Adieu les APL : ce nouveau prêt garanti par l'État pour les moins de 30 ans va bouleverser votre achat immobilier

En misant sur un PGE immobilier pour tous les moins de 30 ans, Bruno Le Maire veut relancer l’accession à la propriété. Mais ce coup de pouce garanti par l’État pourrait s’accompagner d’un sérieux coup de frein sur certaines aides au logement.
Un prêt garanti par l’État pour aider les moins de 30 ans à acheter, en échange d’un coup de rabot sur les aides au logement : Bruno Le Maire remet le PGE immobilier au centre du débat. Dans son Manifeste pour une autre France publié mardi 25 août, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances propose de transposer au logement des jeunes le mécanisme utilisé pendant le Covid.
Objectif affiché : relancer l’accession à la propriété des moins de 30 ans, alors que l’âge moyen du premier achat atteint désormais 36,5 ans et que la part des jeunes primo-accédants recule. Mais cette nouvelle garantie publique « aura vocation à remplacer les aides directes qui ont un impact inflationniste sur les prix ». Un vrai changement de logique.
Un PGE immobilier pour les moins de 30 ans, sur le modèle de la crise Covid
Le « prêt garanti par l’État » proposé par Bruno Le Maire repose sur un schéma déjà connu. Pendant la crise sanitaire, entre 2020 et 2022, l’État s’est porté garant des emprunts bancaires des entreprises via le PGE, pour un volume d’environ 145 milliards d’euros et près de 650.000 sociétés bénéficiaires. Au 30 septembre 2025, près de 20 milliards d’euros d’encours de ces prêts restaient encore à rembourser.
C’est cette architecture que l’ancien locataire de Bercy veut adapter au logement des jeunes. « Le prêt garanti par l’État (PGE) a sauvé notre économie au moment du COVID ; un PGE accès à la propriété sera mis à disposition de tous les jeunes de moins de trente ans », a indiqué Bruno Le Maire dans son Manifeste pour une autre France, cité par BFMTV. Il assure par ailleurs qu’il « n’est pas candidat », tout en déroulant une série de propositions destinées à réduire le déficit public et à financer des priorités comme le logement.
Dans son texte, désormais conseiller auprès du géant néerlandais des semi-conducteurs ASML, il précise que ce nouveau PGE « aura vocation à remplacer les aides directes qui ont un impact inflationniste sur les prix ». Il dit vouloir « faire le tri dans les aides publiques » et, plus précisément, « faire le tri » dans les « aides directes » au logement, « comme dans les normes de construction ». Selon lui, ces dispositifs nourrissent la hausse des prix immobiliers et des loyers.
| Indicateur | Valeur | Période | Repère |
|---|---|---|---|
| Âge moyen 1er achat immobilier | 36,5 ans | Donnée récente | Accession plus tardive |
| Part des -30 ans primo-accédants | 31 % | 2025 | Niveau avant recul |
| Part des -30 ans primo-accédants | 29 % | 2026 | Érosion des jeunes acheteurs |
| Bénéficiaires APL | 2,7 millions | Référence CAF | Poids social des aides |
| Budget aides au logement | 16,1 Md€ | 2026 | Enjeu pour les finances publiques |
| PGE Covid entreprises | 145 Md€ et 650.000 emprunteurs | 2020-2022 | Ampleur de la garantie publique |
Exit les APL ? Ce que changerait un PGE accession pour les jeunes acheteurs
En toile de fond de cette proposition, les Aides personnelles au logement (APL) restent au cœur des débats budgétaires. D’après les données de la Caisse d’Allocations Familiales, environ 2,7 millions de ménages perçoivent aujourd’hui une aide au logement. Le budget global des « aides au logement » – qui regroupe APL, Allocation de logement familiale (ALF) et Allocation de logement sociale (ALS) – est fixé à 16,1 milliards d’euros en 2026. Ce poste est régulièrement cité comme cible d’économies.
Depuis le 1er juillet, les étudiants extra-communautaires non boursiers ne peuvent plus toucher ces aides, ce qui représente « une économie d’à peu près 200 millions d’euros en année pleine », a souligné le ministre du Logement. Le gouvernement a en revanche démenti vouloir supprimer les APL pour certains étudiants aidés par des parents aisés dans le budget 2027. Bruno Le Maire, lui, assume la remise en cause d’une partie de ces aides directes et propose que le ministre du Logement présente chaque année au Parlement « un bilan annuel de la politique du logement, du nombre de mises en chantiers et de l’évolution des prix ». Il conclut en établissant un parallèle : « MEDICARE a été la grande réforme sociale des années Obama aux Etats-Unis ; le logement abordable doit être la grande politique sociale de la prochaine mandature en France ».
Sur le terrain, les jeunes ménages combinent déjà plusieurs leviers pour financer leur résidence principale. Un prêt à taux zéro peut compléter un crédit classique, tandis que le prêt d’accession sociale (PAS) s’adresse aux foyers modestes, avec des plafonds calculés à partir du revenu fiscal de référence de l’année N-2. Pour une offre émise en 2025, c’est par exemple le revenu fiscal de référence 2023, inscrit sur l’avis d’imposition 2024, qui est pris en compte, avec des seuils variables selon les zones A, A bis, B1, B2 ou C. Un point interressant pour les moins de 30 ans qui cherchent à savoir ce que pourrait apporter, en plus, une garantie publique de type PGE.
| Dispositif | Public cible | Nature de l’aide | Conditions clés | Effet sur le crédit |
|---|---|---|---|---|
| Prêt à taux zéro (PTZ) | Primo-accédants respectant des plafonds de revenus | Prêt aidé complétant un crédit immobilier classique | Achat résidence principale, zones et ressources encadrées | Allège le coût total de l’opération |
| Prêt d’accession sociale (PAS) | Ménages aux revenus modestes | Prêt règlementé soutenu par l’État | Revenu fiscal N-2 et zones A à C | Facilite l’accès au crédit immobilier |
| PGE accès à la propriété (proposé) | Jeunes de moins de 30 ans achetant | Garantie d’État sur un prêt bancaire | Modalités pratiques encore à définir | Risque de crédit partagé avec l’État |
En bref
- Écrit dans son Manifeste pour une autre France publié le 25 août 2026, le projet de Bruno Le Maire vise les jeunes de moins de 30 ans confrontés à un premier achat de plus en plus tardif.
- Il met en avant un prêt immobilier garanti par l’État, inspiré du PGE Covid, destiné à faciliter l’accès au crédit des primo-accédants tout en réduisant certaines aides directes comme les APL jugées inflationnistes.
- Reste à préciser comment cette garantie publique cohabiterait avec le PTZ, le PAS et un budget de 16,1 milliards d’euros d’aides au logement, et quels jeunes acheteurs y gagneraient réellement.








