Véhicules électriques en copropriété : voici pourquoi la recharge collective va s'imposer en 2025 et comment profiter de la prime Advenir

Par Paul Graph - Publié le

Plus de 2,2 millions de véhicules électriques roulent déjà en France, mais 87 % des copropriétés restent sans solution. Pourquoi la recharge collective pourrait-elle transformer votre immeuble et vos charges dès 2026 ?

Véhicules électriques en copropriété : voici pourquoi la recharge collective va s’imposer en 2025 et comment profiter de la prime Advenir

Les véhicules électriques et hybrides rechargeables ont changé le visage des parkings français en quelques années. Fin mai 2025, plus de 2,2 millions d’autos de ce type circulaient déjà en France, et sur les seules ventes de juillet 2025, 20,7 % concernaient des modèles branchés, selon l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France). Derrière ces chiffres, une question très concrète agite les copropriétaires : où et comment recharger au quotidien.

En maison individuelle, chacun fait installer librement une prise renforcée ou une borne pilotable sur son tableau électrique. En copropriété, le décor est tout autre : il faut se raccorder aux parties communes, créer un point de livraison dédié à la recharge, choisir un opérateur et une solution durable pour tout l’immeuble. Fin mars 2025, 11 500 copropriétés étaient déjà équipées et plus de 35 000 avaient engagé une démarche, soit seulement 13 % des immeubles collectifs, ce qui laisse 87 % du parc à équiper… Une marge de progression énorme, qui fait émerger une solution de plus en plus évidente.

Recharge collective en copropriété : la bonne réponse à la montée des véhicules électriques

Pour les parkings d’immeubles, la simple addition de bornes individuelles atteint vite ses limites. La loi permet bien, via le « droit à la prise », de faire installer à ses frais une borne sur sa place, mais ce bricolage collectif complique la gestion du réseau et ne prépare pas l’avenir. D’où l’intérêt d’une infrastructure collective de recharge, c’est à dire une réservation de puissance électrique à l’échelle du parking, qui permet à chaque résident de connecter sa borne au réseau de distribution.

Concrètement, cette infrastructure est particulièrement recommandée dès que le parking compte plus de 10 places et qu’elle répond au moins aux besoins de 20 % des emplacements. Elle se branche sur le réseau commun de l’immeuble, via un point de livraison privatif, puis distribue l’énergie vers les bornes installées au fur et à mesure des demandes. Avec ce dispositif, chaque copropriétaire peut équiper sa place sans refaire tout le chantier ni passer systématiquement par le « droit à la prise » : un socle commun, pensé dès le départ, devient presque indispenssable.

Comment déployer une infrastructure de recharge collective en copropriété

Un projet de recharge collective commence par un recensement des besoins. Cette étape doit être menée au moins six mois avant l’assemblée générale : il s’agit d’identifier les résidents déjà équipés d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable, mais aussi ceux qui envisagent d’en acheter un à court ou moyen terme. Ce simple questionnaire conditionne la taille de l’infrastructure, le nombre de places à cibler et les priorités de travaux.

Vient ensuite l’étude technique, qui vérifie les possibilités de raccordement, la puissance disponible et les contraintes du parking, qu’il soit extérieur ou souterrain. Le syndic ou le conseil syndical doit alors solliciter un ou plusieurs devis auprès d’un installateur IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques), puis réaliser une analyse comparative des solutions au plus tard un mois avant l’assemblée générale. Une fois le projet voté en AG, les copropriétaires disposent d’un délai de recours de deux mois avant le lancement des travaux. Des outils comme le portail copropriété de Je roule en électrique proposent d’ailleurs des modèles de questionnaires et des tableaux d’aide à la décision pour cette phase clé.

Recharge collective en copropriété : quelles solutions de financement et d’accompagnement ?

Reste la question du budget, centrale pour faire accepter le projet. Trois grands modèles économiques existent pour financer une infrastructure collective. La copropriété peut d’abord décider de financer elle même l’installation : elle en devient propriétaire, en assure la gestion, l’entretien et les futures évolutions. Cette option ouvre droit à la prime Advenir, qui peut couvrir jusqu’à 50 % des coûts d’installation hors taxes, dans la limite de 8 000 € pour 100 places de stationnement, avec un bonus de 75 € par place supplémentaire et une aide pouvant aller jusqu’à 5 000 € pour les travaux de voirie extérieure.

Autre possibilité, faire préfinancer l’infrastructure par un tiers investisseur, via une convention où un opérateur prend en charge le financement, l’installation, la gestion et la maintenance, en facturant ensuite un service aux utilisateurs. Un troisième schéma consiste à confier ce préfinancement au gestionnaire du réseau de distribution d’électricité : la copropriété signe alors une convention sur 20 ans pour un pré-équipement sans avance de frais, seuls les utilisateurs payant une quote-part lors de leur raccordement. Pour aider les syndics et membres de conseils syndicaux à s’y retrouver dans ces modèles, les aides disponibles et la réglementation, Advenir Formations propose une formation gratuite en deux modules, financée à 100 % par les Certificats d’économies d’énergie et accessible partout en France, en ligne comme en présentiel. Un soutien précieux pour faire passer la recharge collective du projet à la réalité dans les immeubles.

En bref

  • En 2025, plus de 2,2 millions de VE et VHR circulent en France tandis que seulement 13 % des copropriétés ont engagé un projet de recharge collective.
  • L’article explique comment une infrastructure de recharge collective, portée par un installateur qualifié IRVE et votée en assemblée générale, sécurise l’alimentation des parkings d’immeubles.
  • Le lecteur y voit comment choisir un modèle de financement, mobiliser le programme Advenir et anticiper la fin du crédit d’impôt pour préparer sa copropriété à l’essor électrique d’ici 2026.