Cartes Pokémon : une performance de +3821% qui bat le S&P 500, mais un détail crucial les empêche de remplacer l'or

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Cartes Pokémon : une performance de +3821% qui bat le S&P 500, mais un détail crucial les empêche de remplacer l’or

Le 10 septembre 2026, le capital-risqueur Peter Levin affirme que les cartes Pokémon deviendraient la monnaie mondiale après un effondrement. Derrière cette provocation, chiffres, or et finance pop s’affrontent pour redéfinir ce que vaut vraiment un bout de carton.

Imaginer que des bouts de carton illustrés remplacent les billets de banque a tout d’un scénario de film catastrophe. Pourtant, un investisseur américain affirme très sérieusement que les cartes Pokémon deviendraient la « monnaie mondiale » si l’économie venait à s’effondrer, au point de placer ces morceaux de nostalgie au centre des discussions sur l’argent du futur.

Cette sortie intervient alors que le marché mondial des cartes à collectionner pèse déjà près de 50 milliards de dollars par an, soit environ 46 milliards d’euros, avec des rendements qui ont largement battu les grands indices boursiers sur vingt ans. Derrière la provocation, se pose une vraie question : qu’est ce qui fait qu’un objet de collection peut prétendre au rôle de monnaie de l’apocalypse ?

Quand Peter Levin parie sur les cartes Pokémon comme monnaie mondiale

À l’origine de cette thèse, on trouve Peter Levin, fondateur et directeur général du fonds Griffin Gaming Partners, spécialisé dans le gaming et le sport. Collectionneur obsessionnel, il détiendrait plus d’un demi-million de cartes. « Je suis absolument convaincu que si le monde subissait une apocalypse demain, la monnaie mondiale du lendemain serait les cartes Pokémon », a-t-il déclaré au média Cryptoast. Pour lui, la force de ce marché vient d’abord de son côté universel : chacun peut acheter un booster dans un hypermarché ou une boutique spécialisée, avec la même chance théorique de tomber sur une carte rare qu’un collectionneur chevronné.

Les chiffres récents soutiennent en partie cette vision. Selon les données de la plateforme Card Ladder, les cartes Pokémon ont affiché un rendement d’environ 3 821 % depuis 2004, contre 483 % seulement pour l’indice S&P 500 sur la même période, quand Meta n’a gagné « que » 1 844 % depuis son introduction en Bourse en 2012. Le marché mondial des cartes à collectionner est évalué autour de 50 milliards de dollars par an, tandis qu’au Japon, berceau de la franchise, le marché domestique a bondi de 90 % en quatre ans pour atteindre 338 milliards de yens en 2025, soit environ 2,1 milliards de dollars, près de 1,9 milliard d’euros. De quoi encourager ceux qui voient déjà dans ces cartes un actif quasiment aussi sérieux que certaines actions.

Monnaie d’apocalypse ou actif spéculatif face à l’or

Cette montée en puissance se nourrit d’histoires spectaculaires. L’influenceur Logan Paul a ainsi revendu en février une carte Pikachu Illustrator pour environ 16 millions de dollars, soit à peu près 15 millions d’euros, cinq ans après l’avoir acquise pour 5 millions de dollars, environ 4,6 millions d’euros. Des sommes qui attirent aussi les criminels : aux États-Unis, un vol à main armée dans le New Jersey en juin a permis à des malfaiteurs de dérober pour 50 000 dollars de cartes Pokémon, soit environ 46 000 euros, tandis qu’au Royaume-Uni certains commerçants ont vu leurs colis systématiquement ouverts pendant l’acheminement, perdant jusqu’à 6 000 livres de chiffre d’affaires, près de 7 000 euros. Tout cela donne aux cartes un parfum d’argent quasi réel, mais avec un revers marqué.

Derrière les records, la volatilité ressemble à celle des cryptomonnaies. Un Charizard 1re édition noté PSA 10 s’est vendu jusqu’à 340 000 euros début 2022, avant de retomber sous les 140 000 euros mi‑2023, soit plus de 55 % de baisse. Les cartes modernes très recherchées perdent souvent entre 40 et 60 % de leur valeur en six mois. La valeur dépend d’un marché actif, de systèmes de « grading » censés standardiser la qualité, voire d’outils d’IA pour limiter la subjectivité, et surtout d’une communauté de passionnés prête à payer. Dans un véritable effondrement du système financier, l’or garde pourtant des atouts que les cartes n’ont pas : reconnaissance mondiale, forte liquidité, plusieurs siècles d’usage comme réserve de valeur. Les métaux précieux restent échangeables entre inconnus, y compris dans des contextes moins organisés, là où des morceaux de carton illustrés n’auraient de sens que pour des fans bien précis, souvent dans des pays riches et sur des marchés en ligne. Pour des échanges locaux en période troublée, certains collectionneurs pourraient toujours troquer leurs cartes rares entre eux, mais imaginer que ces cartes deviennent la monnaie de référence pour des millions de gens, y compris dans des pays où Pokémon n’a presque pas de présence, paraît nettement plus fragile, surtout si les canaux logistiques et les plateformes d’enchères venaient à disparaître. Les investisseurs internationnaux qui s’intéressent à ces actifs continuent donc, dans les faits, de distinguer ce qui relève du jeu spéculatif et ce qui relève encore de la valeur refuge.

Critère Cartes Pokémon Or Exemple des sources
Performance long terme +3 821 % depuis 2004 Hausse régulière, non chiffrée S&P 500 à +483 %
Volatilité Charizard −55 % en 18 mois Moins brutale sur le long terme Cartes modernes −40 à −60 %
Dépendance au marché Besoin de collectionneurs actifs Achat possible partout Marché à 50 Md$ par an
Reconnaissance mondiale Culturel, surtout pays riches Accepté comme réserve de valeur Plusieurs siècles d’usage
Risque extrême Vols, colis dérobés, bulle possible Conservation, confiscation éventuelle Vol à 50 000 $ de cartes

En bref

  • En septembre 2026, l’investisseur américain Peter Levin, patron de Griffin Gaming Partners, avance que les cartes Pokémon pourraient servir de monnaie mondiale en cas d’apocalypse économique.
  • Portées par un marché de 50 Md$ annuels, des rendements de +3 821 % et des ventes record comme le Pikachu Illustrator de Logan Paul, ces cartes oscillent entre actif spéculatif, objet culturel global et quasi-monnaie.
  • Mais face à l’or, leur volatilité extrême, la dépendance au grading et aux plateformes, ainsi que la fragilité de leur acceptation en situation de chaos, posent une question cruciale sur ce qu’est vraiment une valeur refuge.
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La rédaction Bourse Inside

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