Le CAC 40 atteint des sommets historiques : les banques en tête, l'impact du shutdown américain et les défis à venir

Par Paul Graph - Publié le

Le CAC 40 atteint de nouveaux sommets, porté par les banques et la fin du shutdown américain. Quels sont les catalyseurs de cette dynamique haussière?

Le CAC 40 atteint des sommets historiques : les banques en tête, l’impact du shutdown américain et les défis à venir

Paris tient le rythme. Dopé par les financières et un soulagement venu de Washington, le CAC 40 accélère encore, porté par une appétence au risque qui pousse les indices européens vers des niveaux inédits. Les investisseurs scrutent, précisement, les seuils qui comptent et les catalyseurs macro.

En toile de fond, la fin de la paralysie budgétaire américaine et le retour progressif des indicateurs entretiennent la dynamique. L’Europe suit le mouvement, quand Wall Street temporise sous le poids des grandes valeurs technologiques. La suite se joue vite.

CAC 40 : records en chaîne, banques en tête

Mercredi, l’indice parisien a inscrit un nouveau record en séance à 8 280,97 points, avant de clôturer en hausse de 1,04 % à 8 241,24 points. En trois séances, le CAC 40 a gagné environ 3,7 %. Le ton est également positif à l’échelle du continent, avec un Euro Stoxx 50 en progression de 1,1 %, tandis que Madrid et Londres ont touché des sommets historiques et que Milan s’est hissée à un plus haut depuis 2000.

Les banques mènent la danse : Société Générale a gagné 3,1 % et BNP Paribas 2,6 %, tandis que Capgemini a progressé de 2,5 %. Outre-Atlantique, l’élan apparaît plus contrasté avec un Dow Jones en hausse de 0,7 %, un S&P 500 proche de l’équilibre et un Nasdaq en repli de 0,4 %. Jeudi matin, la Bourse de Paris avançait encore d’environ 0,72 % peu après l’ouverture. « La fin du shutdown constitue généralement un élément porteur pour les marchés d’actions, dans la mesure où elle permet de débloquer les fonds distribués par le Trésor américain, de relancer la consommation chez les bénéficiaires du programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire SNAP et de réduire les perturbations liées aux vols », rappellent les analystes de Jefferies, cités par Zonebourse.

Shutdown américain, tech sous surveillance, chiffres à venir

Dans la soirée de mercredi, après un vote au Congrès, Donald Trump a signé la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire des Etats-Unis, après 43 jours. De quoi relancer la publication de statistiques et offrir des repères de cycle aux marchés, même si certains indicateurs du mois écoulé pourraient ne pas paraître. Les propos de salle de marché convergent : « par le vote américain mettant fin au shutdown et par la montée des anticipations d’une baisse de taux de la Fed en décembre », a commenté John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank. Au rayon des risques, la vigueur retrouvée des actions reste tributaire des données à publier et des anticipations de politique monétaire.

En Europe, la hausse des prix s’est tassée en Allemagne en octobre, à 2,3 % sur un an, soutenant un repli des rendements : les OAT à 10 ans ont glissé vers 3,382 % quand les Bunds évoluaient à 2,647 %, le spread OAT/Bund revenant à 73,5 points de base. Aux Etats-Unis, le 10 ans se traite autour de 4,07 % et le 30 ans près de 4,663 %. Le pétrole recule avec un Brent à 63 dollars, soit environ 54 euros, et un WTI à 59 dollars, soit près de 51 euros. L’euro remonte vers 1,1590 dollar. Côté valeurs, Carrefour a été recherché après l’entrée de la famille Saadé à hauteur d’environ 4 % du capital. Le luxe reste actif avec LVMH, dont la division montres a pris une participation minoritaire dans la manufacture suisse La Joux-Perret. TotalEnergies a signé un PPA de 15 ans avec Google pour 1,5 TWh d’électricité solaire aux Etats-Unis. Alstom a confirmé un contrat de 6,9 milliards de zlotys, soit environ 1,6 milliard d’euros, avec PKP Intercity, et Edenred a chuté au Brésil après un décret plafonnant les commissions des titres-restaurant. En arrière-plan, la tech américaine demeure surveillée : l’annonce par SoftBank de la cession de sa participation dans Nvidia a pesé, le titre Nvidia ayant cédé près de 3 %, même si les accès de faiblesse ont jusqu’ici suscité des rachats sur repli. Le fil du marché reste clair, pour l’instant.