Rémunération d'Elon Musk : un plan à 1000 milliards qui redéfinit Tesla et l'industrie automobile

Par Paul Graph - Mis à jour le

Le plan de rémunération d'Elon Musk, approuvé à plus de 75 %, pourrait transformer Tesla et l'industrie. Quels impacts pour les actionnaires et la stratégie future ?

Rémunération d’Elon Musk : un plan à 1000 milliards qui redéfinit Tesla et l’industrie automobile

Un plan de rémunération qui peut théoriquement atteindre 1 000 milliards de dollars (environ 930 milliards d’euros) et s’étaler sur dix ans, voilà qui bouscule les codes, chez Tesla comme dans toute l’industrie. L’enjeu déborde la simple paye du patron, il redessine la gouvernance et oriente les paris technologiques, du logiciel d’aide à la conduite aux robots humanoïdes.

Approuvé par plus de 75 % des votes lors de l’assemblée générale du 6 novembre à Austin, ce package conditionnel repose sur 12 tranches de performance et peut porter la part d’Elon Musk de 12,4 % à 25 % à 29 %, sous réserve de cibles extrêmes comme une capitalisation de 8 500 milliards de dollars (environ 7 900 milliards d’euros) ou la vente de 20 millions de véhicules. La question, actuellemnt, est double : ce plan crée-t-il de la valeur pour les actionnaires et que change-t-il pour l’industrie automobile et de l’IA.

Rémunération d’Elon Musk chez Tesla : conditions et risques pour les actionnaires

Le dispositif lie étroitement attribution d’actions et jalons financiers ou opérationnels sur dix ans. D’après les documents présentés, les premiers paliers visent une capitalisation de 2 000 milliards de dollars puis 4 000 et 6 000 milliards, jusqu’au cap des 8 500 milliards de dollars, ou encore 20 millions de voitures vendues, 1 million de robotaxis et des volumes massifs de systèmes Autopilot. En parallèle, Elon Musk a reçu 96 millions d’actions au titre du plan de 2018, validé de nouveau par l’AG, et pourrait mécaniquement renforcer son poids au capital s’il coche toutes les cases.

Pour les investisseurs, la contrepartie potentielle est une dilution et une dépendance accrue à une personne clé. « Bien que nous reconnaissions la valeur considérable créée sous la direction visionnaire de M. Musk, nous sommes préoccupés par le montant total de la rémunération, la dilution et l’absence de mesures pour atténuer le risque lié à une personne clé », a indiqué le fonds souverain de Norvège, selon Autoactu. Le cabinet ISS pointe des objectifs jugés « manquant de précisions », d’après Auto-Moto. À l’inverse, des soutiens rappellent l’historique de création de valeur pour les porteurs. « Tesla n’est pas dirigé par un patron ordinaire. Elon est un visionnaire […], qui a accompli des révolutions industrielles et des transformations réussies de nombreuses entreprises pionnières à plusieurs milliards de dollars », affirmait notamment le groupe, selon 20 Minutes.

IA, FSD et robotaxi : ce que ce package change pour l’industrie

Sur scène à Austin, Elon Musk a salué ses soutiens. « Merci de tout cœur pour ceux qui ont soutenu », a déclaré Elon Musk, selon 20 Minutes. « Ce n’est pas simplement un nouveau chapitre de l’histoire de Tesla, mais un livre tout neuf », a-t-il ajouté. Le cap est explicite : accélérer la bascule vers l’intelligence artificielle, l’autonomie et la robotique, avec les robots Optimus et le futur robotaxi. Le vote des actionnaires sur un investissement dans xAI a toutefois été moins probant, le conseil d’administration devant encore « examiner le résultat », a relevé 20 Minutes.

La route réglementaire reste serrée pour le FSD en Europe. Musk a promis la possibilité « d’envoyer des SMS en conduisant » d’ici « un mois ou deux », selon Frandroid. Or, les textes européens cantonnent la conduite autonome à des cadres de niveau 2 ou 3 très balisés. « Vous devez garder les mains sur le volant lorsque le FSD est activé », peut-on lire dans le guide du Model Y, d’après Capital. Sans homologation de niveau 3, Tesla ne peut pas transférer la responsabilité à la marque en cas d’accident, et le calendrier de déploiement reste flou. En toile de fond, le marché se tend : au premier trimestre 2025, les ventes de Tesla ont reculé de 13 % dans le monde et de 41 % en France, à 6 693 immatriculations, selon L’Automobile Magazine, avec un Model 3 privé de bonus écologique et une concurrence renforcée. Autant de variables qui conditionnent la réalisation des jalons et, donc, l’ampleur réelle du package.