Hausse des prix en supermarché en 2026 : Michel-Edouard Leclerc met en garde sur eau, lait, yaourts, surgelés… ces produits du quotidien visés

Par Paul Graph - Publié le

Alors que l’inflation semble marquer une pause en caisse, la flambée du pétrole commence à rattraper la grande distribution. Quels produits Michel‑Edouard Leclerc voit déjà en première ligne des hausses attendues d’ici la fin 2026 ?

Hausse des prix en supermarché en 2026 : Michel-Edouard Leclerc met en garde sur eau, lait, yaourts, surgelés… ces produits du quotidien visés

En passant en caisse, beaucoup de clients ont l’impression que la tempête inflationniste est derrière eux : le ticket de courses ne s’est pas envolé depuis quelques mois. Pourtant, en coulisse, la flambée du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient commence à se répercuter dans toute la chaîne agroalimentaire, et le patron des centres Leclerc prévient que ce répit ne durera pas indéfiniment.

Pour l’instant, la hausse des prix en supermarché annoncée ne se voit pas encore dans les rayons, mais elle se prépare dans les contrats passés entre industriels et distributeurs. Et c’est justement sur ces futurs réassorts que Michel-Edouard Leclerc tire la sonnette d’alarme, à un moment où les ménages surveillent chaque euro dépensé, de quoi susciter beaucoup de questions.

Hausse des prix en supermarché 2026 : les rayons déjà dans le viseur

Fin avril 2026, l’inflation atteint 2,2 % sur un an en France, tirée par l’énergie qui bondit de 14,2 %, tandis que le gaz augmente encore de 15,4 % au 1er mai. Dans la grande distribution, tout se joue avec plusieurs mois de décalage : les industriels achètent leurs matières premières, les transforment, puis livrent les entrepôts des enseignes avant que les produits n’arrivent en magasin, si bien que le contenu actuel des rayons reflète des coûts de production d’avant-guerre. Or le pétrole ne sert pas qu’à faire rouler les camions, il est aussi au cœur de la pétrochimie qui fabrique le plastique des emballages alimentaires, et Michel-Edouard Leclerc cite en priorité les articles suivants :

  • Bouteilles d’eau et de lait en plastique (PET, polyéthylène)
  • Emballages plastiques de l’épicerie sèche et des surgelés
  • Sacs-poubelle
  • Certaines références de produits d’hygiène contenant du plastique

À cette première ligne de front s’ajoutent les rayons où le coût du transport pèse lourd dans le prix final. Les camions des transporteurs routiers roulent au gazole, dont la hausse est répercutée sur leurs factures, ce qui met particulièrement sous pression les produits acheminés sur de longues distances, comme l’épicerie sèche et les surgelés. L’association de consommateurs Que Choisir signale aussi les produits laitiers et frais — camemberts, yaourts, desserts — dont la rotation rapide et la date de péremption courte les rendent très sensibles à la moindre hausse de coûts, avec un risque de hausse de 4 à 5 % dans les rayons dans les prochains mois. Pour de nombreux foyers, chaque centime supplémentaire sur ces produits du quotidien finit par compter à la fin du mois.

Ce que promet Michel-Edouard Leclerc face aux industriels

L’enseigne E.Leclerc se présente depuis des années comme un rempart contre la vie chère, et les relevés de prix de Que Choisir lui donnent raison : en avril 2026, E.Leclerc est classée comme l’enseigne la moins chère de France sur l’ensemble de son offre, quand les hypermarchés du groupe Carrefour restent en moyenne 6 % plus chers, soit près de 10 euros d’écart sur un panier de 150 euros. Dans ce contexte, Michel-Edouard Leclerc insiste sur la fermeté des négociations avec les industriels, en rappelant le précédent de la guerre en Ukraine en 2022, où certains fournisseurs avaient demandé jusqu’à +38 % sur les pâtes : « On ne va pas nous recommencer le coup de la guerre en Ukraine », a prévenu Michel-Edouard Leclerc, cité par Capital.

Les accords commerciaux signés en mars 2026 prévoient pourtant des clauses de réajustement qui autorisent les fabricants à réclamer des augmentations en cours d’année si leurs coûts grimpent. « Tout industriel est en droit de dire ‘j’ai des hausses’, mais on est en droit de dire, distributeur, de dire ‘on peut les étaler, les négocier' », résume Michel-Edouard Leclerc. Il met en garde contre toute tentation de profiter du contexte géopolitique pour accroître les marges : « Faut pas non plus commencer à ouvrir les vannes, donnant l’impression aux spéculateurs qu’ils vont pouvoir vendre plus cher », rappelle-t-il. Pour les ménages, l’enjeu est de taille, car cette poussée des prix alimentaires s’ajoute déjà à la hausse des carburants de 14,2 % et du gaz de 15,4 %, tandis que la revalorisation du SMIC de 2 % attendue cet été ne couvrira qu’en partie ces surcoûts et laissera les zones rurales, très dépendantes de la voiture et des grandes surfaces, particulièrement exposées, là où les citadins disposent de plus d’alternatives qu’ils peuvent exploiter pour limiter la casse mais qu’ils n’ont pas toujours le temps de comparer comme il faudrais.

Sources

En bref

  • Fin avril 2026, Michel‑Edouard Leclerc alerte sur une future hausse des prix en supermarché liée à la guerre au Moyen‑Orient et à l’envolée du pétrole.
  • Plastiques, surgelés, épicerie sèche, sacs‑poubelle et produits laitiers et frais figurent parmi les familles les plus exposées, avec un risque de hausses pouvant atteindre 4 à 5 %.
  • Entre clauses de réajustement et négociations serrées avec les industriels, l’enseigne E.Leclerc promet de limiter les dérapages tarifaires, mais les ménages doivent déjà préparer leurs arbitrages.