Retraite dans 2 ou 3 ans : ces placements clés (assurance-vie, PER, PEA, SCPI…) pour financer votre projet sans risque inutile ni erreur fiscale coûteuse
Travaux, résidence secondaire, aide aux enfants : à la retraite, vos projets exigent un capital disponible au bon moment. Entre assurance-vie, PEE, PER, PEA ou SCPI, comment arbitrer pour faire fructifier votre épargne sans la mettre en danger ?

Changer ou rénover son logement, s’offrir une résidence secondaire, aider un enfant, préparer un grand voyage… À l’approche de la retraite, ces projets prennent souvent une place centrale, mais ils exigent un capital disponible au bon moment. Avec des taux qui bougent et des produits parfois complexes, difficile de savoir où placer son argent sans risquer de voir fondre l’épargne patiemment constituée.
Que votre horizon soit de deux ou trois ans ou que vous anticipiez plus tôt, l’enjeu reste le même : trouver des placements capables de sécuriser votre capital tout en le faisant un peu fructifier, en profitant quand c’est possible de la fiscalité. Entre assurance-vie, épargne salariale, PER, PEA ou SCPI, les pistes sont nombreuses. La vraie question est de choisir celles qui collent à votre projet.
Assurance-vie et épargne salariale : des placements clés pour un projet à la retraite
Au sein d’un contrat d’assurance-vie, vous pouvez investir sur un fonds en euros si votre priorité est la sécurité : aucun risque de perdre votre capital, il est garanti par l’assureur qui verse des intérêts chaque année, sans subir les turbulences des marchés financiers. Tous les fonds en euros ne se valent pourtant pas : certains, bien gérés ou récents, offrent un taux d’intérêt entre 2,5% ou 4% par an, alors que d’autres, souvent dans d’anciens contrats, rapportent moins de 2% par an (avant fiscalité et prélèvements sociaux). Quand le rendement d’un vieux contrat plafonne à 1,5%, placer votre capital sur un fonds en euros à 4% et accepter de payer au maximum 12,8% d’impôt sur les gains peut rester plus intéressant, les prélèvements sociaux étant ponctionnés dans tous les cas.
Certains assureurs ajoutent une couche commerciale avec des taux dits « boostés » pendant un ou deux ans, par exemple un rendement de 5% en 2026 et 2027 sur les nouveaux versements. Ces offres peuvent convenir à un projet à court terme, à condition de lire toutes les lignes du contrat. « Attention, aujourd’hui, certains assureurs n’offrent le taux « boosté » qu’à condition, en parallèle, d’orienter une partie du versement sur d’autres supports au sein du contrat d’assurance-vie, ce qui peut pousser l’épargnant à prendre plus de risques », prévient Éric Baussant, cité par Notre Temps. Si vous travaillez encore, ce socle sécurisé peut être complété par l’épargne salariale pour renforcer le financement de votre projet de retraite.
PEE, épargne salariale, PER et PEA : choisir les bons placements avant la retraite
Quand l’entreprise le propose, l’épargne salariale devient un atout puissant. La participation et l’intéressement sont exonérés d’impôt sur le revenu s’ils sont directement placés sur votre plan d’épargne entreprise (PEE), alors qu’ils sont taxés s’ils arrivent sur votre compte courant. L’abondement de l’employeur fait encore grimper le gain : « Si l’entreprise propose de compléter vos versements par un abondement, cela devient vraiment très rentable », souligne Séghir Sabri, directeur de la banque privée à impact du Crédit coopératif, dans Notre Temps. Par exemple, si vous versez 500€ sur le PEE et que votre employeur ajoute un abondement de 100%, vous recevez 500€ supplémentaires : au total, 1 000€ vont fructifier pour vous, un rendement instantané qu’aucun autre placement ne procure. Les sommes ainsi placées sont bloquées, par exemple cinq ans dans le PEE, mais le départ à la retraite autorise un déblocage anticipé, sans obligation de tout retirer si la gestion vous convient.
