Combien de loyers impayés avant l’expulsion en 2026 ? Ce que la clause résolutoire et le record inquiétant d’expulsions changent pour les locataires
En 2025, plus de 30 000 ménages ont été expulsés pour loyers impayés, un record qui inquiète locataires et propriétaires. En 2026, que se passe‑t‑il vraiment après un premier loyer en retard et quels leviers restent ouverts avant l’expulsion ?

En 2026, beaucoup de locataires s’interrogent : combien de loyers impayés avant d’être expulsé concrètement, surtout après un nouveau record d’expulsions. En 2025, 30 500 ménages ont été expulsés de force de leur logement, soit une hausse de 27 % par rapport à l’année précédente, ce qui représente près de 200 000 personnes fragilisées. Pour le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, il s’agit parfois de lutter contre « les professionnels de l’impayé », a‑t‑il affirmé au micro de France Inter, ce qui donne le ton d’un contexte plus répressif.
Sur le terrain, les associations rappellent une réalité sociale beaucoup plus large. « Cela concerne de plus en plus de personnes, parce que les coûts du logement sont devenus décorrélés des niveaux de vie. », a expliqué Vanessa Brossard, directrice de la Fondation pour le Logement en Auvergne-Rhône-Alpes, citée par Empruntis. Dans ce décor tendu, la fin de la trêve hivernale au 31 mars et la mise en place du numéro vert « SOS loyers impayés », joignable au 08 05 16 00 75 du lundi au vendredi, rappellent que tout se joue souvent dès le premier impayé.
Combien de loyers impayés avant expulsion : que dit la loi en 2026 ?
L’idée répandue selon laquelle un bailleur devrait « attendre trois mois d’impayés » avant de pouvoir agir ne correspond pas au droit. La loi locative française ne raisonne pas en nombre de loyers impayés, mais en manquement au contrat et en respect d’une procédure très encadrée. Autrement dit, ce qui compte, c’est le retard de paiement, la réaction du locataire et la capacité du propriétaire à enclencher rapidement les démarches légales.
En 2026, la règle de base reste claire : il n’existe aucun nombre minimum de loyers impayés pour engager une procédure d’expulsion, un propriétaire peut agir dès le premier impayé. En revanche, expulser un locataire prend du temps. Entre relances, intervention d’un commissaire de justice, audience au tribunal, décision du juge puis expulsion effective, la procédure dure en pratique entre 6 mois et 3 ans. Le locataire garde donc une vraie marge de manoeuvre pour réagir et régulariser sa situation avant d’en arriver à la perte du logement.
Loyers impayés, clause résolutoire et délais d’expulsion en 2026
La procédure démarre rarement brutalement. Le plus souvent, le propriétaire commence par une relance amiable, puis une mise en demeure écrite. Si la dette persiste, un commandement de payer est délivré par un commissaire de justice : le locataire dispose alors d’un délai légal, en général 6 semaines pour payer. Ensuite vient l’assignation devant le juge, avec une audience fixée entre environ 6 semaines et 6 mois plus tard, puis un commandement de quitter les lieux qui laisse encore 2 mois avant l’expulsion forcée.
La présence d’une clause résolutoire dans le bail change beaucoup la vitesse de la procédure. Avec cette clause, devenue obligatoire dans tous les nouveaux baux depuis la loi du 29 juillet 2023, le juge se contente de constater la résiliation du bail si la dette n’est pas réglée dans les délais, ce qui accélère le calendrier. Les chiffres donnés par les praticiens sont parlants : avec clause résolutoire et hors trêve hivernale, une expulsion intervient en moyenne en 6 à 9 mois, contre 12 à 24 mois sans clause. Si le juge accorde un échéancier de remboursement, les délais peuvent monter jusqu’à 3 ans. Côté finances, une procédure complète coûte souvent entre 2 000 et 4 000 EUR, partiellement couverts seulement si le bailleur a souscrit une assurance loyers impayés.
Loyers impayés : comment éviter l’expulsion en 2026 ?
Avant même de parler de « combien de loyers impayés avant d’être expulsé en 2026 », il faut garder en tête un verrou majeur : la trêve hivernale. Entre le 1er novembre et le 31 mars, aucune expulsion ne peut être exécutée, même avec un jugement définitif, sauf exceptions très ciblées (squat, relogement adapté, immeuble en péril). La procédure judiciaire continue, mais le commissaire de justice ne peut pas intervenir physiquement. Le calendrier réel dépend alors autant de la saison que du nombre d’échéances impayées.
Pour un locataire, tout se joue souvent dès le premier mois de retard. Contacter le propriétaire, expliquer la difficulté et proposer un plan de paiement crédible peut suffire à geler une procédure naissante. Le recours à des dispositifs dédiés permet aussi de reprendre la main rapidemment :
- demander un échéancier au propriétaire puis, si besoin, au juge, qui peut l’étaler jusqu’à 3 ans et suspendre la clause résolutoire si la dette est remboursée régulièrement ;
- saisir le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) de son département pour une aide au règlement des impayés ;
- vérifier ses droits à l’APL ou à d’autres aides sociales pour réduire le loyer restant à charge ;
- voir si la garantie Visale peut intervenir pour couvrir une partie des loyers impayés ;
- appeler le numéro vert « SOS loyers impayés » 08 05 16 00 75 de l’ANIL pour être orienté, faire relire les actes reçus et comprendre chaque étape de la procédure.
Côté propriétaire, la marche à suivre reste tout aussi encadrée : pas de changement de serrure, ni coupure d’eau ou d’électricité pour forcer un départ, au risque de commettre un délit de violation de domicile puni jusqu’à 3 ans de prison et 30 000 EUR d’amende. S’assurer avec une assurance loyers impayés, demander une caution solidaire ou s’appuyer sur la garantie Visale ne raccourcit pas les délais légaux d’expulsion, mais limite la perte financière pendant que la justice suit son cours, parfois bien au delà du simple nombre de loyers impayés.
En bref
- En 2026, dans un contexte record de 30 500 expulsions forcées en 2025, la loi française permet au bailleur d’agir dès le premier loyer impayé sans seuil minimal fixé.
- La procédure passe par un commandement de payer, l’éventuelle activation de la clause résolutoire, une audience devant le juge puis un commandement de quitter, pour des délais réels allant d’environ 6 mois à 3 ans selon les cas et la trêve hivernale.
- Entre aides comme le FSL, la garantie Visale, le numéro vert SOS loyers impayés et les délais de paiement que peut accorder le juge, locataires et bailleurs disposent encore de marges de manœuvre avant une expulsion effective.









