Retraite des mères : cette erreur de l'Assurance retraite qui explique pourquoi votre pension est mal calculée depuis le 1er septembre

Depuis le 1er septembre 2026, des mères parties en retraite touchent une pension de base calculée à tort sur 25 ans à cause d’un retard informatique. Qui est vraiment concerné, comment le rattrapage annoncé en 2027 doit-il se faire, et quels réflexes adopter dès maintenant ?
Depuis le 1er septembre 2026, beaucoup de mères qui partent en retraite découvrent une pension plus faible que prévu. Elles s’attendaient à profiter d’une nouvelle règle de calcul censée mieux prendre en compte leurs carrières heurtées par les congés maternité ou les temps partiels, mais leurs versements continuent d’être basés sur l’ancien système.
Car depuis cette date, la retraite de base des mères devait être calculée non plus sur 25 années de revenus, mais sur leurs 23 ou 24 meilleures années, selon le nombre d’enfants, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Un retard informatique à l’Assurance retraite bloque pourtant ce coup de pouce et laisse, pour l’instant, des pensions mal calculées sur 25 ans, avec un rattrapage annoncé, potentiellement interressant mais encore lointain.
Retraite des mères : ce que devait changer la règle des 23 ou 24 meilleures années
La suspension de la réforme des retraites, actée fin 2025, s’est accompagnée de mesures ciblées pour les femmes ayant eu des enfants. Selon la notice du décret n°2026-699 du 29 juillet 2026, cette mesure vise à « réduire le nombre d’années prises en compte pour le calcul du revenu annuel moyen des bénéficiaires de bonification et de majorations de durée d’assurance au titre de leurs enfants », pour les « pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 ». Concrètement, une mère d’un enfant doit voir sa pension de base calculée sur ses 24 meilleures années, et une mère de deux enfants ou plus sur ses 23 meilleures années, au lieu des 25 années habituelles.
Réduire le nombre d’années retenues permet, en théorie, d’écarter une ou deux années de revenus particulièrement faibles pour relever le salaire annuel moyen pris en compte. Le cabinet Origami et Co, cité par MoneyVox, rappelle : « Mathématiquement, faire la moyenne des 25 années par exemple à 30 000 €/an ou la moyenne sur 24 donne le même résultat. » Le gain n’apparaît vraiment que si une année figure nettement en dessous des autres : « Si par hasard, sur les 25 meilleures années, l’une d’entre elle tombe à 8 000€, l’impact de ne prendre qu’une moyenne sur les 24 meilleures et de 40 € brut [par mois, NDLR] mais c’est complètement théorique puisqu’on a forcément travaillé plus de 25 ans. » Les documents préparatoires à la réforme évoquaient d’ailleurs un gain moyen d’environ +1 % pour les femmes concernées, ce qui reste modeste et très variable selon les carrières.
Pensions mal calculées depuis le 1er septembre : le couac informatique et les bons réflexes
Dans les faits, cette nouvelle règle est entrée en vigueur sur le papier, mais pas encore dans les systèmes. Ouest-France a révélé que les logiciels de l’Assurance retraite, des Carsat et de la Cnav restent, pour l’heure, paramétrés pour un calcul sur 25 meilleures années, car les décrets n’ont été publiés au Journal officiel que le 31 juillet 2026, soit un mois avant l’entrée en application. Pascal Cros, délégué central CFDT à la Cnav, résume la situation dans Ouest-France : « Certes, l’Assurance retraite était au courant avant. Mais il n’est pas étonnant que tout ne soit pas prêt, vu l’ampleur de la réforme et la tension sur les effectifs. »
| Élément | Avant 01/09/2026 | Règle prévue depuis 01/09/2026 | Situation réelle 2026-2027 | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|---|---|
| Années prises en compte | 25 meilleures années | 24 si 1 enfant, 23 si au moins 2 | Calcul encore sur 25 années | Attendre le recalcul annoncé |
| Date d’effet de la pension | Avant le 1er septembre 2026 | À partir du 1er septembre 2026 | Dossiers éligibles identifiés par les caisses | Vérifier cette date sur la notification |
| Condition liée aux enfants | Règle mères moins favorable | Bénéficiaires de droits liés aux enfants | Mesure en vigueur mais non appliquée | Rien à envoyer, suivre son compte |
| Montant versé aujourd’hui | Pension calculée sur 25 ans | Légère hausse pour plus d’une femme sur deux | Manque à gagner temporaire possible | Conserver relevés et paiements reçus |
| Recalcul et rattrapage | Aucun dispositif spécifique | Revenus revus sur 23 ou 24 années | Recalcul automatique annoncé par l’Assurance retraite | Pas de recours, attendre la régularisation |
| Échéance indiquée | Sans objet | Application à compter du 01/09/2026 | Pas avant le deuxième trimestre 2027 | Surveiller son espace personnel en 2027 |
Sollicitée par Ouest-France, l’Assurance retraite s’efforce de rassurer les nouvelles retraitées en expliquant que ce nouveau calcul « fera l’objet d’une mise à jour complète de nos systèmes d’information dans les semaines qui viennent ». La Cnav précise, citée par MoneyVox, que « La reprise de ces dossiers sera automatique », sans qu’il soit nécessaire de déposer un recours. Selon les informations communiquées à l’AFP et reprises par Notre Temps, la bascule effective du calcul sur 23 ou 24 meilleures années ne pourrait toutefois intervenir, au mieux, qu’au deuxième trimestre 2027, avec un rattrapage prévu depuis la pension de septembre 2026 et sans perte de droits pour les mères concernées, à condition de bien conserver leur notification de retraite, leurs relevés de carrière et le détail des paiements reçus pour vérifier le montant une fois la régularisation intervenue.
En bref
- Depuis le 1er septembre 2026, une nouvelle règle de calcul devait améliorer la pension de base des mères en ramenant le nombre d’années retenues à 23 ou 24.
- Un retard de mise à jour des systèmes de l’Assurance retraite, des Carsat et de la Cnav maintient pourtant un calcul sur 25 années, avec recalcul automatique et rattrapage annoncés au plus tôt au deuxième trimestre 2027.
- Les principales intéressées doivent surtout vérifier la date d’effet de leur pension, conserver leurs notifications et suivre leur espace en ligne pour contrôler la future régularisation.









