À soixante-cinq ans, de nombreux salariés du privé pensent que

À 65 ans, nombre de retraités du privé ignorent qu’un retour au travail peut rouvrir leurs droits Agirc-Arrco. Une règle méconnue du cumul emploi-retraite intégral permet pourtant de viser une seconde pension, sous conditions strictes.
À soixante-cinq ans, beaucoup de salariés du privé sont convaincus que leur retraite est arrêtée une fois pour toutes, surtout la complémentaire Agirc-Arrco construite au fil de décennies de cotisations. La pension tombe chaque mois, les relevés semblent définitifs, et l’idée même de « gagner » de nouveaux droits paraît hors de portée à cet âge.
Depuis la dernière réforme, le droit français réserve pourtant une surprise à ceux qui reprennent une activité après avoir liquidé leur retraite. Un dispositif discret permet, sous conditions, de générer une nouvelle retraite de base et une seconde pension complémentaire, sans toucher à la première. À condition de connaître la règle.
Cumul emploi-retraite intégral Agirc-Arrco : rouvrir des droits après 65 ans
Le mécanisme en question, c’est le cumul emploi-retraite intégral Agirc-Arrco. Il ne se limite pas à additionner salaire et pension : il peut rouvrir des droits. Le portail officiel Service-public résume la condition centrale : « Vous pouvez cumuler intégralement votre pension de retraite de base de l’Assurance retraite et un revenu d’activité professionnelle (…) si vous avez liquidé (…) toutes les pensions de retraite de base et complémentaires, françaises et étrangères, auxquelles vous avez droit », explique le site Service-public, portail officiel de l’administration française. Tant que cette liquidation complète n’est pas intervenue, le cumul intégral reste impossible.
Une fois ces conditions réunies, l’administration rappelle que le travail en cumul intégral n’est plus neutre pour la retraite de base : « Si vous remplissez les conditions pour bénéficier d’un cumul emploi-retraite intégral, votre activité professionnelle vous permet, depuis le 1er janvier 2023, de vous constituer de nouveaux droits à la retraite auprès de la caisse de retraite de base dont relève votre activité », rappelle le portail officiel d’information sur l’administration. Cette nouvelle pension de base issue du cumul reste plafonnée à 2 403 € brut par an, mais elle s’ajoute à la pension initiale et est calculée sans décote. Côté complémentaire, la caisse Agirc-Arrco applique la même logique de création de droits : « Vos cotisations vous permettent d’acquérir des points Agirc-Arrco à compter du 1ᵉʳ janvier 2023 sur la tranche 1 de vos salaires, comprise entre 0 € et 4 005 € pour un mois en 2026 ; comprise entre 0 € et 48 060 € pour une année en 2026″, indique son site. Ces points ouvrent droit, à terme, à une seconde pension complémentaire ; la mutuelle Aésio chiffre ce gain à environ 260 € brut par année de cumul pour une rémunération au niveau du PASS, ce qui reste interressant pour une rente à vie.
Ce que cette règle change pour votre pension Agirc-Arrco aujourd’hui et après 2027
Le régime complémentaire n’offre toutefois pas ces avantages dans tous les cas. En cumul avec plafond, « vous ne pouvez pas obtenir de nouveaux points Agirc-Arrco en contrepartie de vos cotisations », prévient la fédération Agirc-Arrco. Autrement dit, le retraité additionne salaire et pension, mais ses cotisations ne produisent plus de droits supplémentaires. Une circulaire va plus loin : « Les cotisations acquittées au titre de périodes d’activité postérieures à cette seconde liquidation ne sont pas génératrices de droit », précise une circulaire. Une seule seconde pension complémentaire est donc possible ; retravailler encore après cette seconde liquidation ne crée plus rien. La loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit enfin de modifier ces règles de cumul au 1er janvier 2027.
| Situation | Date de 1ère retraite | Âge au cumul | Nouveaux droits | Plafond principal |
|---|---|---|---|---|
| Déjà à la retraite avant 2027 | Avant 01/01/2027 | 65 ans ou plus | Oui, en cumul intégral actuel | Base 2 403 €/an, points T1 |
| Départ 2023-2026, reprise d’activité | Entre 01/01/2023 et 31/12/2026 | Autour de 65 ans | Nouvelle base et seconde pension | Salaire T1 jusqu’à 4 005 €/mois |
| Départ après 2027, avant âge légal | Après 01/01/2027 | Avant âge légal | Règles de droits à préciser | Déduction pension dès 1er euro |
| Départ après 2027, âge légal-67 ans | Après 01/01/2027 | Entre âge légal et 67 ans | Ouverture de droits annoncée | 7 000 €/an annoncés, baisse au-delà |
| Départ après 2027, après 67 ans | Après 01/01/2027 | 67 ans et plus | Oui, cumul sans plafond annoncé | Sans plafond, nouveaux droits possibles |
Pour un retraité du privé qui découvre ce dispositif à 65 ans, l’enjeu est de distinguer ce cumul emploi-retraite intégral, créateur de droits, d’un cumul plafonné où les cotisations n’ajoutent plus rien. Tant que la seconde pension complémentaire Agirc-Arrco n’a pas été liquidée, l’activité exercée dans ce cadre permet encore d’acquérir des points sur la tranche 1 et de viser une rente additionnelle, dans un paysage qui évoluera avec l’entrée en vigueur des nouvelles règles programmées au 1er janvier 2027.
Sources
En bref
- Depuis 2023, un salarié du privé parti à la retraite autour de 65 ans peut, en reprenant une activité sous cumul emploi-retraite intégral, rouvrir des droits à la fois dans la base et la complémentaire.
- Ce dispositif permet de générer une nouvelle retraite de base plafonnée à 2 403 € brut par an et une seconde pension Agirc-Arrco via des points acquis sur la tranche 1, à condition de respecter les règles de liquidation et de ne pas anticiper la seconde pension.
- Avec les changements annoncés au 1er janvier 2027 et la frontière délicate entre cumul intégral et plafonné, l’enjeu est de vérifier son éligibilité et de calibrer sa reprise d’activité avant d’actionner ce levier méconnu.









