Gagner 2050€ par mois ne vous rend pas responsable du déficit : la charge de Leclerc qui vise directement le gouvernement

Invité de CNews, Michel-Édouard Leclerc affirme que les Français payés 2 050 € par mois ne sont pas responsables de la dérive des comptes publics. Une charge qui vise le discours du gouvernement sur la dette, les retraites et l’IA, à l’approche de 2027.
La phrase tombe comme un coup de poing pour tous ceux qui vivent de leur fiche de paie : à ses yeux, les Français qui gagnent autour de 2 050 € par mois ne sont « pas responsables » de la dérive des comptes publics. En quelques mots, Michel-Édouard Leclerc a recentré le débat sur la manière dont l’État parle aux classes moyennes, sommées depuis des années de « serrer la ceinture ».
Invité de CNews, l’entrepreneur a mis en cause le fossé qu’il perçoit entre les conseillers des gouvernants et la réalité des foyers qui composent le cœur du pays. Sa sortie, très commentée, pointe un ras-le-bol face aux réformes macroéconomiques, aux interogations sur les retraites et à la peur de l’intelligence artificielle sur l’emploi, tout en prenant soin de dédouaner ceux qui vivent de ce fameux salaire médian. Une petite phrase qui n’arrive pas par hasard.
Ce que Michel-Édouard Leclerc dit vraiment des Français à 2 050 €
Sur CNews, Michel-Édouard Leclerc décrit d’abord ce qu’il voit comme le quotidien des classes moyennes : « Quand vous avez 2 050 € de salaire médian en France […] et qu’on vous dit « il faut serrer la ceinture », « vous n’aurez peut-être pas vos retraites et qu’en plus de ça on vous dit « l’IA va venir et va menacer votre emploi », c’est inaudible », a-t-il expliqué sur la chaîne, cité par Presse-citron. Autrement dit, la succession d’alertes sur les retraites, la IA et les comptes publics finit, selon lui, par ne plus passer.
| Élément cité | Valeur / formulation | Rôle dans son argument | Thème politique associé |
|---|---|---|---|
| Salaire médian | 2 050 € / mois | Figure la classe moyenne | Pouvoir d’achat et justice sociale |
| Pauvreté | 10 millions de personnes | Montre la fragilité d’une partie du pays | Cohésion sociale, services publics |
| Comptes publics | dérive des comptes publics | Dédouane les salariés à 2 050 € | Critique du gouvernement |
| Retraites | « vous n’aurez peut-être pas vos retraites » | Illustre une menace perçue sur l’avenir | Protection sociale |
| Intelligence artificielle | « l’IA va venir menacer votre emploi » | Ajoute la peur technologique à la liste | Emploi et formation |
| Dette | « dramaturgie » de la dette | Critique un récit de peur permanent | Croissance et consommation |
Pour l’entrepreneur, cette accumulation d’annonces anxiogènes ne doit pas conduire à culpabiliser ceux qui vivent de ce salaire médian : « Les gens qui gagnent 2 050 balles par mois, ils ne sont pas responsables de la dérive des comptes publics ». Il inverse donc la focale et renvoie la responsabilité vers les choix de politique économique, alors même que son discours se veut proche du ressenti des foyers qui voient leurs dépenses de tous les jours augmenter.
Dette, pouvoir d’achat et 2027 : un discours très politique sans candidature
Le propos s’inscrit dans une ligne qu’il défend depuis plusieurs années. En 2025, Michel-Édouard Leclerc déplorait déjà la « dramaturgie » autour du sujet de la dette de la part du gouvernement. « Personne ne parle de croissance (…) la meilleure manière de rembourser une dette, c’est d’aller chercher du chiffre d’affaires, c’est d’aller chercher de la croissance », assurait-il, avant de marteler que « Ce n’est pas la peur qui va mobiliser les Français ». Il rappelait aussi que 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France et jugeait que « L’illisibilité, les effets d’annonce, aussi bien des parlementaires que du gouvernement, accroissent cette anxiété ».
Dans cette logique, le dirigeant met en garde contre une baisse de la consommation qui freinerait la croissance et fragiliserait encore davantage l’économie. Il prône un investissement renforcé dans les services publics et résume sa position par une formule très claire : « Utilisons l’argent des riches, créons un fonds souverain. Il y a des actifs à la clé, ce n’est pas grave de faire de la dette pour financer des actifs ». Une approche qui touche à la fiscalité, à la répartition de l’effort et à la manière de parler de la dette aux électeurs.
Son nom circule parfois parmi les figures de la société civile que certains imaginent en outsider pour la présidentielle de 2027, mais Michel-Édouard Leclerc a écarté l’idée d’être candidat. Pour autant, son intervention a sucité un écho particulier dans un pays où le pouvoir d’achat, la sécurité de l’emploi et la peur du déclassement restent au centre du jeu politique. Lui-même résume cette attente en une phrase qui sonne comme un programme : « Aujourd’hui, il y a une demande des Français sur le pouvoir d’achat, la sécurité de l’emploi, et on ne cherche pas simplement des paroles réconfortantes ; on a envie que quelqu’un leur dise « Je prends le sujet et on va y travailler. » »
En bref
- Sur le plateau de CNews, Michel-Édouard Leclerc défend les Français payés autour de 2 050 € par mois, qu’il présente comme le cœur des classes moyennes.
- Il juge inaudible le discours officiel qui cumule rigueur budgétaire, menaces sur les retraites et peur de l’IA, et renvoie la responsabilité de la dette vers les décideurs publics.
- En appelant à protéger le pouvoir d’achat, à soutenir la consommation et à financer des services publics via un fonds souverain, il nourrit un débat explosif à l’approche de 2027.









