Franchise médicale : ce nouveau calcul basé sur l'inflation qui va faire grimper votre reste à charge dès le 1er octobre 2026

À partir du 1er octobre 2026, le plafond annuel des franchises médicales et participations forfaitaires grimpera à 140 euros par assuré. Derrière ce relèvement et son indexation future sur l’inflation, une question inquiète les patients : quel impact réel sur leur budget santé ?
Le plafond des sommes laissées à la charge des patients va de nouveau bouger. Après avoir un temps envisagé de les doubler, le gouvernement a finalement choisi d’indexer les franchises médicales et les participations forfaitaires sur l’inflation, en s’appuyant sur un projet de décret transmis le 21 août aux instances consultatives de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam). Ce texte relève d’abord les plafonds annuels, avant de les faire évoluer automatiquement avec la hausse des prix.
Derrière cette annonce technique, c’est le montant maximal de reste à charge que chaque assuré pourra supporter chaque année qui va augmenter. Ces retenues, non remboursées par l’Assurance maladie ni, en principe, par les complémentaires santé, concernent les médicaments, certains actes paramédicaux, les transports sanitaires, mais aussi les consultations, analyses et examens radiologiques. Pour les assurés les plus interressés par leur budget santé, une question se pose immédiatement : jusqu’où la note peut-elle monter et comment va-t-elle évoluer dans le temps.
Franchises médicales et participations forfaitaires : ce qui change au 1er octobre 2026
Aujourd’hui, chaque assuré se voit prélever au maximum 50 euros par an au titre des franchises médicales (médicaments, actes paramédicaux, transports sanitaires) et 50 euros au titre des participations forfaitaires sur les consultations, analyses de biologie et examens radiologiques. Soit un plafond cumulé de 100 euros par an. Le décret soumis pour avis prévoit de porter chacun de ces deux plafonds à 70 euros à compter du 1er octobre 2026. Pour un assuré qui atteint les deux limites, le reste à charge maximal passera donc de 100 à 140 euros par an, soit une hausse potentielle de 40 %.
| Dispositif | Ce que ça concerne | Plafond jusqu’au 30/09/2026 | Plafond dès le 01/10/2026 | Exemple pour atteindre le plafond |
|---|---|---|---|---|
| Franchise médicale | Médicaments, soins paramédicaux, transports | 50 € par an | 70 € par an | Environ 70 boîtes à 1 € |
| Participation forfaitaire | Consultations, analyses, examens radio | 50 € par an | 70 € par an | 35 actes à 2 € chacun |
| Total annuel | Franchises + participations | 100 € maximum | 140 € maximum | Si les deux plafonds sont atteints |
En pratique, beaucoup d’assurés ne toucheront pas ce plafond, puisqu’il faut cumuler un grand nombre d’achats de médicaments, de séances paramédicales ou de consultations pour y arriver. Ces montants ne s’ajoutent pas au ticket que vous payez chez le médecin ou le pharmacien : ils sont « déduits des remboursements de l’Assurance maladie » pour les médicaments, actes paramédicaux et transports sanitaires, comme le rappelle le projet de texte, et prélevés de la même façon sur les remboursements de consultations, d’analyses et d’examens radiologiques au titre des participations forfaitaires.
Indexation sur l’inflation : un mécanisme automatique à partir de 2028
Le relèvement du 1er octobre 2026 n’est qu’une première étape. Le décret prévoit ensuite que, à compter du 1er janvier 2028, les deux plafonds annuels soient réévalués chaque année selon l’évolution des prix. Le texte précise ainsi que « Cette augmentation est réalisée sur la base d’un coefficient égal à l’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation, hors tabac, calculée sur les douze derniers indices mensuels de ces prix publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques l’avant-dernier mois qui précède la date de revalorisation », précise le décret. En clair, l’Assurance maladie se basera sur l’indice des prix à la consommation hors tabac publié par l’Insee pour ajuster automatiquement le plafond du reste à charge.
La règle d’arrondi est également encadrée : « le nombre obtenu par application de ce coefficient est arrondi à l’entier le plus proche, une fraction de 0,5 étant comptée pour 1 », est-il ajouté. Et le texte va plus loin, avec un mécanisme de rattrapage en cas de faible inflation, puisqu’il stipule que « lorsque, en raison de cet arrondi, l’application du coefficient ne conduit pas à augmenter ce nombre, le coefficient calculé pour l’année suivante tient compte de l’ensemble des indices mensuels d’évolution des prix à la consommation depuis le mois précédant sa dernière revalorisation effective jusqu’à l’avant-dernier mois précédant la date de revalorisation. » « Autrement dit, si une année N, l’inflation n’augmente que de 0,25% et que l’année suivante, elle est de 1,8%, ils feront la somme des deux et relèveront les plafonds de 2% », analyse Dominique Corona, membre du conseil de la Cnam et numéro 2 de l’Unsa, cité par BFM Business. Ce mécanisme est détaillé dans un contexte où le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros en 2026, alors que le gouvernement visait 19,4 milliards d’euros, ce qui explique en toile de fond la recherche de nouvelles recettes via le reste à charge des assurés.
En bref
- À compter du 1er octobre 2026, un projet de décret de l’Assurance maladie relève les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires pour chaque assuré.
- Le reste à charge maximal passera ainsi de 100 à 140 euros par an, avant d’être automatiquement réévalué dès 2028 selon l’inflation mesurée par l’Insee.
- Entre profils les plus exposés, assurés exonérés et absence de prise en charge par la mutuelle, les conséquences concrètes sur votre budget restent à mesurer en détail.







