Rentrée : Carrefour écarte le "septembre rouge" mais ce chiffre officiel de l'inflation change tout pour votre ticket de caisse

Alors que l’inflation repart en France, Alexandre Bompard jure qu’il n’y aura pas de « septembre rouge » et que les prix alimentaires resteront stables. Entre produits frais en hausse et fournitures scolaires en baisse, la facture de rentrée raconte pourtant une histoire plus contrastée.
Depuis des semaines, le spectre d’un supposé septembre rouge plane sur le budget des ménages, entre inflation qui repart et inquiétudes sur les courses du quotidien. Face à ces craintes, Carrefour assure que la facture alimentaire ne s’envolera pas à la rentrée et que la saison ne ressemblera pas à un choc de prix.
Invité de RTL, le PDG Alexandre Bompard décrit au contraire une période de stabilité pour les rayons alimentaires, tout en promettant une note allégée pour les achats de fournitures scolaires. Derrière cette promesse, les chiffres de l’INSEE et ceux des associations de consommateurs racontent pourtant une réalité plus nuancée.
Pas de septembre rouge : les chiffres annoncés sur les prix alimentaires
Sur les ondes, le patron de Carrefour a voulu rassurer les consommateurs inquiets de voir repartir l’inflation. « Les Français se sont jamais autant serrés la ceinture. Mais les prix alimentaires sont stables. Ils étaient à 0% pendant l’été, ils sont entre 0 et 1%. Cela ne veut pas dire que certains produits n’augmentent pas, mais c’est stable au global », a-t-il défendu sur RTL, cité par BFMTV. Un message qui intervient alors que, selon l’INSEE, les prix à la consommation ont accéléré en juin puis en juillet, avec des hausses annuelles de 1,8% puis 2,1%.
| Indicateur | Valeur | Période | Ce que ça veut dire | Source |
|---|---|---|---|---|
| Inflation alimentaire annoncée | entre 0 et 1% | été et rentrée | panier global quasi stable | Carrefour / RTL |
| Indice des prix à la consommation | +1,8% | juin (sur un an) | inflation globale en hausse | INSEE |
| Indice des prix à la consommation | +2,1% | juillet (sur un an) | poursuite de la remontée | INSEE |
| Panier fournitures scolaires | 211 € → 181 € (-14%) | rentrée | dépense moyenne en baisse | Familles de France |
Dans le détail, Alexandre Bompard reconnaît que tous les rayons ne suivent pas cette trajectoire. « Les fruits et légumes ne sont pas stables, mais en augmentation pour certains segments. Les salades, les produits à tige, les produits d’été – il y a eu une forte demande et de la sécheresse, donc les prix augmentent. » Il promet que la grande distribution va « comprimer [ses] marges commerciales » pour limiter l’impact pour le client, mais prévient que les consommateurs devront accepter « des calibres différents ».
Le dirigeant décrit une filière agricole bousculée par le climat. « L’agriculture est en adaptation absolue face à l’aléa climatique, qui n’est plus un aléa. Il y a une baisse des rendements et des calibres. Vous avez des radis, des pommes de terre qui sont plus petites, et que les consommateurs doivent accepter. » Dans ce contexte, les hausses sur les produits frais coexistent avec une stabilité moyenne des prix alimentaires, car les tarifs entre agriculteurs et distributeurs sont négociés en hiver pour l’année, ce qui fige une grande partie des grilles jusqu’à la fin de l’exercice.
Fournitures scolaires : un panier moyen en baisse pour la rentrée
Sur le front de la rentrée, le signal est plus franchement positif pour les familles. Selon l’association Familles de France, le panier moyen de fournitures scolaires recule de 14%, passant de 211 à 181 euros. Alexandre Bompard y voit l’effet des négociations annuelles avec les industriels : « La grande distribution a négocié cet hiver avant la guerre. Cela va nous conduire jusqu’à la fin de l’année, jusqu’à mars prochain et la fin du prochain round de négociations. » Autrement dit, les prix de nombreux produits de rentrée ont été verrouillés avant la récente remontée de l’inflation.
Malgré ces signaux jugés rassurants par le distributeur, le pouvoir d’achat reste sous pression. Les données de l’INSEE montrent que la consommation des ménages en biens a été stable au deuxième trimestre (-0,1%) après une baisse au premier (-0,7%). « Les Français se sont habitués à un environnement de crise : la consommation tient, elle est assez solide, les Français essayent de se faire plaisir autant que possible », constate encore le patron. Pour y parvenir, les ménages ont continuer à ajuster leurs arbitrages entre rayons en espérant que la promesse d’absence de « septembre rouge » se vérifie sur les tickets de caisse.
En bref
- Invité sur RTL, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard assure qu’il n’y aura pas de « septembre rouge » à la rentrée, alors que l’INSEE mesure une inflation globale repartie à 2,1 % en juillet 2026.
- Le distributeur met en avant une inflation alimentaire limitée entre 0 et 1 %, des fournitures scolaires en recul de 14 % (211 à 181 euros), tout en reconnaissant des hausses ciblées sur les fruits et légumes frappés par la sécheresse.
- Entre marges comprimées, contrats négociés en hiver et pouvoir d’achat toujours sous tension, la promesse d’absence de « septembre rouge » tiendra-t-elle vraiment au moment de passer en caisse ?








