ROCE : comment calculer ce ratio de rentabilité clé que les investisseurs scrutent en 2024 pour savoir si votre entreprise crée ou détruit de la valeur

Par Paul Graph - Publié le

Dans un contexte de capital plus cher, le ROCE s’impose comme le ratio clé pour juger la rentabilité des capitaux employés d’une entreprise. Comment son calcul précis peut‑il révéler, derrière un simple pourcentage, la vraie création de valeur à long terme ?

ROCE : comment calculer ce ratio de rentabilité clé que les investisseurs scrutent en 2024 pour savoir si votre entreprise crée ou détruit de la valeur

Pour un dirigeant de PME, un investisseur particulier ou un analyste, savoir si une entreprise utilise bien l’argent qui lui est confié n’a rien d’anecdotique. Parmi les ratios interressants, le ROCE revient très souvent dans les présentations financières, sans toujours être clairement expliqué. On le présente comme un indicateur de rentabilité économique, capable de distinguer les sociétés vraiment performantes de celles qui le sont un peu moins.

En 2024, selon une étude de McKinsey, les entreprises affichant un ROCE supérieur à 15% surperforment systématiquement leurs concurrents sur le long terme, ce qui montre à quel point ce pourcentage est scruté. Une autre analyse de Bain & Company publiée en 2023 a montré que les groupes maintenant un ROCE au dessus de leur coût du capital sur dix ans ont eu une probabilité 3,5 fois plus élevée de mieux faire que leurs rivaux en Bourse. Reste à décoder ce que mesure réellement ce ratio.

ROCE : définition du retour sur capitaux employés

Le ROCE fait partie des grands indicateurs de rentabilité des capitaux employés. Il sert à apprécier l’efficacité avec laquelle une entreprise transforme l’ensemble des capitaux mis à sa disposition en résultat opérationnel. L’idée centrale : peu importe que l’argent vienne des actionnaires ou des banques, ce qui compte est la façon dont il est utilisé dans l’activité.

Concrètement, le ROCE, acronyme de Return On Capital Employed, correspond au retour sur capitaux employés. Il mesure la performance économique « pure » de l’entreprise, indépendamment de sa structure de financement. Les investisseurs institutionnels comme les particuliers l’utilisent pour juger la capacité d’une organisation à transformer les moyens engagés en profits opérationnels, et pour comparer des sociétés d’un même secteur sur une base commune.

Formule du ROCE : comment effectuer le calcul pas à pas

Le calcul repose sur une formule simple qui relie le résultat opérationnel aux capitaux mobilisés. La formule la plus courante est la suivante : ROCE = (Résultat d’Exploitation / Capitaux Employés) × 100. Le résultat d’exploitation correspond ici au bénéfice avant intérêts et impôts, souvent appelé EBIT. Les capitaux employés peuvent être obtenus en additionnant les actifs immobilisés et le besoin en fonds de roulement, ou en retenant la somme des capitaux propres et de l’endettement net.

Un exemple permet de visualiser le calcul. Imaginons une entreprise avec un résultat d’exploitation de 50 millions d’euros, 300 millions d’euros d’actifs immobilisés et 100 millions d’euros de besoin en fonds de roulement, soit 400 millions d’euros de capitaux employés. Le ROCE sera alors égal à (50 / 400) × 100, soit 12,5%. Ce chiffre signifie que la société génère un rendement de 12,5% sur les capitaux qu’elle emploie. Pour savoir si cela crée ou non de la valeur, les financiers le comparent au coût moyen pondéré du capital, le fameux WACC : au dessus, l’entreprise crée de la valeur économique, en dessous elle en détruit.

Comment interpréter le ROCE et le comparer au ROE ?

La lecture du ROCE se fait toujours en tenant compte du contexte. Un niveau jugé élevé dans les services ou la tech peut rester modeste dans l’énergie ou l’industrie lourde, où les besoins d’investissement sont plus importants. Les analystes regardent aussi la tendance : un ROCE qui progresse traduit souvent une amélioration de l’efficacité opérationnelle ou des investissements bien ciblés, alors qu’un ROCE en baisse peut signaler des projets mal calibrés ou des problèmes plus structurels. Pour agir, les entreprises jouent sur quelques leviers concrets :

  • améliorer la marge opérationnelle en maîtrisant mieux les coûts ;
  • accélérer la rotation des actifs pour générer plus de chiffre d’affaires avec le même niveau de capital ;
  • réduire le besoin en fonds de roulement via une gestion plus fine des stocks et des délais de paiement ;
  • céder les actifs non stratégiques ou insuffisamment rentables.

Le ROCE se distingue du ROE (Return On Equity, ou rentabilité des capitaux propres) qui ne regarde que le point de vue des actionnaires. Le ROE se calcule avec la formule ROE = (Résultat Net / Capitaux Propres) × 100 et dépend fortement du niveau d’endettement. Une entreprise très endettée peut ainsi afficher un ROE élevé alors que son ROCE reste modeste, ce qui masque une performance économique réelle moins favorable. Utiliser ensemble ROCE et ROE permet donc de voir à la fois l’efficacité du modèle économique et l’effet de la structure financière sur la rentabilité offerte aux actionnaires.

En bref

  • Dirigeants, investisseurs et analystes utilisent le ROCE pour mesurer la rentabilité des capitaux employés à partir du résultat d’exploitation et du capital mobilisé.
  • L’article détaille la formule du ROCE, illustre le calcul avec un exemple chiffré et montre comment le comparer au coût moyen pondéré du capital et au ROE.
  • Vous y verrez comment ce ratio peut éclairer la performance réelle d’une entreprise et les leviers concrets pour améliorer durablement son retour sur capitaux employés.