Assurance vie : 19,5 milliards collectés en février 2026, encours record à 2 143 Md€… ce boom historique pourrait tout changer pour votre épargne

Par Paul Graph - Publié le

En 2025-2026, l'assurance vie en France enchaîne les records, avec 50,6 milliards d'euros de collecte nette et 2 143 milliards d'encours à fin février. Que révèle cette ruée des épargnants sur le contexte économique et leurs arbitrages ?

Assurance vie : 19,5 milliards collectés en février 2026, encours record à 2 143 Md€… ce boom historique pourrait tout changer pour votre épargne

Inflation qui pèse sur le quotidien, croissance en demi-teinte, taux du Livret A revus à la baisse… Sur le papier, tout pourrait pousser les Français à lever le pied sur l’épargne longue. Pourtant, les versements sur leurs contrats d’assurance vie continuent d’affluer à un rythme soutenu en ce début 2026.

D’après les derniers chiffres publiés par France Assureurs, les cotisations ont atteint 19,5 milliards d’euros en février 2026, soit une hausse de 16 % sur un an, l’équivalent de 2,7 milliards d’euros supplémentaires en douze mois. Dans son communiqué, la fédération souligne que les cotisations « atteignent ainsi leur plus haut niveau sur un mois, dépassant le précédent record de 19,1 milliards d’euros de cotisations établi en janvier 2026 », indique France Assureurs dans un communiqué cité par Capital. L’encours total des contrats grimpe désormais à 2 143 milliards d’euros fin février, en progression de 5,4 % sur un an, après une année 2025 déjà exceptionnelle avec 50,6 milliards d’euros de collecte nette et des cotisations proches de 200 milliards d’euros. De quoi parler d’une véritable année de tous les records, qui intrigue autant les épargnants que les professionnels. Comment expliquer un tel engouement ?

Assurance vie : une collecte record en 2025 et un début 2026 tonitruant

France Assureurs recense en effet une collecte nette de 50,6 milliards d’euros sur l’ensemble de 2025, soit plus de 22 milliards de mieux qu’en 2024, et un encours qui a franchi pour la première fois la barre des 2 000 milliards d’euros au milieu de l’année. Sur le seul premier semestre 2025, la collecte nette a atteint 26,6 milliards d’euros, un sommet depuis 2010 selon les données de la fédération. Mois après mois, les dépôts se sont envolés : 16,5 milliards d’euros de cotisations en avril, 14,9 milliards en septembre, puis 15,7 milliards en novembre avec près de 4,8 milliards de collecte nette, proche du record historique de 2006. Cette montée en puissance a préparé le terrain au démarrage spectaculaire de 2026.

Janvier 2026 a d’abord fixé un nouveau jalon, avec un volume de cotisations d’un peu plus de 19 milliards d’euros et un encours porté à 2 119 milliards d’euros, avant que février ne vienne immédiatement battre ce précédent sommet. Avec ses 19,5 milliards d’euros de versements, le mois de février devient tout simplement le plus haut jamais enregistré pour l’assurance vie. L’encours global à 2 143 milliards d’euros illustre une progression continue de l’épargne placée sur ces contrats, sans signe d’essoufflement. Pour les assureurs comme pour les autorités monétaires, cette dynamique interressent au plus haut point, car elle dit quelque chose de la manière dont les ménages arbitrent leurs économies.

Pourquoi l’assurance vie ne connaît pas la crise en 2026

Derrière cette collecte record, plusieurs facteurs se conjuguent. Les rendements des fonds en euros ont remonté autour de 2,6 % en moyenne en 2024-2025, quand le Livret A évolue plutôt entre 1,5 et 1,7 %, ce qui redonne de l’attrait au produit pour une épargne de moyen et long terme. Dans ce contexte, Paul Esmein rappelle que « Les résultats du mois de février confirment la bonne dynamique de l’assurance vie en ce début d’année 2026, qui continue de s’affirmer comme un placement de référence pour les épargnants tout en contribuant au financement de l’économie : à fin juin 2025, 63 % des encours étaient investis en titres d’entreprises et 24 % en obligations souveraines », se félicite Paul Esmein, directeur général de France Assureurs. Autrement dit, l’argent placé sur ces contrats irrigue directement l’économie productive, via les actions et obligations d’entreprises ou les dettes des Etats.

Autre ressort de cette dynamique, une partie de l’épargne quitte des produits plus liquides ou réglementés pour rejoindre les contrats d’assurance vie. Le Livret A a enregistré une collecte nette négative en 2025, tandis qu’entre 2026 et 2030, près de 3,2 millions de plans d’épargne logement arrivant à 15 ans, représentant environ 93 milliards d’euros, doivent être automatiquement clôturés, autant de sommes susceptibles d’être redéployées. Les unités de compte captent aussi une part croissante des versements : elles représentent 39 % de la collecte brute en 2025, soit 75,1 milliards d’euros, au prix d’une exposition accrue aux fluctuations des marchés financiers. « Cette capacité à orienter l’épargne des Français vers l’économie productive du pays fait de l’assurance vie un levier majeur au service de la croissance et de la stabilité économique », souligne encore Paul Esmein, alors que les ménages cherchent plus que jamais à concilier rendement, sécurité et souplesse pour leur épargne.

En bref

  • En France, l'assurance vie a battu des records en 2025 avec 50,6 milliards d'euros de collecte nette et un encours dépassant 2 000 milliards.
  • Le début 2026 prolonge cette dynamique avec des cotisations historiques de 19,2 puis 19,5 milliards d'euros en janvier et février, dopées par des taux redevenus attractifs.
  • Entre Livret A moins rémunérateur, PEL arrivant à échéance et appétit pour les unités de compte, comment les épargnants peuvent-ils tirer parti de cette année de tous les records ?