Thermostat connecté obligatoire en 2027 : report à 2030, mais ce qui va vraiment changer (et coûter) dans votre logement

Par Paul Graph - Publié le

Prévue pour 2027, l’obligation d’équiper les logements d’un thermostat programmable ou connecté vient d’être repoussée pour les bâtiments existants. Mais que signifie ce report à 2030 pour votre chauffage, vos factures et vos futurs travaux ?

Thermostat connecté obligatoire en 2027 : report à 2030, mais ce qui va vraiment changer (et coûter) dans votre logement

Depuis un an, de nombreux propriétaires ont lu qu’ils devraient installer un thermostat connecté dans leur logement dès 2027, sous peine de ne plus être dans les clous. Entre hausse des factures de chauffage et inflation des travaux, l’idée d’un nouvel achat imposé a rapidement inquiété, au point de devenir un sujet récurrent dans les conversations de palier.

En réalité, l’obligation ne visait pas un simple gadget connecté, mais un système capable de piloter la température pièce par pièce, issu d’un décret du 7 juin 2023. Et surtout, le gouvernement vient de revoir le calendrier de cette obligation pour les logements et bâtiments existants, en le décalant à l’horizon 2030. Reste à comprendre ce qui change vraiment pour votre logement.

Obligation de thermostat connecté en 2027 : ce que prévoyait la loi

Au départ, le décret n° 2023‑444 du 7 juin 2023 fixait une échéance claire : à compter du 1er janvier 2027, tous les bâtiments, y compris le parc résidentiel existant, devaient être équipés d’un système de régulation automatique de la température. L’esprit du texte était simple, dans la lignée du plan de sobriété énergétique et d’une directive européenne sur la performance des bâtiments : permettre un réglage fin de la chaleur, idéalement pièce par pièce, pour ne chauffer que là où c’est utile.

Contrairement à ce que la formule thermostat connecté a laissé croire, le texte n’imposait pas un modèle précis ni le Wi‑Fi. Un thermostat programmable mural, des têtes thermostatiques électroniques sur les radiateurs ou un pack domotique plus complet peuvent répondre à cette exigence, dès lors qu’ils assurent un pilotage automatique. Les enjeux sont importants : le chauffage représente autour de 60 à 65 % de la consommation d’énergie d’un logement, et les études relayées par les pouvoirs publics évoquent jusqu’à 15 % d’économie de chauffage grâce à une programmation adaptée, avec environ 7 % de consommation en moins par degré baissé. À l’échelle des quelque 27 millions de foyers encore à équiper, le potentiel est massif.

Report à 2030 : qui est concerné et que faire d’ici là ?

Face au coût de l’équipement, estimé entre 60 et 250 € pour un appareil de régulation et entre 150 et 300 € de main d’œuvre par logement, plusieurs voix se sont inquiétées pour le pouvoir d’achat. L’ancienne prime Coup de pouce dédiée au pilotage connecté pièce par pièce, qui pouvait atteindre 624 €, a en outre été suspendue en raison de fraudes, laissant les ménages avec des aides plus limitées. Dans ce contexte, le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé le 4 décembre 2025 que l’obligation d’installer un thermostat dans les logements et bâtiments existants était en cours de report à 2030, pour laisser davantage de marge aux particuliers et aux professionnels.

Ce changement de cap a été formalisé par le décret n° 2025‑1343 du 26 décembre 2025, publié au Journal officiel le 27 décembre et entré en vigueur le lendemain. Ce texte modifie le calendrier du décret de 2023 et décale au 1er janvier 2030 plusieurs obligations d’équipement des bâtiments résidentiels et tertiaires existants en systèmes de régulation de température et d’automatisation. En résumé, si vous vivez dans un logement ancien sans thermostat programmable, vous ne serez pas obligatoir d’en installer un au 1er janvier 2027. En revanche, la perspective reste fixée à 2030, avec l’objectif qu’à cette date chaque logement soit doté d’un dispositif capable d’ajuster automatiquement la chaleur en fonction des pièces et des horaires, sauf impossibilité technique ou cas particuliers comme certains appareils au bois.

Pour s’y retrouver dans ce dossier qui a beaucoup évolué, quelques dates clés permettent de se repérer :

  • 2018 : installation d’un thermostat obligatoire lors de la pose d’une chaudière neuve.
  • 7 juin 2023 : publication du décret n° 2023‑444 prévoyant une obligation de régulation automatique au 1er janvier 2027.
  • 4 décembre 2025 : annonce politique d’un report de l’obligation pour l’existant à 2030.
  • 26 décembre 2025 : décret n° 2025‑1343, qui décale officiellement plusieurs obligations à 2030 pour les bâtiments existants.

Ce report ne remet pas en cause les règles déjà en vigueur pour les installations neuves ou remplacées : lorsqu’une chaudière est posée ou changée aujourd’hui, la présence d’un dispositif de régulation reste exigée. Dans les grands bâtiments tertiaires, les systèmes d’automatisation et de contrôle (BACS) continuent aussi à se déployer, même si leur calendrier a été ajusté. Pour les particuliers, la question n’est donc plus de respecter une date couperet dès 2027, mais de choisir quand et comment s’équiper d’ici 2030.

Un thermostat programmable ou connecté reste un levier important de baisse de la facture, en particulier dans les logements chauffés au gaz ou à l’électricité. Le coût d’un équipement de base, souvent inférieur à quelques centaines d’euros, peut être compensé sur quelques hivers si l’on atteint les 15 % d’économie de chauffage évoqués par les études. Le report à 2030 donne du temps pour comparer les solutions, suivre l’évolution des aides et intégrer ce chantier dans un projet de rénovation énergétique plus global.

En bref

  • Depuis le décret n° 2023‑444 du 7 juin 2023, la France prépare une obligation de systèmes de régulation automatique du chauffage dans les logements et bâtiments tertiaires.
  • Un nouveau décret publié fin décembre 2025 reporte au 1er janvier 2030 l’obligation d’installer un thermostat programmable ou connecté dans les bâtiments résidentiels et tertiaires existants.
  • Ce délai supplémentaire change votre calendrier mais pas l’enjeu : choisir quand et comment vous équiper pour alléger vos factures de chauffage d’ici 2030.