Faux conseiller bancaire : la Banque de France révèle la seule chose que votre banquier ne vous demandera jamais pour sécuriser votre compte

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Faux conseiller bancaire : la Banque de France révèle la seule chose que votre banquier ne vous demandera jamais pour sécuriser votre compte

Appels angoissants, faux conseillers, codes SMS exigés : en France, des escrocs vident les comptes en se faisant passer pour votre banque. En rappelant qu’elle peut bloquer seule une fraude, la Banque de France livre la règle d’or pour couper court à ces pièges.

Un appel qui s’affiche au nom de votre banque, un interlocuteur très sûr de lui qui parle de virements suspects, d’opérations à l’étranger, de tentatives de paiement refusées. En quelques secondes, la panique monte et vous voilà prêt à suivre ses consignes pour sécuriser votre compte. Ce scénario, de plus en plus courant, correspond à l’arnaque au faux conseiller bancaire, une fraude qui détourne les outils de sécurité en place pour vider des comptes en toute discrétion.

Face à ces attaques, Pierre Bienvenu, de la Banque de France, rappelle une règle simple, pensée pour couper court à la peur et aux réflexes d’obéissance. « La banque n’a pas besoin de vous pour arrêter une opération de paiement frauduleuse », a expliqué Pierre Bienvenu, de la Banque de France, interrogé par BFMTV. Si une vraie opération douteuse est détectée, l’établissement peut la bloquer tout seul : toute demande de code ou de validation pour annuler devrait immédiatement faire lever les sourcils. Encore faut-il savoir la reconnaitre à temps.

Arnaque au faux conseiller bancaire : comment les escrocs s’y prennent

Pour Cybermalveillance.gouv.fr, la fraude au faux conseiller bancaire est une escroquerie où la victime est trompée pour valider des opérations frauduleuses sur ses comptes. Dans une fiche réflexe publiée le 26 février 2024 et mise à jour le 14 mars 2024, le dispositif décrit un scénario simple : l’escroc appelle la personne ou l’incite à le rappeler, se présente comme conseiller ou agent du service anti fraude de sa banque et se montre très informé, citant parfois nom, adresse, numéro de compte ou coordonnées de carte bancaire. Le numéro affiché peut même sembler être celui de l’agence, grâce à l’usurpation de numéro de téléphone.

Une fois la confiance installée, le faux conseiller affirme avoir repéré des actions suspectes en cours et propose de les bloquer en urgence. Il demande alors à la victime de communiquer des codes reçus par SMS ou de confirmer des actions dans son application bancaire. En réalité, ces codes et validations finalisent des achats par carte, l’ajout d’un bénéficiaire ou des virements vers des comptes contrôlés par les escrocs. Dans certains cas, l’appelant exige aussi le code secret de la carte bancaire et envoie un coursier, réel ou supposé, pour récupérer physiquement la carte avant de l’utiliser pour des retraits d’espèces ou des achats. Les informations qui rendent ce discours crédible peuvent venir d’hameçonnage, de piratage de compte, de virus voleurs de mots de passe ou de fuites de données personnelles.

Codes, validations, opposition : les bons réflexes face à un faux conseiller

La phrase de Pierre Bienvenu résume une idée clé : si une opération est réellement frauduleuse, la banque peut la bloquer sans demander l’aide active du client. Un véritable conseiller ne vous demandera jamais de lui dicter vos identifiants ou mots de passe, ni de valider ou annuler une opération dont vous n’êtes pas à l’origine dans votre appli. Il ne vous réclamera pas davantage le code secret de votre carte bancaire, et ne vous enverra pas de coursier pour la récupérer au prétexte de la sécuriser ou de la détruire. Dès qu’un interlocuteur au téléphone présente ce type de demande, sous une forte pression et dans un climat d’urgence, le réflexe devient presque indispenssable : raccrocher, puis contacter soi même sa banque en utilisant les canaux habituels. Quelques situations typiques, résumées ci dessous, aident à identifier ces fausses urgences.

Demande au téléphone ou SMS Ce que ça permet au fraudeur Réponse à donner Action immédiate
Code de sécurité reçu par SMS Autoriser un paiement ou un ajout de bénéficiaire Je ne communique aucun code Je raccroche et je rappelle ma banque
Validation demandée dans l’application bancaire Confirmer une opération de paiement frauduleuse Je refuse de valider Je vérifie mes comptes moi même
Virement demandé vers un compte dit sécurisé Transférer directement vos fonds aux escrocs Je n’effectue aucun virement J’appelle aussitôt mon agence habituelle
Coursier annoncé pour récupérer votre carte bancaire Utiliser la carte pour retraits et achats Je ne remets jamais ma carte Je fais immédiatement opposition
Code secret de carte bancaire demandé Permettre retraits en distributeur et paiements Je garde ce code pour moi seul Opposition et surveillance des mouvements

Si vous avez commencé à obéir aux instructions d’un faux conseiller, le temps compte. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de faire opposition à la carte bancaire sans délai, en appelant le numéro d’opposition de votre banque figurant sur son site ou sur les distributeurs, ou le serveur interbancaire d’opposition à la carte bancaire au 0 892 705 705 (numéro surtaxé), joignable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Il est aussi conseillé de changer immédiatement le mot de passe de votre banque en ligne, d’identifier toutes les opérations frauduleuses (paiements et virements) et d’alerter votre établissement en demandant, selon les cas, remboursement, suspension ou retour des fonds, la banque pouvant exiger une copie du dépôt de plainte.

Pour appuyer vos démarches, conservez tous les éléments utiles : numéros de téléphone, messages, mails, ordres de virement, relevés. Si la fraude concerne votre carte, signalez les faits sur la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur, avant de déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Vous pouvez être accompagné gratuitement par l’association France Victimes au 116 006 et obtenir des conseils auprès de la plateforme Info Escroqueries au 0 805 805 817. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle enfin que ces agissements relèvent selon les situations de l’escroquerie (article 313-1 du code pénal, jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende), de l’accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données (article 323-1, trois ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, voire cinq ans et 150 000 euros en cas de suppression ou modification de données), ou de la collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite (article 226-18, cinq ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende).

En bref

  • En 2024, la Banque de France et Cybermalveillance.gouv.fr alertent sur la montée des arnaques au faux conseiller bancaire, fondées sur le vishing et le spoofing téléphonique.
  • Les escrocs se font passer pour un service anti-fraude, obtiennent des codes SMS ou des validations dans l’application bancaire et font ainsi autoriser paiements, virements ou retraits avec coursier.
  • Raccrocher, rappeler sa banque via les canaux habituels, faire opposition, signaler sur Perceval et déposer plainte deviennent les réflexes clés pour limiter les pertes et faire valoir ses droits.
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La rédaction Bourse Inside

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