Livret A : le calcul officiel annonce un taux à 2,4% dès le 1er février 2027, voici l'impact sur votre épargne

À 1,70 % depuis août 2026, le Livret A pourrait franchir les 2 % dès le 1er février 2027. Entre inflation instable et arbitrage politique, les premiers calculs annoncent un bond qui pourrait changer vos choix d’épargne.
Et si, dans quelques semaines, le taux du Livret A repartait franchement à la hausse, après des mois de tassement ? Depuis le 1er août 2026, ce placement fétiche des ménages français est rémunéré à 1,70 % net, tout comme le LDDS, tandis que le LEP affiche 2,50 %. Un niveau correct pour de l’épargne garantie et disponible à tout moment, mais qui laisse certains épargnants sur leur faim face au retour de l’inflation.
Les regards se tournent désormais vers la prochaine révision attendue en février 2027. Autour du 15 janvier, la Banque de France proposera un nouveau taux, appliqué au 1er février, en fonction d’une formule qui combine taux interbancaires et inflation. Les premiers calculs laissent entrevoir une hausse marquée, au point que la perspective d’un Livret A au‑delà de 2 % n’a jamais paru aussi crédible.
Hausse du taux du Livret A en février 2027 : ce que prévoit la formule officielle
Le Livret A, le LDDS et le LEP appartiennent à la famille des livrets réglementés : leur taux est fixé par la loi, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, puis tranché par le ministre de l’Économie. Deux fois par an, autour du 15 janvier et du 15 juillet, l’institution calcule un taux théorique en retenant le chiffre le plus élevé entre la moyenne semestrielle du taux court interbancaire €STR et la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac publiée par l’Insee, le tout arrondi au dixième de point supérieur, avec un plancher de 0,50 %. Le résultat doit s’appliquer au 1er février et au 1er août, même si le ministre garde la possibilité de s’en écarter, à la hausse comme à la baisse, pour donner un coup de pouce ou limiter la variation.
Concrètement, le prochain rendez‑vous de cette mécanique tombera donc au 1er février 2027. Selon les données reprises par la presse spécialisée, le taux €STR gravite aujourd’hui autour de 2,183 %, et il a vocation à progresser encore puisque la BCE a relevé à plusieurs reprises ses taux directeurs. L’inflation, elle, a reculé par rapport à ses pics, puis a nettement rebondi en avril et en mai, ce qui entretient une forte incertitude sur la moyenne retenue d’ici mi‑janvier. En appliquant la formule officielle aux niveaux actuels de €STR et d’inflation, certains calculs aboutissent déjà à un Livret A à 2,4 %, et à un LEP à 2,9 %, tout en rappelant que ces chiffres devront être confirmés, ou non, par les pouvoirs publics au début de l’année 2027.
Vers un Livret A à 2,4 % et un LEP à 2,9 % ? Scénarios, alternatives et règles à connaître
Si le scénario d’un taux du Livret A à 2,4 % en février 2027 se matérialise, la rémunération de l’épargne réglementée ferait un bond sensible après plusieurs baisses successives depuis 2025. Le LDDS, traditionnellement calqué sur le Livret A, suivrait le mouvement. Le LEP pourrait, lui, se hisser autour de 2,9 % selon ces estimations, car sa règle est un peu différente : son taux correspond au chiffre le plus élevé entre le taux du Livret A majoré de 0,5 point et la moyenne de l’inflation hors tabac, ce qui lui permet parfois de mieux protéger le pouvoir d’achat des épargnants modestes. De quoi redonner un net attrait à ces supports face à l’épargne de court terme bancaire classique, surtout que leurs taux sont nets d’impôt et de prélèvements sociaux.
| Produit | Taux en vigueur (01/08/2026) | Scénario fév. 2027 | Statut | Règle de fixation |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % net | 2,4 % (estimation) | Simulation non officielle | €STR + inflation hors tabac, arrondi |
| LDDS | 1,70 % net | Aligné sur Livret A | Dépend du Livret A | Taux historiquement identique |
| LEP | 2,50 % net | 2,9 % (estimation) | Simulation non officielle | Max(Livret A + 0,5 pt ; inflation) |
En parallèle, les placements sans risque concurrents réagissent déjà aux relèvements de taux de la Banque centrale européenne. Selon la Banque de France, le taux moyen des dépôts à terme de deux ans ou moins est passé de 2,24 % en mai à 2,37 % en juillet, et de 2,73 % à 2,90 % pour les durées supérieures à deux ans. Plusieurs établissements ont relevé la rémunération de leurs comptes à terme, certains affichant 3 % sur 60 mois ou 4,10 % sur 48 mois, des rendements bruts cette fois, soumis à la flat tax. « Outre la sécurité, le compte à terme a aussi pour atout sa flexibilité. Les comptes à terme ayant des durées de quelques mois à plusieurs années, les épargnants peuvent adapter le placement selon leurs besoins. Cette diversité en fait un complément stratégique au Livret A ou au LDDS, qui restent orientés vers une épargne totalement liquide », expliquait récemment Sarah Zamoun, la directrice de Distingo Bank, citée par MoneyVox. En cas de retrait anticipé, un préavis pouvant aller jusqu’à 32 jours et une pénalité sur les intérêts sont toutefois fréquents, ce qui rend la comparaison interressant une fois la fiscalité et l’horizon de placement pris en compte.
La perspective d’une forte hausse des taux nourrit aussi les versements sur les livrets ouverts au nom des enfants, avec une question sensible en toile de fond : les parents peuvent‑ils récupérer ces sommes en cas de coup dur ? Pour l’avocate Aude Poulain de Saint‑Père, spécialisée en droit bancaire, la réponse est claire : « Un dépôt sur un livret peut être considéré comme une donation. Les sommes qui apparaissent sur le compte bancaire appartiennent à l’enfant, de manière irrévocable et définitive », a-t-elle expliqué, citée par Ouest France. Les parents ne peuvent en principe toucher qu’aux intérêts, et uniquement pour financer les besoins essentiels de l’enfant, comme la santé, l’alimentation ou l’éducation ; en cas d’abus, celui‑ci pourrait plus tard saisir la justice pour récupérer les sommes détournées, ce qui montre à quel point les futures hausses de taux doivent aussi se gérer dans le cadre précis fixé par la loi.
En bref
- Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 % net tandis que le LEP affiche 2,50 %, en attendant la décision de Bercy pour le 1er février 2027.
- La formule officielle mêlant €STR, inflation hors tabac et arrondi au dixième aboutit aujourd’hui à des projections autour de 2,4 % pour le Livret A et 2,9 % pour le LEP, sous réserve d’arbitrage politique.
- Entre incertitude sur l’inflation, montée des comptes à terme et calendrier serré de la Banque de France, les épargnants doivent suivre de près les prochains indicateurs avant de bouger leur épargne.








