Facture de gaz : la mauvaise nouvelle qui attend 6 millions de Français dès le 1er septembre 2026 (et ce n'est que le début)

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Facture de gaz : la mauvaise nouvelle qui attend 6 millions de Français dès le 1er septembre 2026 (et ce n'est que le début)

À la rentrée, près de 6 millions de foyers verront leur facture de gaz augmenter avec la hausse du prix repère fixée par la CRE. Entre conflit au Moyen-Orient et stocks européens en baisse, ce signal pourrait annoncer une série de mauvaises surprises.

Après la flambée des prix du carburant, une nouvelle facture énergétique s’apprête à grimper à la rentrée pour des millions de foyers français. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit en effet de relever son prix de référence du gaz, dans un contexte de forte tension sur les marchés mondiaux liée au conflit au Moyen-Orient. Cette décision intervient alors que les approvisionnements en hydrocarbures sont perturbés par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran et par le blocage du détroit d’Ormuz. Pour plusieures familles françaises, la rentrée s’annonce donc plus chère.

Concrètement, la hausse annoncée par la CRE s’appliquera au 1er septembre 2026 à son « prix repère de vente de gaz (PRVG)« , devenu la boussole du marché depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz pour les particuliers. Ce repère mensuel sert de base aux fournisseurs pour construire leurs offres, et près de 6 millions de foyers ont aujourd’hui un contrat indexé sur ce prix moyen, soit environ 60% des abonnés résidentiels au gaz. Les autres ménages, qui ont souscrit une offre à prix fixe, ne verront pas leur facture bouger immédiatement. Et ce mouvement pourrait bien ne faire que commencer.

Ce qui va changer pour le prix du gaz au 1er septembre 2026

Selon la CRE, le prix de référence du gaz va augmenter de 5,6% au 1er septembre par rapport au 1er août, en raison de la hausse des cours sur les marchés de gros. Le « prix du gaz » pris en compte, c’est à dire le PRVG toutes taxes comprises, atteindra 172,05 euros du mégawattheure en moyenne. Depuis la disparition des prix réglementés du gaz, ce prix repère constitue une boussole du marché qui aide les fournisseurs à fixer le montant de leurs offres et les consommateurs à les comparer. Au total, cette hausse touchera les quelque 6 millions de ménages ayant souscrit une offre de fournisseur indexée sur ce prix moyen, soit environ 60% des abonnés résidentiels au gaz.

Indicateur Valeur clé Référence/date Contexte
PRVG résidentiel moyen 172,05 € TTC/MWh 1er septembre 2026 +5,6% vs 1er août
Foyers concernés 6 millions de ménages Environ 60% abonnés Contrats indexés sur PRVG
Indice TTF néerlandais 61,700 €/MWh +93,18% depuis 27 février Référence prix gaz européen
Transit via détroit d’Ormuz 20% pétrole mondial 20% exportations GNL Blocage décidé par l’Iran
Stocks gaz UE 57% remplis 74% habituel période Plus bas depuis 2009 (GIE)

Pour les clients dont le contrat est indexé sur ce prix repère, la répercussion de la hausse sera quasi automatique sur les mensualités à partir de septembre, même si le détail dépend des grilles tarifaires de chaque fournisseur. À l’inverse, les offres à prix fixe ne sont pas touchées par cette augmentation à la date d’effet : leurs titulaires continueront de payer le même tarif pendant la durée prévue au contrat. Une fois cette période échue, ils devront toutefois renégocier ou basculer vers une nouvelle offre, qui reflétera alors les conditions de marché actuelles, bien plus tendues qu’il y a encore quelques mois. L’usage du gaz au quotidien – cuisson, eau chaude sanitaire ou chauffage complet du logement – pèsera enfin fortement sur le montant supplémentaire déboursé sur la facture.

Conflit au Moyen-Orient, marché du gaz sous tension et risques pour les prochains mois

Si le PRVG grimpe au début de l’automne, c’est parce que les prix sur les marchés de gros du gaz se sont envolés depuis la fin février, sous l’effet direct de la guerre au Moyen-Orient. Déclenchée le 28 février par l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, la guerre a conduit Téhéran à bloquer le détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transitent habituellement près de 20% du pétrole mondial et 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL), provoquant une chute brutale de l’approvisionnement et une flambée des prix des hydrocarbures. L’indice TTF néerlandais, référence du gaz européen, a quasiment doublé (+93,18%) depuis le début du conflit, passant de 31,959 euros par mégawattheure le 27 février, veille du déclenchement de la guerre, à 61,700 euros par mégawattheure un lundi vers 19h30 GMT. La hausse annoncée par la CRE pour septembre est « entièrement liée à l’augmentation des prix du gaz sur les marchés », a précisé la Commission de régulation de l’énergie citée par BFMTV.

La tension ne vient pas seulement du front géopolitique. La demande asiatique, en particulier celle de la Chine et de l’Inde qui cherchent à sécuriser leurs stocks et représentent ensemble près d’un tiers de la population mondiale, entretient la pression sur les cours du GNL. Dans ce contexte, les fournisseurs européens tardent à passer commande, et les stocks de gaz sont à leur niveau le plus bas depuis 2009 : les réserves ne sont remplies qu’à 57% contre 74% d’ordinaire à cette période de l’année, d’après Gas Infrastructure Europe (GIE). Le Vieux Continent se retrouve ainsi pris en étau entre cette situation géopolitique incertaine et la suppression progressive de ses contrats d’approvisionnement en GNL venant de la Russie dans le cadre de son plan REPowerEU, qui vise à s’autonomiser de son encombrant voisin de l’Est. Sans une résolution rapide du conflit, la situation pourrait encore s’aggraver dans les prochains mois, au moment où de nombreux foyers français auront le plus besoin de gaz pour se chauffer.

En bref

  • Au 1er septembre 2026, la CRE relève de 5,6 % son prix repère du gaz en France, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de blocage du détroit d'Ormuz.
  • Environ 6 millions de foyers avec une offre indexée verront leur facture augmenter quasi automatiquement, tandis que les clients à prix fixe sont temporairement épargnés.
  • Entre envolée du TTF, stocks européens au plus bas depuis 2009 et incertitudes sur l'approvisionnement en GNL, la hausse de septembre pourrait n'être que la première étape.
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