Solana (SOL) dans le viseur de la Chine : pourquoi cette pub à Shanghai déclenche une enquête qui menace votre investissement crypto

Une campagne Solana projetée sur la Citigroup Tower de Shanghai a poussé la Banque populaire de Chine à stopper la tournée Solana Accelerate China 2026. Derrière l’enquête annoncée, une question sensible plane encore sur les acteurs locaux.
Une campagne publicitaire pour Solana sur la façade d’une tour emblématique du quartier financier de Shanghai vient de déclencher une réaction rare de la banque centrale chinoise. Dans un pays où les activités liées aux cryptomonnaies sont interdites depuis plusieurs années, la présence ostentatoire du logo de ce réseau sur la Citigroup Tower de Lujiazui a surpris autant qu’elle a interrogé les acteurs du secteur.
Quelques semaines plus tard, la Banque populaire de Chine (PBOC) a confirmé avoir fait stopper plusieurs événements liés à Solana et a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les entreprises et les personnes impliquées dans leur organisation. D’après un texte publié par le quotidien Financial News, placé sous sa tutelle, l’institution reproche à ces acteurs d’avoir promu le réseau et le jeton SOL sur le territoire chinois en dépit de l’interdiction des activités financières sur les cryptomonnaies. Au cœur de cette enquête PBOC Solana Shanghai, une tournée d’événements baptisée « Solana Accelerate China 2026 » devait faire étape dans plusieurs grandes villes. Sur le terrain, les récits divergent déjà sur ce qu’il s’est réellement passé.
Enquête de la PBOC sur Solana : pubs à Shanghai et tournée stoppée
Dans ce texte relayé par Financial News, la PBOC explique avoir découvert que le réseau Solana faisait la promotion de son infrastructure et de sa cryptomonnaie avec le concours d’entreprises chinoises. Une campagne avait même été diffusée sur la façade de la Citigroup Tower, au cœur du quartier financier de Lujiazui à Shanghai, donnant une visibilité maximale à la marque. Dans la foulée, la banque centrale dit avoir coordonné son action avec les autorités financières locales, la police et les services de supervision du marché afin d’empêcher la tenue de la tournée « Solana Accelerate China 2026 ». Prévue à Shanghai, Hangzhou, Shenzhen et Pékin, cette série d’événements devait réunir des developpeurs et des entreprises autour de la blockchain, de l’intelligence artificielle et des paiements.
Pour justifier cette intervention, la PBOC renvoie à la réglementation entrée en vigueur en février 2026, publiée conjointement par huit administrations, qui réaffirme l’interdiction de toute activité financière liée aux cryptomonnaies déjà actée en 2021. L’institution indique qu’elle classe le SOL parmi les monnaies virtuelles et que Solana fournit aussi l’infrastructure technique utilisée pour l’émission et l’échange de cryptoactifs comme l’USDT, le stablecoin de Tether. Selon elle, ces activités, tout comme leur promotion sur le territoire chinois, contreviennent à ce cadre réglementaire, et Pékin annonce vouloir cibler plus fermement les intermédiaires crypto locaux et les structures chinoises liées à des plateformes étrangères. A ce stade, aucune entreprise ni aucun individu n’ont été nommément cités, et aucune sanction précise n’a été annoncée.
| Date | Lieu | Événement | Acteurs mentionnés | Motif ou contexte |
|---|---|---|---|---|
| Octobre 2025 | Shenzhen | Événement Solana interrompu | Police locale | Hackathon annulé, signal d’alerte |
| Février 2026 | Chine continentale | Nouvelle réglementation crypto | PBOC et régulateurs | Interdiction réaffirmée des activités crypto |
| 16 octobre 2026 | Shanghai (hôtel Shangri-La) | Étape Solana Accelerate reportée | Organisateurs, police, developpeurs | Motif logistique, accès bloqué |
| 6 novembre 2026 | Pékin | Annonce de l’enquête PBOC | PBOC, autorités locales | Tournée stoppée, partenaires visés |
Shanghai au centre de l’affaire : événement reporté, police et marché sous pression
L’un des moments clés de cette séquence s’est joué à l’hôtel Shangri-La de Shanghai, où une étape de « Solana Accelerate China 2026 » devait se tenir le 16 octobre 2026. Quelques heures avant l’ouverture, les participants ont été avertis d’un report pour des raisons présentées comme logistiques, alors que plusieurs agents de police étaient déjà présents sur place et ont empêché l’accès à l’établissement pendant plus d’une heure. Par la suite, Lily Liu, présidente de la Solana Foundation, a expliqué que les inscriptions avaient quadruplé en une nuit et dépassé la capacité déclarée aux autorités locales, ce qui, selon elle, justifiait ce changement de dernière minute.
Cette version a suscité des réactions dans l’écosystème crypto, Changpeng Zhao, fondateur de Binance, s’étant publiquement interrogé sur la maîtrise de la réglementation chinoise par les organisateurs. L’épisode intervient alors qu’un précédent existait déjà : en octobre 2025 à Shenzhen, la police avait interrompu un événement Solana, entraînant l’annulation d’un hackathon. En parallèle de cette répétition de signaux de fermeté, Pékin indique vouloir intensifier la pression sur les intermédiaires locaux et les structures chinoises travaillant avec des plateformes étrangères, laissant en suspens le sort des autres étapes prévues à Hangzhou, Shenzhen et Pékin. Au moment où la PBOC annonce son enquête, le cours du SOL évolue autour de 90,7 dollars, soit environ 85 €, en baisse de 5,35 % sur 24 heures et de plus de 23 % sur un mois, dans un marché des cryptomonnaies globalement orienté à la baisse.
En bref
- À la suite d’une campagne Solana sur la Citigroup Tower de Lujiazui et d’un événement reporté au Shangri-La de Shanghai le 16 octobre 2026, la Banque populaire de Chine a réagi publiquement le 6 novembre.
- La PBOC affirme avoir fait stopper la tournée Solana Accelerate China 2026 dans plusieurs villes et ouvre une enquête visant les entreprises et individus locaux accusés de promouvoir le jeton SOL et son infrastructure, notamment liée à l’USDT.
- Entre version officielle de la PBOC, explications logistiques de Lily Liu et précédent de Shenzhen, l’enquête PBOC Solana Shanghai laisse en suspens l’identité des partenaires visés et l’issue des prochaines étapes chinoises.










