À quelques mois de Milan-Cortina, JO d'hiver 2026 : ce que vont réellement toucher les médaillés français, face aux primes record de l'Italie et d'Asie

Par Paul Graph - Publié le

À Milan-Cortina 2026, chaque médaille tricolore vaudra aussi son pesant d’euros, avec des primes d’or, d’argent et de bronze jamais vues aux JO d’hiver. Mais ces récompenses, imposables et très variables selon les pays, réservent encore quelques surprises aux champions français.

À quelques mois de Milan-Cortina, JO d’hiver 2026 : ce que vont réellement toucher les médaillés français, face aux primes record de l’Italie et d’Asie

À Milan-Cortina, les pistes viennent tout juste d’ouvrir et la délégation tricolore rêve déjà d’un hiver historique. Les Français reviennent de Pékin avec 14 podiums et visent cette fois bien plus, alors que les Jeux olympiques d’hiver 2026 s’annoncent denses pour les biathlètes, skieurs et snowboardeurs. Derrière les drapeaux et les hymnes, une autre question revient toujours : que vont réellement toucher les champions une fois la médaille autour du cou ?

Car l’État a choisi de frapper fort pour ces JO d’hiver 2026, en alignant les primes sur celles, déjà record, de Paris 2024. Dans un contexte où la ministre des Sports affiche l’objectif d’augmenter d’au moins 50 % le nombre de podiums français par rapport à Pékin, l’enveloppe potentielle grimpe vite. Perrine Laffont, Lou Jeanmonnot, Éric Perrot, Julia Simon ou Clément Noël savent qu’en cas de raz-de-marée de médailles, l’hiver pourrait aussi être très lucratif. Les chiffres précis ont de quoi faire lever un sourcil.

JO d’hiver 2026 : combien vont toucher exactement les médaillés français ?

Pour Milan-Cortina, la France a décidé de maintenir les montants appliqués à Paris 2024 : un champion olympique français empochera 80 000 euros pour une médaille d’or, un vice-champion recevra 40 000 euros, et un médaillé de bronze 20 000 euros. Ces sommes, financées par le budget du ministère des Sports, sont les plus élevées jamais versées lors de Jeux d’hiver. Elles s’appliquent aux Jeux olympiques comme aux Jeux paralympiques, avec un barème identique pour les athlètes et leurs guides.

Ces primes sont cumulables : chaque médaille ajoute son montant, sans plafond pour les sportifs. Une biathlète comme Lou Jeanmonnot qui repartirait avec deux titres olympiques et une médaille d’argent toucherait par exemple 2 × 80 000 + 40 000 = 200 000 euros. Un relais français titré en biathlon offrirait 80 000 euros à chacun des quatre membres, soit 320 000 euros pour l’équipe, auxquels peuvent s’ajouter des breloques individuelles. Ces montants restent bruts : ils sont imposables, comme c’est le cas depuis Tokyo 2021, même si un étalement de l’impôt sur plusieurs années permet de ne pas se retrouver écrasé fiscalement sur une seule saison. Pour beaucoup d’athlètes issus de sports de neige, une telle prime représente parfois plusieurs années d’entrainement financées d’un coup.

Primes des JO de Milan-Cortina : la France face à l’Italie et aux autres pays

Quand on compare, la prime des médaillés français place la France dans le haut du panier européen, mais loin des mastodontes asiatiques. Le pays hôte, l’Italie, se montre encore plus généreux envers ses champions : une médaille d’or y rapporte 180 000 euros, l’argent 90 000 euros et le bronze 60 000 euros, des montants qui dépassent plus que largement le barème tricolore. La Belgique a choisi un système un peu différent, avec 50 000 euros pour l’or, 30 000 pour l’argent, 20 000 pour le bronze, et des bonus pour les places d’honneur, comme une quatrième place rémunérée. À l’inverse, certains pays très performants sur la neige, comme la Norvège ou la Suède, ne versent aucune prime étatique directe : les athlètes vivent surtout de leurs salaires, bourses et sponsors.

Sur la scène mondiale, la hiérarchie change encore. Hong Kong offre plus de 650 000 euros pour un titre olympique, Singapour plus de 630 000 euros, quand d’autres pays dépassent allègrement les 500 000 euros la médaille d’or. Tout cela sans compter que le Comité international olympique ne verse lui-même aucune prime individuelle : ce sont les États, comités nationaux ou partenaires privés qui décident. Pour la France, si les Bleus rééditaient à Milan-Cortina le bilan de Pékin (5 ors, 7 argents, 2 bronzes), la facture atteindrait environ 720 000 euros en primes pour 14 médailles. Et si les exploits se multiplient pour Perrine Laffont, Chloé Trespeuch, Clément Noël, Jules Chappaz ou les biathlètes tricolores, la ligne « récompenses » du budget des Jeux d’hiver pourrait encore grimper, au rythme des podiums.

En bref

  • À Milan-Cortina 2026, l’État français promet des primes record aux médaillés olympiques et paralympiques, dans un contexte d’objectif de podiums en forte hausse.
  • Les champions tricolores toucheront 80 000 € pour l’or, 40 000 € pour l’argent et 20 000 € pour le bronze, des montants cumulables mais imposables, avec la possibilité d’étaler la fiscalité.
  • Face à l’Italie ultra-généreuse et aux pays asiatiques aux primes vertigineuses, la France se situe dans le haut du panier européen, avec une facture qui grimpera au rythme des exploits tricolores.