MaPrimeRénov’ 2026 rouvre avec 3,6 milliards d’euros : nouvelles règles, passoires F et G exclues, seuls les propriétaires prêts seront aidés
Fermé le 1er janvier faute de loi de finances, le guichet MaPrimeRénov’ 2026 rouvre avec 3,6 milliards d’euros et des règles durcies. Qui pourra encore financer ses travaux et comment s’adapter aux nouvelles exigences de France Rénov’ ?

Depuis la fermeture brutale du guichet MaPrimeRénov’ 2026 au 1er janvier, des milliers de propriétaires ont mis leur chantier de rénovation en pause. Factures de chauffage qui flambent, devis signés mais non déposés, artisans dans l’attente : l’arrêt du dispositif a créé un vrai flottement pour tous ceux qui comptaient sur cette aide pour lancer ou boucler leurs travaux.
Sans information claire sur le calendrier ni sur les nouvelles règles, beaucoup redoutaient une suppression pure et simple de la prime. La loi de finances 2026 a finalement été adoptée le 2 février, ouvrant la voie à la reprise des aides avec une enveloppe de 3,6 milliards d’euros. Le 5 février, sur CNews et Europe 1, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a rappelé : « J’avais dit très clairement que s’il n’y avait pas de budget, il n’y avait pas de guichet (de demande de subvention, NDLR) », avant d’annoncer : « Eh bien la bonne nouvelle, c’est que ça y est, il y a un budget, donc dès la promulgation de la loi, ce qui va arriver dans quelques jours, réouverture complète de MaPrimeRénov’ », une décision « très attendue par nos concitoyens et par les professionnels du secteur », a expliqué Vincent Jeanbrun, cité par Capital. Derrière cette promesse, les règles du jeu de la rénovation énergétique changent pourtant profondément.
MaPrimeRénov’ 2026 : une suspension technique et un budget sous contrainte
Le blocage du début d’année reste d’abord administratif : tant que la loi de finances n’était pas promulguée, l’Agence nationale de l’habitat ne pouvait pas ouvrir de nouveaux droits. « Pas de budget, pas de caisse », a résumé Vincent Jeanbrun pour expliquer cette fermeture temporaire du guichet. Il s’agit donc d’un arrêt technique, et non de la fin définitive de l’aide. « Que la France dispose d’un budget va permettre de reprendre l’engagement des dossiers en attente et ainsi permettre aux travaux de débuter », a salué le ministre, en soulignant l’importance de ce vote pour les chantiers gelés. En revanche, les ménages disposant déjà d’un accord de principe ne sont pas touchés par la suspension : les fonds sont provisionnés et la prime est versée après téléversement des factures sur le portail officiel.
Pour 2026, le budget de MaPrimeRénov’ prévoit toujours 3,6 milliards d’euros de crédits de l’État, complétés par 500 millions d’euros de certificats d’économie d’énergie, financés par les fournisseurs d’énergie. L’Agence nationale de l’habitat vise ainsi le financement de 150 000 travaux isolés, comme un changement de chaudière ou de fenêtres, et 120 000 rénovations d’ampleur, dont 68 000 en copropriété et 52 000 dans des logements individuels. Une partie de cette enveloppe servira toutefois d’abord à honorer les engagements déjà pris avant la suspension, avant de financer de nouveaux dossiers une fois le guichet rouvert.
Reprise de MaPrimeRénov’ 2026 : nouvelles règles, passoires F et G et rôle de France Rénov’
Pour le parcours par geste, la tolérance pour l’isolation seule a pris fin au 1er janvier 2026 : il est désormais « impératif de le coupler à l’installation d’un chauffage décarboné », qu’il s’agisse par exemple d’une pompe à chaleur ou d’un système solaire. La fourniture d’un Diagnostic de performance énergétique (DPE) redevient aussi obligatoire, et les passoires thermiques classées F et G sont exclues du parcours simplifié : pour ces logements, seule une rénovation d’ampleur accompagnée permet de toucher MaPrimeRénov’. Pour les ménages aux revenus les plus élevés, les taux de prise en charge chutent fortemment : pour un gain de deux classes énergétiques, la subvention passe de 30 % à 10 % du montant des travaux, ce qui alourdit le reste à charge, tandis que les foyers très modestes voient l’avance de trésorerie réduite de 70 % à 50 % de l’aide.
Pour les rénovations d’ampleur, le gouvernement renforce enfin l’accompagnement via le service public France Rénov’. Le ministère du Logement annonce, dans un communiqué relayé par MoneyVox, qu’ »un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ sera désormais obligatoire avant le dépôt de la demande d’aide MaPrimeRénov’, afin de sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées ». Ces échanges pourront se tenir en agence, en visio « et probablement même par téléphone si les pièces ont été partagées par mail ». « En rendant obligatoire le passage à l’espace conseil (…) on s’assure que, dès le départ du projet, la réflexion est accompagnée, gratuitement et de bout en bout » et « On n’est plus tout seul face à son ordinateur », souligne Vincent Jeanbrun, alors que la Répression des fraudes dénonce « des faux dossiers » montés par « des faux clients avec de fausses entreprises ». Les conseillers France Rénov’ invitent donc à vérifier le label RGE des entreprises, à préparer en avance DPE, avis d’imposition et devis, et à refuser tout démarchage téléphonique se réclamant de l’administration.
Sources
En bref
- Au 1er janvier 2026, le guichet MaPrimeRénov’ est suspendu faute de loi de finances, laissant des milliers de propriétaires et d’artisans dans l’incertitude.
- Avec un budget 2026 de 3,6 milliards d’euros plus 500 M€ de CEE, l’Anah relance les aides mais réserve les passoires F et G à la rénovation d’ampleur encadrée par France Rénov’.
- Entre baisse des taux pour les ménages aisés, avance réduite pour les très modestes et obligations de chauffage décarboné, chacun doit ajuster son projet pour ne pas perdre la prime.









