Vous louez un meublé touristique ? Ce détail juridique transforme un locataire en squatteur en toute légalité

Un séjour Airbnb qui se prolonge et un voyageur qui ne rend pas les clés peuvent transformer un meublé touristique en cauchemar judiciaire. Quels réflexes adopter avant d’accepter une réservation pour limiter ce risque sans faire fuir les bons locataires ?
Mettre son appartement sur Airbnb ou une autre plateforme de **location saisonnière** fait souvent rêver, jusqu’au jour où un locataire décide de ne plus partir. Dans un **meublé touristique**, le propriétaire remet volontairement les clés, et la loi de 2023 protège un peu moins ce type de bailleur en cas de **squat** qu’un propriétaire de résidence principale classique. Le risque d’un voyageur qui s’éternise est donc bien réel.
Une fois un squatteur installé, l’expulsion d’un **meublé touristique** peut se transformer en parcours administratif long, couteuse et surtout très incertain, avec un logement impossible à relouer pendant des mois. Un couple vivant à Sanary-sur-Mer en a fait l’amère expérience quand leur locataire leur a envoyé ce message : « Je ne pourrai pas quitter les lieux demain comme prévu ». Il est resté dans la maison de vacances pendant de longs mois et « C’est un cauchemar », explique l’une des propriétaires, citée par TF1 Info. Tout l’enjeu est donc de verrouiller la situation avant même d’accepter la réservation.
Pourquoi un meublé touristique est plus exposé au squat
Dans un **squat meublé touristique**, l’occupant est entré légalement puisqu’il a réservé et payé un séjour, souvent via une plateforme comme Airbnb. Les bailleurs sont « encore mal protégés contre les squatteurs » et doivent « redoubler de vigilance lors du choix des locataires », résume un article spécialisé. Si le locataire se révèle être un squatteur après la fin de la réservation, il n’est pas possible d’utiliser la procédure d’expulsion simplifiée prévue par la loi de 2023 pour les intrusions illégales, ce qui complique sérieusement la sortie de crise.
Les pouvoirs publics ont bien identifié cette faille. Les députés ont ainsi adopté, un mercredi 15 juillet, une mesure intégrée au projet de loi Ripost pour permettre au préfet d’ordonner plus vite l’expulsion d’occupants qui se maintiennent illégalement dans une **location touristique**. Le texte prévoit que le préfet dispose de 48 heures pour examiner la demande du propriétaire, tandis que les squatteurs risqueraient jusqu’à trois ans de prison et plus de 30 000 euros d’amende. Cette mesure doit toutefois encore passer par une commission mixte paritaire avant une adoption définitive, ce qui laisse les propriétaires dans une zone grise où la prévention reste leur meilleure protection.
Les 5 réflexes à adopter avant d’accepter une réservation
La première ligne de défense, c’est le tri des voyageurs. Les plateformes proposent une **réservation automatique** très pratique, mais mieux vaut la désactiver pour pouvoir examiner chaque profil. Un compte créé récemment, avec pseudonyme, photo de mauvaise qualité ou une personne qui réserve pour le compte d’une autre doivent alerter. Si le candidat s’exprime confusément sur son séjour ou pose beaucoup de questions sur le voisinage sans expliquer son projet, la méfiance s’impose. Demander une pièce d’identité officielle, vérifier qu’elle correspond bien au compte et, en cas de doute, solliciter le service client de la plateforme font partie des bons réflexes.
| Réflexe | Objectif | Action | Preuve à garder | Outil clé |
|---|---|---|---|---|
| Réflexe 1 | Filtrer les profils à risque | Désactiver la réservation automatique, analyser le profil | Messages et capture d’écran du profil | Plateforme de **location** |
| Réflexe 2 | S’assurer de l’identité | Demander une pièce d’identité cohérente | Copie floutée, note de vérification | Messagerie de la plateforme |
| Réflexe 3 | Garder la traçabilité | Refuser paiements et échanges hors site | Historique complet des messages, reçus | Outils de réservation intégrés |
| Réflexe 4 | Cadrer la durée du séjour | Signer un contrat de location saisonnière | Contrat daté avec dates de sortie | Modèle de **contrat** sécurisé |
| Réflexe 5 | Dissuader et contrôler l’accès | Prévoir une caution, activer un code temporaire | Reçu de caution, journal des accès | Serrure connectée, coffre à clés |
Il reste ensuite à bétonner le cadre juridique et matériel de la **location saisonnière**. Un **contrat de location saisonnière** écrit, signé par les deux parties, précise la durée du séjour et permet de prouver qu’un occupant n’est plus dans les clous s’il dépasse la date prévue. En location meublée touristique, le séjour ne doit pas excéder 90 jours avec le même client, ce qui offre un repère supplémentaire pour refuser des demandes anormalement longues. Demander une **caution** est aussi un levier important, les squatteurs cherchant en général à entrer dans le logement en dépensant le moins possible.
Si un voyageur refuse de partir, comment réagir sans aggraver le squat
Même avec toutes ces précautions, un **squat Airbnb** ou d’un autre meublé touristique peut survenir. Dans ce cas, il ne faut ni forcer la porte ni couper l’eau ou l’électricité, mais enclencher la voie officielle. Les textes prévoient que le propriétaire dépose plainte au commissariat, puis adresse une demande d’expulsion au préfet. Avec la nouvelle mesure votée à l’Assemblée, le préfet disposerait de 48 heures pour examiner la requête d’évacuation des lieux.
Si la situation ne relève pas de cette procédure accélérée, le propriétaire doit alors se tourner vers un avocat qui saisira le juge pour obtenir l’expulsion, une démarche longue et très coûteuse pendant laquelle le logement ne peut plus être loué. D’où l’intérêt de conserver soigneusement toutes les preuves : profil du voyageur, échanges sur la plateforme, **contrat de location saisonnière**, reçu de **caution** et, le cas échéant, relevés d’accès à une **serrure connectée** ou images de **caméras de surveillance** installées dans les parties autorisées. Autant d’éléments qui peuvent faire la différence si un locataire décide, un jour, de ne plus rendre les clés.
En bref
- Entre généralisation des plateformes de location saisonnière et cadre juridique encore fragile, le meublé touristique expose les propriétaires au risque de squat ou de maintien illicite après le séjour.
- L’article détaille cinq réflexes clés pour filtrer les profils à risque, vérifier l’identité, rester sur la plateforme, formaliser un contrat de location saisonnière et sécuriser l’accès avec caution et outils connectés.
- En cas de voyageur qui refuse de partir, il explique comment enclencher rapidement la procédure officielle auprès du préfet ou du juge et quelles preuves conserver pour ne pas rester démuni.









