Ce qui a propulsé le CAC 40 à un record historique : fin du shutdown américain et détente des taux en tête
Le CAC 40 atteint un sommet historique à 8 280,97 points, porté par la fin du shutdown américain et la performance des banques françaises. Quels sont les moteurs de cette ascension?

Nouveau zénith pour la Bourse de Paris. L’indice CAC 40 a inscrit un record absolu en séance à 8 280,97 points avant de clôturer en hausse de 1,04 % à 8 241,24 points. En trois séances, l’indice a pris environ 3,7 %, soutenu par un courant acheteur revenu en force.
L’Europe a suivi : l’Euro Stoxx 50 a avancé et le Stoxx Europe 600 a aussi touché un plus haut en séance, quand New York marquait le pas (Nasdaq en baisse, Standard and Poor’s 500 quasi stable). Reste à comprendre ce qui a propulsé l’indice parisien à ce niveau. La réponse tient à un faisceau de catalyseurs.
Fin du shutdown américain et détente des taux, les ressorts immédiats du CAC 40
Le premier moteur est venu de Washington. La perspective de la fin imminente du shutdown américain a levé une grosse incertitude, avec à la clé le dégel des dépenses du Trésor et le retour des indicateurs économiques. « La fin du shutdown constitue généralement un élément porteur pour les marchés d’actions, dans la mesure où elle permet de débloquer les fonds distribués par le Trésor américain, de relancer la consommation chez les bénéficiaires du programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire SNAP et de réduire les perturbations liées aux vols », rappellent les analystes de Jefferies, selon Zonebourse.
Le marché a aussi apprécié un environnement de taux un peu plus calme. Les T Bonds à 10 ans évoluaient autour de 4,07 %, quand les rendements français reculaient (OAT 10 ans vers 3,382 %) et l’allemand à 10 ans se tenait à 2,647 %, resserrant le spread OAT/Bund autour de 73,5 points de base. En Allemagne, l’inflation d’octobre confirmée à 0,3 % sur un mois et 2,3 % sur un an a conforté l’idée d’une pression des prix moins forte. Côté devises, l’euro grappillait un peu de terrain autour de 1,1590 USD. Sur le pétrole, le Brent reculait à environ 63 USD (soit environ 54 €) et le WTI à 59 USD (environ 51 €), un repli attribué à une demande de court terme jugée plus faible.
Dans ce cadre, le flux acheteur s’est reconstitué sur les actifs risqués. « La perspective d’une fin du shutdown américain, attendue dans la journée, alimente la demande pour les actifs risqués », explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. Aujourdhui, la Bourse de Paris a clairement profité de cette éclaircie.
Banques en tête, rotation sectorielle et risques à court terme
Sur le terrain des valeurs, la dynamique a été menée par les banques : Société Générale a gagné 3,1 %, BNP Paribas 2,6 %, tandis que Capgemini avançait de 2,5 %. L’Europe entière a surfé sur cette rotation, avec Madrid et Londres à des niveaux historiques et Milan à un sommet inédit depuis 2000. « Les investisseurs délaissent les grandes valeurs technologiques et défensives au profit des banques, du secteur des loisirs et de l’énergie », analyse Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Le contraste avec Wall Street s’est vu en séance : le Nasdaq reculait quand le Standard and Poor’s 500 se montrait peu directionnel. Les doutes persistent sur les valorisations des géants de l’IA, d’autant que l’annonce de la cession de la participation de SoftBank dans Nvidia a pesé récemment sur le titre du fabricant de processeurs. Les stratèges évoquent un marché partagé entre achats sur repli en fin d’année et tentations de prises de bénéfices après records.
Prochain jalon, le retour des statistiques américaines retardées par le blocage budgétaire. Si le rapport sur l’emploi confirme un marché du travail qui se tasse, le scénario d’une nouvelle baisse de taux de la Fed le mois prochain restera sur la table ; des chiffres plus solides pourraient au contraire raviver la volatilité. Dans l’intervalle, l’Euro Stoxx 50 a terminé bien orienté, tout comme le Stoxx Europe 600, preuve que le courant acheteur reste vif tant que le risque politique recule et que les taux se détendent un minimum.









