Gaz : le prix du MWh chute de 18% mais ce signal sur les stocks va faire grimper votre facture dès décembre

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Gaz : le prix du MWh chute de 18% mais ce signal sur les stocks va faire grimper votre facture dès décembre

Alors que le week-end fige les cotations du PEG, la forte baisse de vendredi redessine le prix du gaz pour cet hiver en Europe. Entre stocks qui se vident et GNL en retrait, les signaux envoyés au marché pour la reprise de lundi restent sous haute surveillance.

En ce dimanche 8 novembre 2026, le prix du gaz sur le marché de gros reste figé : la bourse ne cote pas le week-end et la dernière séance remonte à vendredi. Le contrat phare pour les livraisons de décembre a nettement reculé en fin de semaine, au moment où la saison de chauffage démarre et où les stockages européens commencent à se vider plus vite.

Concrètement, le contrat de décembre 2026 au PEG, le Point d’Échange de Gaz français coté par l’EEX, a terminé vendredi à 84,01 €/MWh, soit environ 8,40 centimes par kWh, en baisse de 5,8 % sur une séance et de 18 % sur une semaine. Sur les 23 dernières séances, il est resté sous une moyenne de 88,27 €/MWh, avec un plancher de 76,55 €/MWh le 7 octobre et un pic de 102,46 €/MWh le 30 octobre. Cette photographie de marché au 6 novembre sert de référence unique ce dimanche pour juger de la tension énergétique qui arrive avec l’hiver.

Prix du gaz sur le PEG au 8 novembre 2026 : le niveau de référence

Le contrat de décembre 2026 correspond au mois de livraison le plus proche et sert de thermomètre immédiat du prix du gaz sur le PEG. La chute de 5,8 % observée vendredi clôt une semaine très orientée à la baisse, alors même que l’on reste sur des niveaux nettement supérieurs à ceux d’avant-crise. En MWh, le marché a brièvement côtoyé les 100 €/MWh fin octobre avant de retomber en dessous de 85 €/MWh, dans un mouvement de correction rapide.

Les chiffres de stockage publiés par GIE AGSI+ fournissent le premier élément d’explication. En France, les réserves atteignent 101,9 TWh au 6 novembre, soit un taux de remplissage de 82,3 %, contre 93,3 % un an plus tôt, après un soutirage de 5,6 TWh sur les sept jours précédents. À l’échelle de l’Union européenne, le remplissage provisoire s’établit à 73,0 %, contre 82,8 % un an plus tôt, avec des situations contrastées entre l’Allemagne à 59,5 % et l’Italie à 89,5 %. Les opérateurs regardent autant le niveau absolu que la vitesse à laquelle ces stockages se vident avant la fin de l’hiver.

Courbe à terme du prix du gaz et stocks : ce que le marché anticipe

Au-delà du mois de décembre, la courbe à terme dessinée par les contrats PEG à la clôture du 6 novembre montre une décrue progressive des prix. Les prochains mois d’hiver restent élevés, avec 84,32 €/MWh pour janvier 2027 et 83,75 €/MWh pour février 2027, puis un repli plus marqué à partir du printemps, à 69,94 €/MWh pour avril 2027. Sur les trimestres, le 1er trimestre 2027 se traite à 82,80 €/MWh contre 66,40 €/MWh pour le 2e trimestre 2027, tandis que l’année 2027 s’échange à 68,18 €/MWh et 2028 à 42,13 €/MWh. L’hiver 2027-2028 est valorisé à 58,98 €/MWh, soit 29,8 % de moins que décembre 2026 à 84,01 €/MWh, sans que ces prix futurs ne garantissent pour autant une baisse de facture.

Bloc Échéance Prix (€/MWh HT) Variation sur une séance
Mois Déc. 2026 84,01 ▼ −5,8 %
Mois Janv. 2027 84,32 ▼ −5,7 %
Mois Mars 2027 80,43 ▼ −5,3 %
Trimestre T1 2027 82,80 ▼ −5,5 %
Trimestre T2 2027 66,40 ▼ −2,6 %
Année 2027 68,18 ▼ −2,7 %

Les données physiques viennent compléter cette lecture de la courbe. Pour la journée gazière du vendredi 6 novembre, les terminaux méthaniers ont injecté 714 GWh par jour de GNL dans le réseau selon ENTSOG, soit 12,2 % de moins que la moyenne des sept jours précédents (813 GWh), tandis que les réseaux de distribution ont acheminé 864 GWh par jour, soit 33,5 % de plus que le vendredi précédent (647 GWh). Sur le réseau de NaTran, les centrales électriques à cycle combiné ont brûlé 271 GWh de gaz, 56,6 % de plus que la semaine précédente, alors que la France recevait au total 894 GWh hors stockages (dont 80 % de GNL et 171 GWh de gaz norvégien à Dunkerque), pour une consommation de 1 494 GWh et des exportations de 554 GWh vers les pays voisins.

Côté facture, la CRE évalue pour novembre un coût d’approvisionnement à 71,12 €/MWh, calculé à 80 % sur les cotations à un mois et à 20 % sur les cotations trimestrielles relevées deux mois auparavant. Les 84,01 €/MWh de vendredi n’entrent donc pas immédiatement dans le reper de vente au détail : en pratique, un mouvement sur le marché de gros met environ deux mois à se refléter. En novembre 2026, le prix repère CRE est fixé à 0,1576 €/kWh TTC pour le chauffage et 0,1903 €/kWh TTC pour la cuisson et l’eau chaude, avec une facture type de 1 937 € par an pour 10 000 kWh de chauffage, en hausse de 8,3 % sur un mois et de 52,4 % sur un an. Le repère de décembre 2026 monte déjà à 0,169 €/kWh pour le chauffage et porte la facture type à 2 050 €, pendant que les contrats à terme pour 2027-2028 continuent de s’échanger sur des niveaux décroissants qui resteront scrutés de près lors de la réouverture du marché lundi.

En bref

  • Au 8 novembre 2026, le prix du gaz au PEG reste calé sur la clôture du vendredi 6, avec un contrat décembre à 84,01 €/MWh dans un contexte de stocks européens moins remplis.
  • La courbe à terme montre des prix encore élevés pour l’hiver 2026-2027 mais en décrue marquée à partir du printemps et sur les années 2027-2028, tandis que les flux de GNL et la demande intérieure se rééquilibrent.
  • Entre baisse récente du PEG, soutirages accélérés et coût d’approvisionnement CRE décalé d’environ deux mois, les signaux pour la réouverture du marché lundi restent étroitement scrutés.
À propos de l'auteur
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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