Leboncoin, SeLoger : de Flers à Saint-Tropez, ce chiffre qui révèle l'écart colossal des loyers pour un meublé en France

Publiée le 28 octobre 2026, une étude de l’Anil fondée sur les données Leboncoin et SeLoger révèle un fossé inédit entre les loyers des appartements meublés. De Flers à Saint-Tropez, qui paie quoi au mètre carré, et avec quelles conséquences pour les locataires ?
Pour un même appartement meublé, le loyer au mètre carré peut changer du simple au très élevé selon la ville où l’on cherche à se loger. Entre une petite unité urbaine de province et une station balnéaire très prisée, les montants demandés n’ont rien à voir, ce que viennent confirmer les derniers chiffres compilés par l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil).
Dans sa nouvelle etude « L’essor de la location meublée de longue durée, un facteur de recomposition du parc locatif privé ? », l’Anil a passé au crible les annonces publiées sur Leboncoin et SeLoger pour la location meublée de longue durée. Elle relève que, pour les appartements meublés, « à l’échelle de la France métropolitaine et des DROM, et en isolant les territoires ruraux, ils oscillent très fortement entre l’unité urbaine la moins chère et l’unité urbaine la plus chère, soit de 9,6 euros par m² dans l’unité urbaine de Flers (Orne) à 40,6 euros par m² dans l’unité urbaine de Saint-Tropez au premier trimestre 2026 », constate l’Anil. De quoi dessiner une géographie très contrastée des loyers.
Un grand écart des loyers meublés, de Flers à Saint-Tropez
Le cœur de l’analyse porte sur les « unités urbaines », c’est-à-dire des agglomérations continues comprenant une commune centre et, le cas échéant, ses communes de banlieue. En se concentrant sur les appartements meublés loués en résidence principale, hors territoires ruraux, l’Anil met en lumière un écart des loyers particulièrement marqué entre Flers, en bas de l’échelle, et Saint-Tropez, tout en haut, au premier trimestre 2026.
| Territoire (unité urbaine / zone) | Loyer meublé T1 2026 (euros/m²) | Rôle dans l’étude | Type de marché |
|---|---|---|---|
| Flers (Orne) | 9,6 | Niveau le plus bas cité | Petite ville hors zones très tendues |
| Paris | 29,1 | Niveau très élevé | Grande métropole très tendue |
| Saint-Tropez | 40,6 | Record observé | Station du littoral méditerranéen |
| DROM (plusieurs unités urbaines) | plus de 20 | Niveaux élevés récurrents | Outre-mer |
L’Anil souligne que les niveaux les plus élevés sont constatés, « sans surprise, dans l’unité urbaine de Paris (29,1 euros par m²) et autour », avec un chapelet d’unités urbaines situées en Seine-et-Marne, dans l’Oise, les Yvelines ou l’Essonne. Les loyers sont aussi élevés dans les principales métropoles régionales, avec des niveaux généralement proches de 20 euros par m² dans les unités urbaines de Nice, Marseille-Aix-en-Provence, Lyon, Bordeaux ou Strasbourg.
Sur le littoral méditerranéen, le record de Saint-Tropez s’inscrit dans un ensemble plus large où les loyers dépassent souvent les 20 euros par m², par exemple à Menton ou Cassis. L’étude note que « Cette situation se retrouve également en Corse-du-Sud, dans les unités urbaines de Porto-Vecchio et de Grosseto-Prugna. Des niveaux de loyers comparables sont observés dans le Genevois, en particulier dans les unités urbaines de Divonne-les-Bains, de Genève (pour sa partie française) et de Gex, ainsi que dans plusieurs unités urbaines de Haute-Savoie situées à proximité de la frontière suisse, telles que Cluses, Annecy et Fillière », pointe l’étude de l’Anil. Elle ajoute que « les départements et régions d’outre-mer se distinguent eux aussi par des loyers élevés pour les appartements meublés. Dans plusieurs unités urbaines, les loyers dépassent 20 euros par m², notamment à La Réunion (Saint-Paul, L’Étang-Salé, Saint-Leu, Saint-Pierre et Saint-Denis), en Martinique (Les Trois-Îlets, Fort-de-France, Sainte-Marie et Le Lamentin), en Guyane (Cayenne) et en Guadeloupe (Pointe-à-Pitre-Les Abymes). »
Location meublée de longue durée : un différentiel de loyer qui pèse sur l’accès au logement
L’étude de l’Anil replace ces écarts territoriaux dans l’histoire plus large de la location meublée. Autrefois associée aux « garnis et hôtels meublés », elle s’est transformée pour accueillir un public plus mobile et moins précaire, tout en se diversifiant entre logements diffus, résidences étudiantes, foyers ou coliving. « Surtout, elle s’est considérablement développée si bien qu’aujourd’hui, le parc de meublés représente plus d’un million de logements, soit deux fois plus qu’il y a vingt ans. » L’Anil évoque un triple avantage pour les bailleurs en location meublée de longue durée : des contrats plus courts que dans la location nue, des loyers majorés et une fiscalité jugée plus favorable.
| Indicateur | Écart meublé / nu | Lecture rapide |
|---|---|---|
| France entière (moyenne) | 10 % de plus pour le meublé | Surcoût moyen lié à l’ameublement |
| Marchés immobiliers tendus | Plus de 15 % d’écart possible | Zones où le parc meublé se concentre |
Sur le plan des prix, l’Anil rappelle que « L’analyse, qui se fonde sur les données des portails d’annonces leboncoin et SeLoger, fait état d’un différentiel de 10 % en moyenne, tel que la norme tend à l’estimer en référence notamment au surcoût que représente l’ameublement. » Mais l’organisme va plus loin en soulignant que « Mais l’analyse ne s’arrête pas là et met en avant des écarts plus marqués dans les marchés, tendus pour la plupart, dans lesquels le parc se concentre. Dans ces zones où le différentiel de loyer peut dépasser le seuil des 15%, le développement de l’offre contribue au renchérissement du logement et pénalise en particulier les étudiants et les jeunes actifs dont les marges de manœuvre financières sont limitées. Le recours aux meublés apparaît plus subi que choisi comme dans les marchés où le différentiel de loyer est moindre et plus facilement assumé en contrepartie de frais d’emménagement réduits par la fourniture des meubles. » Pour l’agence, « Entre opportunité et facteur de tension supplémentaire sur l’offre abordable, l’essor des meublés de longue durée confronte la mise en œuvre des politiques publiques de l’habitat à un enjeu d’équilibrage. Il appelle des réponses, du moins invite à une vigilance accrue, tant au niveau national qu’au niveau local. »
En bref
- Fin 2026, l’Anil analyse les annonces Leboncoin et SeLoger et mesure, à l’échelle des unités urbaines, les loyers des appartements meublés loués en résidence principale.
- L’étude met en évidence un grand écart, de 9,6 €/m² à Flers à 40,6 €/m² à Saint-Tropez, avec des niveaux durablement élevés à Paris, dans les métropoles, sur le littoral méditerranéen, en frontière suisse et outre-mer.
- En révélant un surcoût moyen d’environ 10 % pour le meublé, qui dépasse 15 % dans les marchés tendus, l’Anil alerte sur un accès au logement de plus en plus contraint pour étudiants et jeunes actifs.










