Nasdaq : 2 300 milliards d'euros s'envolent sur la tech, la pire chute depuis 2020 sonne-t-elle la fin de la bulle IA ?

Jeudi 5 novembre 2026, Wall Street a vu les stars de l’IA et des semi-conducteurs s’effondrer, entraînant le Nasdaq-100 dans sa pire chute depuis 2020. Entre menace de moratoire sur les data centers et doutes sur une bulle technologique, les marchés cherchent désormais leur nouveau récit.
Jeudi 5 novembre 2026, les géants américains de la technologie et de l’intelligence artificielle ont été balayés en Bourse à Wall Street. En quelques heures, près de 2 500 milliards de dollars de capitalisation, soit un peu plus de 2 300 milliards d’euros, se sont envolés sur le Nasdaq-100, entraînant tout le marché dans leur sillage. Les investisseurs ont coupé massivement leur exposition aux valeurs de croissance, en particulier aux fabricants de puces et aux groupes liés aux centres de données. Une séance d’une violence rare, même pour un marché habitué aux montagnes russes.
Au coeur de ce mouvement, l’indice Nasdaq-100, qui regroupe les principales valeurs technologiques américaines, a chuté de 6,36 %, signant sa pire journée depuis mars 2020, au début de la pandémie de Covid-19. Le Nasdaq Composite a reculé de 5,52 %, tombant en zone de correction avec une baisse d’environ 12 % par rapport à son record d’octobre. Le S et P 500 a perdu 4,36 % et le Dow Jones 3,44 %, soit 1 833 points, leur plus mauvaise séance depuis avril 2025. Derrière ces chiffres spectaculaires se cache un doute grandissant sur l’avenir du grand récit boursier de l’IA.
Nasdaq-100 en chute libre : une séance historique pour Wall Street
Jeudi, la Bourse américaine a clairement basculé en mode vente forcée sur tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. Outre la baisse de 6,36 % du Nasdaq-100, le Nasdaq Composite a décroché de 5,52 %, alors que le S et P 500 cédait 4,36 % et le Dow Jones 3,44 %. Pour ces trois indices, la journée a été la plus mauvaise depuis avril 2025, un repère qui rappelle l’ampleur du stress en cours. L’indice des semi-conducteurs de Philadelphie, baromètre des fabricants de puces, a plongé de plus de 12 %, sa pire performance depuis mars 2020.
Les fabricants de semi-conducteurs ont concentré une bonne partie des dégagements. Nvidia a lâché 9,3 %, Broadcom environ 10 % et AMD 17,3 %, des reculs qui effacent en une séance des dizaines de milliards de dollars de valeur. Cet épicentre sur les puces illustre la nervosité extrême autour de la chaîne d’approvisionnement de l’IA, au moment où ces groupes avaient été au coeur du rally des deux dernières années. Pour les investisseurs, le message envoyé par cette séance ressemble à un avertissement sur la fragilité du trade IA.
| Catégorie | Indice ou valeur | Variation séance | Repère | Signal marché |
|---|---|---|---|---|
| Indice | Nasdaq-100 | -6,36 % | Pire depuis mars 2020 | Coeur des valeurs tech |
| Indice | Nasdaq Composite | -5,52 % | En correction depuis octobre | Large univers tech |
| Indice | S et P 500 | -4,36 % | Pire séance depuis avril 2025 | Référence marché américain |
| Indice | Dow Jones | -3,44 % | Environ -1 833 points | Valeurs industrielles US |
| Secteur | Indice semi de Philadelphie | Environ -12 % | Pire depuis mars 2020 | Baromètre des puces IA |
| Action | Nvidia | -9,3 % | Leader GPU pour IA | Symbole du trade IA |
Centres de données, IA et risque de bulle sur les valeurs technologiques
Cette déroute intervient au lendemain des élections de mi-mandat, qui ont vu les démocrates prendre le contrôle du Congrès américain. Dans ce nouveau contexte politique, de nombreux investisseurs redoutent un frein à la construction des centres de données indispensables au développement de l’IA générative. Ces infrastructures consomment énormément d’électricité et d’eau, ce qui alimente une opposition locale croissante aux Etats-Unis. Le sénateur Bernie Sanders réclame par exemple un moratoire national sur la construction de nouveaux centres, une perspective qui ferait peser un risque direct sur la demande future de processeurs et d’équipements.
Selon UBS, près de 30 % des nouvelles capacités de centres de données prévues aux Etats-Unis pour 2028 pourraient être menacées par d’éventuelles suspensions ou remises à plat de projets. Moins de centres de données, ce serait potentiellement moins de commandes pour les acteurs des puces et du cloud, au moment où des sociétés comme CoreWeave ou Nebius doivent financer des infrastructures lourdes avec un coût de l’argent plus élevé. Les interogations montent aussi sur la rentabilité des centaines de milliards de dollars déjà engagés dans l’écosystème IA, au point que certains investisseurs redoutent l’apparition d’une bulle technologique. L’introduction en Bourse envisagée d’Anthropic, créateur de Claude, qui pourrait lever jusqu’à 100 milliards de dollars, soit une centaine de milliards d’euros, pour une valorisation autour de 1 500 milliards de dollars, plus de 1 400 milliards d’euros, est désormais contestée par des investisseurs qui réclament une décote, voire un report de l’opération.
En bref
- Le 5 novembre 2026 à Wall Street, Nasdaq-100, S&P 500 et Dow Jones ont vécu leur pire séance depuis 2020-2025, avec plus de 2 300 milliards d’euros évaporés sur les valeurs technologiques.
- Les semi-conducteurs ont été l’épicentre du choc, avec un indice SOX à -12 % et des chutes marquées pour Nvidia, AMD et Broadcom, sur fond de réévaluation brutale du « trade IA ».
- Entre projets de moratoire sur les centres de données, alerte d’UBS sur 30 % des capacités 2028 et IPO Anthropic contestée, la question d’une bulle IA s’impose désormais au cœur du marché.









