Assurance-vie 2024 : taux jusqu'à 4 %, fiscalité, succession... ce qui va changer avec la CSG 2026 et si votre contrat est encore gagnant

Par Paul Graph - Publié le

Entre taux 2024 en dents de scie et réforme de la CSG en 2026, l’assurance-vie rebat les cartes de l’épargne et de la transmission. Comment lire rendements, fiscalité et règles de succession pour ajuster votre contrat sans faux pas ?

Assurance-vie 2024 : taux jusqu’à 4 %, fiscalité, succession… ce qui va changer avec la CSG 2026 et si votre contrat est encore gagnant

Entre des livrets réglementés qui peinent à suivre l’inflation, une fiscalité du capital qui bouge à l’horizon 2026 et des marchés parfois chahutés, beaucoup de Français se reposent sur l’assurance-vie sans toujours savoir si leur contrat est encore adapté. D’autant que les écarts de rendement entre fonds en euros se sont creusés ces dernières années, avec des taux 2024 très variables selon les assureurs.

Placement d’épargne, enveloppe fiscale et outil de transmission : l’assurance-vie cumule plusieurs rôles à la fois, y compris en matière de succession, où elle bénéficie encore d’un régime spécifique. Mais entre comparatif de contrats, fiscalité des rachats, nouvelles règles de CSG en 2026 et question des taux 2024, le paysage est devenu nettement plus technique. Reste à savoir comment lire tout cela pour faire les bons choix.

Assurance-vie en 2024 : un placement pivot face aux autres solutions

À la base, une assurance-vie est un contrat par lequel un épargnant verse de l’argent à un assureur, qui s’engage à le faire fructifier pour verser plus tard un capital ou une rente, soit au souscripteur, soit aux bénéficiaires désignés en cas de décès. Contrairement à ce que son nom laisse croire, il ne s’agit pas d’une assurance décès classique, mais d’un outil d’épargne de long terme, avec des rachats possibles à tout moment, même si la fiscalité incite à conserver le contrat au moins huit ans.

Le contrat peut être investi sur un fonds en euros, avec capital garanti et rendement modéré, ou sur des unités de compte, liées aux marchés financiers avec un potentiel de gain plus élevé mais un risque de perte en capital. La plupart des contrats sont aujourd’hui multisupports et permettent de doser sécurité et dynamisme. Avec près de 40 % des ménages français détenteurs d’un contrat d’assurance-vie, ce placement reste central, là où un PEA vise surtout les actions, un PER verrouille l’épargne jusqu’à la retraite, et un PEL ou les livrets réglementés apportent surtout sécurité et liquidité.

Fiscalité et succession : comment l’assurance-vie est traitée jusqu’en 2026

Sur les rachats, l’imposition porte uniquement sur la part d’intérêts incluse dans la somme retirée. Pour les versements effectués après le 29 juillet 2017, le prélèvement forfaitaire unique s’applique : 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, le taux d’impôt tombe à 7,5 % pour les gains issus de primes inférieures ou égales à 150 000 euros (300 000 euros pour un couple), toujours avec 17,2 % de prélèvements sociaux et un abattement annuel sur les gains de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple. Sur un contrat monosupport en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés au fil de l’eau, alors que sur un multisupport ils ne sont dus qu’au rachat ou au dénouement.

Côté succession, les capitaux d’assurance-vie sont, en principe, hors succession civile et soumis à un régime fiscal autonome. Pour les primes versées avant 70 ans, les bénéficiaires profitent d’un abattement pouvant aller jusqu’à 152 500 euros par personne, tous contrats confondus, puis d’un taux forfaitaire de 20 % entre 152 501 euros et 852 500 euros et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 euros s’applique sur l’ensemble des contrats, les primes au‑delà étant soumises aux droits de succession classiques, tandis que les intérêts restent totalement exonérés de ces droits. À partir du 1er janvier 2026, une hausse de CSG de 9,2 % à 10,6 % fera grimper les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et la flat tax à 31,4 % sur certains placements (compte-titres, PEA, PER, comptes à terme, livrets fiscalisés, épargne salariale), alors que l’assurance-vie, les livrets réglementés, les PEL/CEL, les revenus fonciers et les plus-values immobilières resteront à 9,2 % de CSG.

Quels taux et quels critères pour comparer les assurances-vie en 2024 ?

Les écarts de rendement entre contrats se sont accentués. En 2023, le rendement moyen des fonds en euros a tourné autour de 2,60 %, avant de se situer aux environs de 2,50 % en 2024, avec des meilleurs fonds proches de 3,5 % à 4 % et d’autres cantonnés à 1,20 % à 1,50 %. Le rendement d’une assurance-vie ne se limite toutefois pas au fonds en euros : la part investie en unités de compte, l’horizon de placement et l’acceptation de la volatilité jouent un rôle central dans la performance globale, surtout sur plusieurs années.

Comparer les contrats revient donc à regarder le taux affiché, mais aussi le rendement net de frais, la qualité et la diversité des supports proposés, la souplesse de gestion (versements libres ou programmés, rachats partiels, arbitrages simples, options de gestion pilotée) ou encore les délais de rachat. Sans oublier les inconvénients : des rendements de fonds en euros parfois inférieurs à l’inflation, des frais qui peuvent rogner fortement la performance, un risque de perte en capital sur les unités de compte, une liquidité réelle mais non instantanée et, en cas de choc financier majeur, la possibilité de voir les retraits temporairement « gelés » jusqu’à six mois, renouvelables une fois, dans le cadre de la loi Sapin 2. Autant de paramètres à passer au crible pour choisir, ou revoir, son contrat d’assurance-vie de la manière la plus interressante possible.

En bref

  • En 2024, l’assurance-vie reste le placement pivot des ménages français, entre fonds en euros, unités de compte et concurrence des livrets, PEA ou PER.
  • Le guide détaille la fiscalité des rachats, le régime successoral (abattements 152 500 € et 30 500 €) et les écarts de taux 2024 pour comparer concrètement les contrats.
  • À l’approche de la hausse ciblée de CSG en 2026, des pistes stratégiques montrent comment positionner votre assurance-vie dans votre patrimoine sans ignorer ses risques.