Alerte sur l'épargne : cette hausse d'impôt méconnue qui va ponctionner vos placements dès le 1er janvier 2026

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Alerte sur l’épargne : cette hausse d’impôt méconnue qui va ponctionner vos placements dès le 1er janvier 2026

Entre PFU relevé, prélèvements sociaux renforcés et rumeurs sur l’épargne salariale, les épargnants français voient la pression fiscale monter. Marc Touati alerte sur un trop d’impôt en 2026-2027, tandis que le gouvernement entretient le flou sur ses véritables intentions.

Hausse annoncée du Prélèvement forfaitaire unique, rumeurs de nouvelles cotisations sur l’épargne salariale, promesse réaffirmée de ne pas augmenter les impôts : en quelques jours, les signaux envoyés aux épargnants français se sont multipliés. Dans ce climat brouillé, l’économiste Marc Touati prévient que l’épargne des ménages pourrait devenir une cible privilégiée de la fiscalité.

Alors que le gouvernement prépare le prochain projet de loi de finances et assure qu’aucune hausse générale d’impôt n’est envisagée, l’économiste met en avant des chiffres de « surtaxes » de plusieurs dizaines de milliards d’euros sur les dernières années et un alourdissement déjà acté de la fiscalité du capital à partir de 2026. Ces interogations se doublent d’un débat technique sur ce qui est réellement voté, simplement étudié ou clairement abandonné.

Budget 2027, épargne salariale et cacophonie politique

Selon les chiffres avancés par Marc Touati, les recettes supplémentaires liées aux prélèvements auraient atteint +38 milliards d’euros en 2024, +52 milliards en 2025 et déjà +50 milliards sur le premier semestre 2026. Sur un plateau télévisé, il lance : « Ne vous faîtes pas d’illusion, les impôts vont évidemment encore et toujours augmenter », rapporte Capital. L’économiste cite parmi les pistes évoquées dans la presse des surtaxes touchant l’épargne salariale, les successions ou encore le tabac. Dans ce contexte, il rappelle que l’épargne financière des Français atteint environ 6 600 milliards d’euros et juge qu’une ponction supplémentaire sur ce stock serait « très dangereux ». « C’est très dangereux pour notre avenir, d’un point de vue de la croissance et de notre épargne », ajoute-t-il.

Le débat s’est tendu lorsque le ministre de l’Economie Roland Lescure a reconnu qu’une mise sous cotisations sociales de l’épargne salariale, déjà soumise à la CSG et à la CRDS, faisait partie des pistes à l’étude pour le budget 2027, tout en précisant qu’elle n’était pas arbitrée. L’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu a réagi en expliquant à la presse : « Ce qui a fuité est un document de travail, pas une décision du gouvernement », et en assurant que le chef du gouvernement « ne s’est jamais prononcé en faveur d’une fiscalisation de l’épargne salariale », rapporte La Tribune, qui décrit Sébastien Lecornu comme « le moine soldat » de Matignon. Le cabinet du Premier ministre a annoncé une saisine de la justice sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, dénonçant des « fuites » sur le budget et visant un signalement « sur la transmission, hors de tout cadre régulier, de travaux internes aux services de l’État n’ayant pas fait l’objet d’une décision définitive du gouvernement ». Pour tenter d’éteindre la polémique, Sébastien Lecornu a fini par écrire sur le réseau X : « Soyons clairs : il n’a jamais été question de toucher à l’épargne salariale », avant de marteler à nouveau qu’ »il n’a jamais été question de toucher à l’épargne salariale ».

PFU à 31,4 %, prélèvements sociaux renforcés et alerte de Marc Touati

Au delà de ces allers-retours politiques, la fiscalité de l’épargne a déjà évolué. À compter du 1er janvier 2026, le taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) appliqué à la grande majorité des produits financiers passe de 30 % à 31,4 %. Cette hausse vient de l’augmentation de la CSG de 9,2 % à 10,6 %, qui porte le total des prélèvements sociaux à 18,6 % (contre 17,2 % auparavant), auxquels s’ajoute toujours 12,8 % d’impôt sur le revenu. Ce PFU s’applique aux dividendes, revenus de Sicav et FCP, intérêts des placements à revenu fixe, revenus des PEL et CEL ouverts depuis 2018, ainsi qu’aux plus values de cession de valeurs mobilières ou de PEA clôturé avant 5 ans. En parallèle, certains produits restent totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, comme le Livret A, le Livret bleu, le Livret de Développement Durable, le livret jeune ou le LEP, quand d’autres bénéficient de régimes particuliers qui, dans le jargon des professionnels, sont qualifiés de « niches fiscales ». Les Plan d’Épargne en Actions de plus de 5 ans, une partie des contrats d’assurance vie, l’épargne salariale (hors versements volontaires sur un PER collectif), ou encore les PEL de moins de 12 ans et les CEL ouverts avant 2018 ne relèvent pas du PFU mais restent soumis aux prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % pour le PEA et l’épargne salariale ou de 17,2 % pour l’assurance vie et l’épargne logement.

Élément fiscal Taux en 2026 Entrée en vigueur Produits concernés
PFU sur revenus financiers 31,4 % (30 % avant) 1er janvier 2026 Dividendes, intérêts, plus values
Prélèvements sociaux standard 18,6 % (17,2 % avant) 1er janvier 2026 Revenus d’épargne imposables
CSG sur revenus du capital 10,6 % (9,2 % avant) 1er janvier 2026 Intérêts, dividendes, gains
Prélèvements sociaux PEL, CEL, assurance vie 17,2 % Règles actuelles maintenues Épargne logement, assurance vie
Produits exonérés 0 % Règles actuelles maintenues Livret A, LDDS, LEP, livret jeune

Pour Marc Touati, cette accumulation de hausses sur un système fiscal déjà chargé alimente le risque de voir l’État « prélever davantage sur une économie plus petite », avec à la clé moins de recettes fiscales et moins de croissance potentielle. « Trop d’impôt tue l’impôt », résume-t-il, en s’appuyant sur un graphique qui met en parallèle la montée des prélèvements obligatoires – de 30 % du PIB en 1960 à 46 % aujourd’hui – et la baisse de la croissance structurelle française. Il estime qu’une nouvelle taxation de l’épargne, alors que l’encours atteint 6 600 milliards d’euros, serait « très dangereux » pour la capacité du pays à financer l’investissement privé. L’économiste pointe aussi la dynamique des dépenses publiques : la Défense doit recevoir 6,4 milliards d’euros supplémentaires, l’Intérieur 600 millions, l’Éducation 800 millions, l’Écologie 1,4 milliard et la Recherche 500 millions. Entre 1980 et 2025, ces dépenses auraient augmenté d’environ 700 %, contre 566 % pour le PIB. « On alimente des dépenses de fonctionnement qui ne créent pas de richesse », dénonce-t-il. Face à ce constat, il avance deux leviers : réduire les impôts pour relancer la croissance et diminuer les dépenses de fonctionnement, qu’il chiffre à 24 % depuis 2021, soit 110 milliards d’euros, avant de conclure : « Elle est là la solution sauver la France ».

En bref

  • En France, entre 2024 et 2026, l’économiste Marc Touati s’inquiète de la hausse continue des recettes fiscales alors que le gouvernement prépare le budget 2027.
  • Les annonces autour du PFU porté à 31,4 %, des prélèvements sociaux à 18,6 % et des pistes de taxation de l’épargne salariale nourrissent un climat de cacophonie politique.
  • L’article détaille produits par produits ce qui est déjà acté, ce qui n’est qu’à l’étude et ce que ces signaux contradictoires peuvent impliquer pour l’épargne des ménages.
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