Ce qui propulse le CAC 40 à des sommets : fin du shutdown américain et appétit pour le risque en Europe

Par Paul Graph - Publié le

Le CAC 40 atteint un nouveau sommet, porté par la fin du shutdown américain et l'appétit pour le risque. Quels sont les leviers derrière cette ascension?

Ce qui propulse le CAC 40 à des sommets : fin du shutdown américain et appétit pour le risque en Europe

Record à Paris, mais la mécanique derrière la hausse intrigue. Mercredi, la cote a enchaîné une troisième séance positive sans faiblir, au point d’inscrire un nouveau pic en séance.

L’indice phare a touché 8 280,97 points avant de clôturer à +1,04 % à 8 241,24 points. En trois séances, le CAC 40 a repris autour de 3,7 %, pendant que Madrid et Londres évoluaient aussi sur des niveaux historiques et que le Stoxx Europe 600 signait un plus haut en séance. À New York, le Nasdaq reculait de 0,56 % et le S&P 500 restait presque stable à – 0,05 %. Ce n’est pas qu’une question d’humeur.

Hausse du CAC 40 : record, fin du shutdown américain et appétit pour le risque

La sortie du blocage budgétaire aux États‑Unis a levé une incertitude majeure et ravivé l’appétit pour les actifs risqués en Europe. « La fin du shutdown constitue généralement un élément porteur pour les marchés d’actions, dans la mesure où elle permet de débloquer les fonds distribués par le Trésor américain, de relancer la consommation chez les bénéficiaires du programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire SNAP et de réduire les perturbations liées aux vols », rappellent les analystes de Jefferies, selon Zonebourse. Le processus s’est concrétisé dans la soirée par la signature de la loi par Donald Trump après 43 jours de paralysie, saluée comme « une très grande victoire ».

Le retour des statistiques officielles américaines peut toutefois raviver des mouvements de marché, entre attentes de baisse de taux de la Fed en décembre et risque de chiffres plus solides. En toile de fond, la détente des taux en Europe a soutenu les actions : OAT 10 ans à 3,382 %, Bund 10 ans à 2,647 %, écart resserré à 73,5 points de base. Les rendements américains restaient contenus, avec le 10 ans à 4,07 % et le 30 ans à 4,663 %. Côté matières premières, le Brent retombait vers 63 dollars, soit environ 54 €, et le WTI autour de 59 dollars, près de 51 €, après un point de l’AIE signalant une demande à court terme plus faible. L’euro gagnait un peu de terrain vers 1,1590 dollar.

Banques en tête, rotation sectorielle et valorisations sous surveillance

Sur le terrain des valeurs, les banques ont mené la danse, parmis les gagnants de la séance : Société Générale a pris 3,1 %, BNP Paribas 2,6 %, tandis que Capgemini a gagné 2,5 %. Une rotation se dessine au profit des financières et des cycliques, au détriment des grandes technologiques. « La perspective d’une fin du shutdown américain, attendue dans la journée, alimente la demande pour les actifs risqués », explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. L’élan européen s’est vu aussi à l’échelle de l’Stoxx Europe 600, au plus haut en séance.

Face à cela, des signaux d’alerte sur les valorisations des géants technologiques américains persistent. L’annonce de la cession de l’intégralité de la participation de SoftBank dans Nvidia a pesé, l’action Nvidia ayant perdu environ 3 % lors de la séance précédente, SoftBank ayant chuté jusqu’à 10 % à Tokyo avant de limiter le repli à 3,5 % en clôture. En Allemagne, l’inflation d’octobre a ralenti à 0,3 % sur un mois et 2,3 % sur un an, surtout grâce à l’énergie. Et pour la suite, « Les marchés européens devraient ouvrir en hausse ce matin, portés par le vote américain mettant fin au shutdown et par la montée des anticipations d’une baisse de taux de la Fed en décembre », a commenté John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.