Pour les contribuables plus lourdement imposés, le plan d’épargne retraite (PER) mérite un examen particulier : il s’agit d’un placement bloqué jusqu’au départ en retraite, qui « mérite votre attention si vous êtes lourdement imposé (au moins dans la tranche à 30% de l’impôt sur le revenu ou, mieux encore, à 41%) ». L’argent versé est déductible du revenu imposable, en contrepartie de retraits imposables en totalité (capital et gains). « La fiscalité est attractive si vous prévoyez une forte chute de revenu qui fera baisser votre tranche marginale d’imposition à la retraite. Par exemple, vous versez l’argent sur votre PER aujourd’hui pour bénéficier d’une économie d’impôt de 41% sur la somme alors que vos retraits seront taxés à 30% quand vous serez retraité », indique Julien Male, directeur général adjoint du groupe de conseil en gestion de patrimoine Laplace, dans Notre Temps. Pour ceux qui acceptent d’investir en Bourse, le plan d’épargne en actions (PEA) permet, cinq ans après l’ouverture, de retirer des gains totalement exonérés d’impôt, seuls les prélèvements sociaux restant exigés en cas de retrait, même au-delà de cinq ans, avec la possibilité de retirer tout ou partie sans être obligé de fermer le plan.
SCPI, unités de compte et fonds datés : doper un projet à la retraite sans oublier le risque ?
Pour chercher davantage de rendement à moyen ou long terme, l’assurance-vie permet aussi d’investir en unités de compte : SCPI, fonds d’investissement équilibrés ou dynamiques, ou encore fonds obligataires « datés » conçus pour vous offrir, si vous les conservez quatre ou cinq ans, un objectif de 4% à 6% par an (sans garantie de performance et avec un risque de perte en capital limité mais réel). Des unités de compte indexées sur l’or séduisent aussi certains épargnants, tandis que certains contrats proposent des fonds d’actions ou d’obligations d’entreprises non cotées, appelés « dette privée », qui font miroiter des rendements de plus de 8% par an, sans garantie et sur des durées de placement longues. Côté immobilier, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) offrent une exposition à la « pierre-papier » : « Les SCPI permettent d’investir dans l’immobilier sans avoir acheté soi-même un appartement, ni avoir les contraintes d’un propriétaire. C’est assez accessible, il y a des SCPI qui peuvent être achetées autour de 1 000 euros, parfois moins. », explique Laurence Le Dren, journaliste, chef de service droit et argent au magazine Notre Temps, sur France Bleu.
Véritable couteau suisse de l’épargne, l’assurance-vie offre en plus un cadre fiscal très interressant après huit ans de détention : seuls les contrats ouverts depuis huit ans au moins bénéficient de la fiscalité la plus douce, avec des gains retirés exonérés d’impôt jusqu’à 4 600€ par an pour un célibataire, 9 200€ pour un couple marié, et des frais de succession allégés si vous avez effectué vos versements avant vos 70 ans. « C’est un cadre qui vous procure des avantages fiscaux, surtout si vous la gardez au moins 8 ans, et dans lequel votre épargne n’est pas bloquée. L’assurance-vie, les frais de succession sont allégés pour vos héritiers si vous avez placé votre argent avant vos 70 ans. », ajoute Laurence Le Dren. Avant de choisir un placement pour financer un projet à la retraite, quelques réflexes peuvent éviter les mauvaises surprises :
- comparer les frais d’entrée et de gestion de vos contrats (certains contrats d’assurance-vie ou PER sont dépourvus de frais d’entrée et affichent des frais annuels autour de 0,60%) ;
- vérifier le niveau de risque grâce à l’indicateur SRI, de 1 à 7, du plus sécuritaire au plus offensif ;
- regarder les conditions de sortie et les durées de blocage éventuelles (PEE, PER…), puis consulter les conseils de l’Autorité des marchés financiers sur amf-france.org/fr/espace-epargnant.
En bref
- À l’approche de la retraite, de nombreux projets comme des travaux, une résidence secondaire ou un grand voyage exigent de transformer une épargne existante en capital disponible.
- Assurance-vie (fonds en euros et unités de compte), épargne salariale via PEE, PER pour les foyers fortement imposés et PEA pour la Bourse forment l’ossature des placements adaptés, avec des rendements et fiscalités contrastés.
- SCPI, fonds obligataires datés et bons réflexes sur les frais, le risque et les blocages complètent la stratégie pour financer un projet à la retraite sans exposer excessivement votre épargne.





