Carburants : cette hausse brutale de 23% qui fait déraper l'inflation au Royaume-Uni et met la Banque d'Angleterre sous pression

Au Royaume-Uni, la hausse des prix repart à la hausse en août, tirée par un bond inédit des carburants et des coûts de transport. Entre décision cruciale de la Bank of England et budget du 28 octobre, ce retournement ravive les inquiétudes sur le pouvoir d’achat.
Au Royaume-Uni, le plein d’essence pèse un peu plus lourd à chaque passage à la pompe et les ménages voient les étiquettes repartir à la hausse dans les supermarchés. Après plusieurs mois de ralentissement, la hausse des prix revient au centre des conversations, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de nervosité sur les marchés de l’énergie.
Selon les derniers chiffres publiés par l’Office for National Statistics (ONS), l’inflation au Royaume-Uni a accéléré en août pour atteindre 3,1 % sur un an, après 2,9 % en juillet, principalement sous l’effet de la flambée des prix des carburants. Cette remontée intervient à six semaines seulement de la présentation du Budget du 28 octobre et à la veille d’une décision de la Bank of England, ce qui nourrit de nouvelles interrogations à Londres.
Pourquoi l’inflation au Royaume-Uni grimpe à 3,1 % en août
Dans son communiqué, l’ONS souligne que le poste transport a joué un rôle central dans ce rebond des prix. « Les transports, en particulier les carburants pour véhicules, ont apporté la plus forte contribution », explique l’ONS dans son communiqué. L’indice des prix du transport progresse de 4,6 % sur un an en août, contre 3,6 % en juillet, et les carburants pour véhicules affichent une hausse de 23,0 % sur douze mois, après 15,5 % un mois plus tôt.
| Indicateur | Août 2026 | Évolution récente | Source / remarque |
|---|---|---|---|
| Inflation (CPI, 12 mois) | 3,1 % | après 2,9 % en juillet | ONS, indice des prix à la conso |
| Inflation transport (12 mois) | 4,6 % | +1 point vs juillet | ONS, division transport CPI |
| Prix moyen essence | 161,3 p/litre | +9,1 p en un mois | ONS, prix moyens à la pompe |
| Prix moyen diesel | 181,8 p/litre | +14,2 p en un mois | ONS, prix moyens à la pompe |
| Carburants (12 mois) | 23,0 % | après 15,5 % en juillet | ONS, poste motor fuels |
| Budget du Royaume-Uni | 28 octobre 2026 | présentation du budget annuel | Annonce de John Healey |
La flambée des hydrocarbures s’explique en grande partie par la guerre au Moyen-Orient, qui renchérit le baril et les coûts d’importation pour le Royaume-Uni. « La guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber le prix des hydrocarbures, commence à exercer un impact significatif sur les données économiques britanniques, avec la hausse des prix de l’essence et de l’énergie, ainsi que l’augmentation des coûts du logement », relève Richard Carter, analyste chez Quilter Cheviot, cité par BFM TV. Il s’attend à ce que « l’inflation continue de grimper au moins jusqu’à la fin de l’année ». En clair, le plein d’essence risque de rester un poste de dépense particulièrement sensible.
Banque d’Angleterre, taux et budget : les enjeux de cette poussée
Cette remontée de l’inflation place la Bank of England sous une pression supplémentaire à la veille de sa réunion de politique monétaire. L’institution est attendue sur un maintien de son taux directeur à 3,75 %, alors même que l’inflation globale repasse nettement au-dessus de 3 %. Certains indicateurs hors énergie restent plus sages, ce qui laisse à la banque centrale un peu de marge pour temporiser, mais le signal envoyé par les prix des carburants est scruté de près par les marchés comme par les emprunteurs.
Sur le front budgétaire, le gouvernement britanique d’Andy Burnham prépare le premier grand Budget de la législature, que le ministre des Finances John Healey doit présenter le 28 octobre. Le Chancelier de l’Échiquier a promis une « stricte discipline fiscale », dans un contexte où les taux d’emprunt sont déjà sous tension et où les Britanniques attendent des réponses sur le coût de la vie. Ce budget est observé de près, d’autant que cette accélération de l’inflation constitue « un coup dur pour une équipe au pouvoir qui veut faire de l’allègement du coût de la vie sa mission centrale », souligne Richard Carter. Le Royaume-Uni a néanmoins enregistré en juillet une hausse surprise de 0,4 % de son produit intérieur brut, portée en partie par le secteur de l’intelligence artificielle, ce qui offre un léger contrepoids à la poussée des prix.
En bref
- En août 2026, l’ONS signale au Royaume-Uni un retour de l’inflation au premier plan, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de prix de l’énergie en hausse.
- L’indice des prix à la consommation grimpe à 3,1 % sur un an, les transports et surtout les carburants – essence et diesel – apportant la plus forte contribution à cette accélération.
- Cette poussée de l’inflation rebat les cartes pour la Bank of England et le budget du 28 octobre, avec des enjeux majeurs pour les taux, la dette publique et le pouvoir d’achat des ménages.








