
Starship ne monte pas suffisamment vite en
cadence, rappelant la fragilité d’un modèle qui brûle des milliards
pour financer ses ambitions spatiales et de supercalcul. Les
acteurs du marché insistent d’ailleurs sur le niveau de risque pris
par les particuliers : le courtier XTB précise par exemple dans sa
documentation que « Ce contenu est une communication marketing
au sens de l’art. 24, paragraphe 3, de la directive 2014/65 /UE du
Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 concernant les
marchés d’instruments financiers et modifiant la directive 2002/92
/CE et la directive 2011/61 /UE (MiFID II). La communication
marketing n’est pas une recommandation d’investissement ou une
information recommandant ou suggérant une stratégie
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/ CE du Parlement européen et du Conseil et directives 2003/124 /
CE, 2003/125 / CE et 2004/72 / CE de la Commission et règlement
délégué (UE) 2016/958 de la Commission du 9 mars 2016 complétant le
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qui concerne les normes techniques de réglementation relatives aux
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de la négociation de CFD avec ce fournisseur. Vous devez vous
assurer que vous comprenez comment les CFD fonctionnent et que vous
pouvez vous permettre de prendre le risque probable de perdre votre
argent. Avec le Compte Risque Limité, le risque de pertes est
limité au capital investi. » Dans ce contexte, les prochains
jalons que sont une nouvelle tentative de vol de Starship V3, la
publication des résultats du deuxième trimestre puis les premières
grandes fenêtres de déblocage d’actions après la fin du lock-up
diront si la défiance actuelle envers l’action
SpaceX s’installe ou si le titre parvient à regagner la
confiance du marché.
En bref
- Introduite au Nasdaq le 12 juin 2026 à 135 dollars, l’action SpaceX SPCX a effacé en un mois son envolée post-IPO, sur fond d’attentes colossales pour Elon Musk et le programme Starship.
- Test Starship V3 avorté, short interest frôlant 29 % du flottant, flottant minuscule et valorisation jugée excessive s’additionnent pour entraîner une correction brutale du titre.
- Entre nouvelles fenêtres de lock-up, prochains tirs de Starship et résultats du T2 2026, plusieurs jalons pourraient encore amplifier la volatilité de SPCX ou, au contraire, réinstaller la confiance.








